Intervention militaire par les forces américaines contre le Venezuela
Auteur :
Ersilia Soudais
— La France insoumise - Nouveau Front Populaire
(Seine-et-Marne · 7ᵉ circ.)
Ministère interrogé : Ministère de l’Europe et des affaires étrangères
Ministère attributaire : Ministère de l’Europe et des affaires étrangères
Rubrique : politique extérieure
Date de la question : 2026-01-20
Date de la réponse : 2026-04-14
(84 jours)
Texte de la question
Mme Ersilia Soudais interroge M. le ministre de l'Europe et des affaires étrangères sur la nécessité de sanctions concernant la violation du droit international commise par les forces américaines lors de leur intervention militaire contre le Venezuela, le 3 janvier 2026. Cette agression contre la souveraineté du peuple vénézuélien reflète majoritairement la politique impérialiste menée par Donald Trump dans ce qu'il considère être « son » hémisphère, c'est-à-dire le continent américain. L'attaque terrestre, au cours de laquelle les États-Unis ont capturé Nicolás Maduro ainsi que son épouse, ne représente que le début de la stratégie internationale de Donald Trump. Cette stratégie va à l'encontre du droit international, considéré comme le meilleur outil de régulation des relations internationales. Par ailleurs, le président américain a réitéré ses menaces envers le Groenland, ce 4 janvier 2026, en suggérant qu'il allait « s'occuper du Groenland dans environ deux mois voire 20 jours ». De plus, Donald Trump a attaqué explicitement le président colombien Gustavo Petro, qui a dénoncé l'agression étatsunienne, en insinuant une possible intervention militaire contre la Colombie. Dans un climat d'ingérence étatsunienne, la non-condamnation de ces actes de la part de l'Union européenne et du président français Emmanuel Macron s'oppose à l'ensemble des principes du droit international, en particulier l'article 1er de la Charte des Nations Unies, qui stipule que les États membres doivent « réprimer tout acte d'agression ». Le silence des Européens n'est que le résultat de concessions face à l'empire étatsunien, ce qui permet à ce dernier de poursuivre sa politique agressive en toute impunité. De plus, l'ingérence des États-Unis ne s'arrête pas aux frontières de la France. En effet, Donald Trump envisagerait des répressions à l'encontre des magistrats du tribunal correctionnel de Paris ayant condamné Marine Le Pen. Ainsi, elle lui demande quelles sanctions et condamnations vont être retenues et annoncées publiquement de la part du Gouvernement envers les États-Unis, pour défendre le droit à la souveraineté du Venezuela. Elle souhaite également connaître les mesures prises pour éviter toute ingérence américaine dans les affaires de la France.
Réponse ministérielle
La position de la France est constante : l'opération ayant conduit à la capture de Nicolás Maduro a contrevenu au droit international et aux principes de la Charte des Nations unies. L'usage de la force dans les relations internationales doit être encadré par des règles, sans quoi, le monde est soumis à la loi du plus fort. La France continuera à plaider pour le respect des principes de la Charte des Nations unies, parce que ce sont les seuls qui peuvent garantir la paix et la stabilité à long terme. La France l'a rappelé au Conseil de sécurité des Nations unies le 5 janvier, ainsi que lors du Conseil permanent extraordinaire de l'Organisation des États Américains le 6 janvier. Dans ce cadre, la France a rappelé qu'aucune solution politique durable ne saurait être imposée de l'extérieur au Venezuela. Il appartient au peuple vénézuélien de trouver une voie pacifique et démocratique pour l'avenir et la prospérité du pays. La France, dont l'ambassade à Caracas n'a jamais fermé ses portes, restera présente et engagée au Venezuela, comme elle l'a été depuis plusieurs années dans le cadre de la crise qu'a connue le pays. Sur le plan humanitaire, des distributions de repas dans les cantines scolaires et des programmes de santé, de prévention des cancers, de formation médicale ont été financés et accompagnés. Sur le plan culturel, nos actions ne se sont jamais interrompues. Sur le plan de l'apprentissage du français, le réseau d'Alliances françaises continue d'être actif. La France prend très au sérieux les menaces américaines sur le Groenland et a toujours affirmé son plein soutien au Danemark, au Groenland et au peuple groenlandais. Cette solidarité s'est exprimée notamment lors du déplacement du Président de la République à Nuuk en juin 2025, puis à l'occasion de la visite au Groenland du ministre de l'Europe et des affaires étrangères en août dernier. La France a également rappelé son attachement au respect de l'intégrité territoriale du Royaume du Danemark, à travers la déclaration commune publiée le 6 janvier 2026, conjointement avec le Danemark, l'Allemagne, le Royaume-Uni, la Pologne, l'Italie et l'Espagne. Le 28 janvier dernier, le Président de la République a accueilli à Paris la Première ministre danoise Mette Frederiksen et le Premier ministre groenlandais Jens-Frederik Nielsen, auxquels il a réitéré le soutien indéfectible de la France. Conformément à l'engagement pris par le Président de la République, un Consul général est déployé à Nuuk depuis le 6 février, en signe de solidarité avec nos partenaires danois et groenlandais. La sécurité dans l'Arctique est une priorité essentielle pour l'Europe et est cruciale pour la sécurité internationale et transatlantique. Elle doit être assurée collectivement, conjointement avec les alliés de l'OTAN, y compris les Etats-Unis. En étroite concertation avec les autorités du Danemark et du Groenland, la France se tient prête à contribuer davantage à la sécurité collective en Arctique, comme elle a pu le faire pour l'exercice danois "Endurance Arctique". La France soutient la poursuite d'un engagement accru des alliés européens à la sécurisation de cette zone stratégique, notamment via l'OTAN dont elle soutient les travaux de planification d'une activité de vigilance renforcée en Arctique - "Arctic Sentry". Face aux menaces tarifaires américaines, le Président de la République et le Gouvernement se sont mobilisés pour coordonner une réponse européenne ferme et unie pouvant inclure l'ensemble de nos outils, y compris l'instrument anti-coercition. Si nous pouvons nous réjouir d'être parvenus à une désescalade à ce sujet, nous demeurons vigilants dans le cadre des négociations en cours entre le Danemark et le Groenland, d'un côté, et les États-Unis, de l'autre. La position de la France est claire : seuls le Danemark et le Groenland peuvent décider des questions les concernant. Et la France sera à leurs côtés pour les appuyer. Enfin, l'essor des manipulations de l'information, les risques pesant sur les processus électoraux ou encore la multiplication des risques d'ingérences étrangères sont des défis stratégiques et des enjeux de sécurité communs à l'ensemble des États membres de l'Union européenne et à leur voisinage. C'est pourquoi la France a salué la publication, en novembre 2025 par la Commission, de sa proposition sur le Bouclier démocratique européen, qui devrait permettre d'apporter une réponse coordonnée et pluridimensionnelle à l'ensemble de ces menaces. La France a par ailleurs investi ce champ de la lutte informationnelle pour faire pièce aux ingérences étrangères et à la désinformation. Le ministère de l'Europe et des affaires Étrangères s'est équipé d'outils pour être plus assertifs face à des adversaires déterminés et des partenaires désinhibés. Dans cette logique, le compte X "French Response" a été créé le 1er septembre 2025.
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