577députés 17ᵉ législature

Question écrite n° 14854 Réponse publiée Source officielle ↗

Avenir incertain pour 6 000 étudiants en STAPS à la rentrée 2026

Auteur : Mickaël Bouloux — Socialistes et apparentés (Ille-et-Vilaine · 8ᵉ circ.)
Ministère interrogé : Ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’espace
Ministère attributaire : Ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’espace
Rubrique : enseignement supérieur
Date de la question : 2026-05-05
Date de la réponse : 2026-09-22 (140 jours)

Texte de la question

M. Mickaël Bouloux alerte M. le ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'espace sur la situation critique des 6 000 étudiants inscrits en licence « éducation et motricité » en Sciences et techniques des activités physiques et sportives (STAPS). En raison de la réforme de la formation initiale des enseignants, actée par le décret du 17 avril 2025, le Certificat d'aptitude au professorat d'éducation physique et sportive (CAPEPS) est désormais organisé en fin de troisième année de licence. Pour la session 2026, seuls 478 postes sont ouverts pour plus de 5 500 candidats, condamnant ainsi 95 % des étudiants à l'échec. Si le nouveau master des métiers de l'enseignement, de l'éducation et de la formation (MEEF) doit être remplacé par le nouveau master d'enseignement et d'éducation (M2E), de nombreux Instituts nationaux supérieurs du professorat et de l'éducation (INSPE), notamment à Rennes, Grenoble, Lyon, Nantes, Caen et Lille, ont d'ores et déjà fait le choix de ne pas accueillir, ou très peu, d'étudiants non lauréats du concours. Cette situation crée une impasse académique sans précédent pour la filière des sciences et techniques des activités physiques et sportives qui, contrairement à d'autres disciplines, ne dispose que de cinq masters « Sport, politiques éducatives et sociétés » sur tout le territoire pour offrir un débouché alternatif. Faute de places, ces étudiants subissent une double peine : l'échec à un concours très sélectif et l'impossibilité de poursuivre leurs études, malgré un projet professionnel souvent ancré dès l'entrée en licence. Cette inquiétude s'inscrit par ailleurs dans un contexte déjà tendu pour la filière. À l'université Rennes 2, des difficultés liées au manque de moyens avaient déjà conduit, en 2021, à de fortes perturbations de la rentrée universitaire. Ces fragilités structurelles, également observées dans d'autres académies, font aujourd'hui craindre une aggravation des conditions de poursuite d'études pour les étudiants. Le refus d'accueil des non-lauréats semble motivé par les difficultés financières des universités qui, sous l'effet du sous-financement, réduisent leur offre de formation. Cette situation favorise par ailleurs l'émergence de formations privées lucratives. Cette situation interroge sur l'effectivité du droit à la poursuite d'études reconnu aux titulaires d'une licence, dès lors que les possibilités d'inscription en master apparaissent très limitées dans cette filière. Dès lors, il lui demande si le Gouvernement entend instaurer un cadre national contraignant garantissant l'accueil des étudiants non admis au concours dans les instituts nationaux supérieurs du professorat et de l'éducation et s'il compte débloquer un collectif budgétaire d'urgence pour accompagner cette réforme. Il souhaite savoir quelles mesures seront prises pour mettre fin aux inégalités territoriales actuelles et assurer la poursuite d'études pour ces 6 000 étudiants.

Réponse ministérielle

Dans le cadre de la réforme de la formation initiale des enseignants, mise en œuvre à compter de la rentrée universitaire 2026, les concours de recrutement des personnels enseignants sont repositionnés au niveau de la licence (bac + 3), contre le niveau master (bac + 5) auparavant. Cette évolution a des incidences sur l'organisation des parcours de formation, notamment au sein de la filière des sciences et techniques des activités physiques et sportives (STAPS). Afin de garantir la continuité des parcours et de ne pas pénaliser les étudiants déjà engagés dans leur formation, une période transitoire de deux ans est prévue. Les concours au niveau bac + 5 sont ainsi maintenus en 2026 et en 2027 afin de permettre notamment aux étudiants déjà inscrits en master « Métiers de l'enseignement, de l'éducation et de la formation » (MEEF) d'achever leur cursus et de se présenter aux concours dans les conditions initialement prévues. En 2026, sur 1 125 postes ouverts au concours, 478 concernent le concours bac + 3 et 645 le concours bac + 5 - contre 670 postes ouverts en 2025 pour le concours bac + 5.  À compter de la rentrée 2026, les nouveaux masters « Métiers de l'enseignement et de l'éducation » (M2E) accueilleront les lauréats des concours. Des parcours pourront également être proposés aux étudiants non admis aux concours qui souhaitent poursuivre une formation au sein de ce master. Si tous les instituts nationaux supérieurs du professorat et de l'éducation (INSPÉ) au sein des universités autonomes n'ont actuellement pas choisi de mettre en place des parcours M2E pour les non-lauréats à la rentrée, ces choix pourront s'adapter aux besoins au niveau académique, principalement avec des formations de préparation au concours et des parcours d'enseignement adossés à d'autres masters. Plus largement, les titulaires d'une licence disposent de possibilités diversifiées de poursuite d'études. Les universités proposent une offre de formation permettant aux étudiants de consolider, de compléter ou d'élargir les compétences acquises au cours de leur cursus, y compris lorsqu'ils souhaitent faire évoluer leur projet professionnel au-delà de leur domaine de spécialisation initial. Les universités et les INSPÉ sont pleinement mobilisés afin d'accompagner les étudiants dans la construction de leur parcours de formation et de leur projet professionnel, qu'il s'inscrive dans les métiers de l'enseignement ou dans d'autres secteurs d'activité.
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