Éviction de la filière de la coco au sein des filières éligibles au POSEI
Auteur :
Olivier Serva
— Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires
(Guadeloupe · 1ᵉ circ.)
Ministère interrogé : Ministère de l’agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire
Ministère attributaire : Ministère de l’agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire
Rubrique : outre-mer
Date de la question : 2026-05-05
Date de la réponse : 2026-06-23
(49 jours)
Texte de la question
M. Olivier Serva attire l'attention de Mme la ministre de l'agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire sur les difficultés croissantes rencontrées par les acteurs de la filière de la coco en Guadeloupe en matière d'accès aux financements publics, notamment ceux de l'ODEADOM (Office de développement de l'économie agricole d'outre-mer). En effet, la production de coco constitue une activité agricole essentielle pour la Guadeloupe tant sur le plan économique que social. Elle participe à la valorisation des ressources naturelles et à la création d'emploi dans des zones particulièrement exposées aux contraintes liées à l'éloignement et à l'insularité. Pour preuve, 25 000 cocotiers ont été plantés afin de répondre aux besoins des consommateurs et 6 millions de litres d'eau de coco sont consommés en Guadeloupe annuellement, ce qui hisse cette consommation au-dessus des boissons gazéifiées telles que le soda, dans l'archipel. Au-delà de débouchés dans l'industrie agro-alimentaire avec la commercialisation de l'eau de coco, ou de confiseries à base de coco, cette filière offre des débouchés dans l'industrie cosmétique ou encore dans l'artisanat avec la vannerie. Or les acteurs de la filière font aujourd'hui face à des obstacles importants dans l'obtention de financements, essentiels pourtant aux investissements, aux travaux de modernisation des exploitations ou de développement de la transformation locale. Cette situation fragilise durablement la filière et limite son potentiel de croissance. À cet égard, la circulaire DIVA 2025/02, signée le 16 avril 2025 par le ministère de l'agriculture, relative aux modalités d'application du programme d'options spécifiques à l'éloignement et à l'insularité (POSEI), ne prévoit pas l'intégration de la production de coco parmi les filières éligibles. Cette position renforce par ailleurs un ancien modèle agricole où seules sont soutenues les filières agricoles de la banane et de la canne. Cette exclusion apparaît donc difficilement compréhensible au regard des enjeux de diversification agricole propres à la Guadeloupe. Cette incompréhension est aussi partagée par le COSDA (comité d'orientation stratégique et de développement agricole) qui, lors de sa tenue le 5 février 2026, sous l'égide du préfet de Guadeloupe et du président du conseil régional de Guadeloupe, a plaidé pour la réintégration de la filière au sein du POSEI. Dans ce contexte, il lui demande de bien vouloir œuvrer à la réintégration de la filière coco parmi les filières éligibles au dispositif POSEI et d'indiquer les mesures que le Gouvernement entend mettre en œuvre afin de garantir un meilleur accès aux financements pour les acteurs de cette filière stratégique.
Réponse ministérielle
En 2024, à la suite de contrôles, des risques de surcompensation avaient été identifiés concernant la noix de coco et l'aide à la commercialisation locale des productions locales du programme d'options spécifiques à l'éloignement et à l'insularité (POSEI). Dans ce contexte, la profession a été invitée à fournir des éléments chiffrés sur les coûts de production démontrant l'absence de surcompensation. Les éléments transmis, certifiés par l'institut technique local, ont montré que les coûts de production de la noix de coco en Guadeloupe étaient inférieurs au montant unitaire du POSEI pour cette aide (200 euros par tonne). Par conséquent, la noix de coco a été retirée de la décision technique du POSEI qui liste les produits éligibles aux aides à la diversification végétale. Cette année, la filière a demandé la réintégration de la noix de coco à la décision technique du POSEI. Or les nouveaux chiffres transmis ne remettent pas en cause le constat établi précédemment et ne permettent pas de rendre la noix de coco éligible au POSEI. Cette décision est indispensable pour la sécurisation du programme. Il convient de préciser, par ailleurs, que la filière bénéficie aussi d'autres mesures d'accompagnement via d'autres vecteurs tels que les crédits d'orientation territorialisés du ministère chargé des outre-mer ainsi que des soutiens de la collectivité.
Données brutes (debug)
{"question": {"@xmlns": "http://schemas.assemblee-nationale.fr/referentiel", "@xmlns:xsi": "http://www.w3.org/2001/XMLSchema-instance", "@xsi:type": "QuestionEcrite_Type", "uid": "QANR5L17QE14910", "identifiant": {"numero": "14910", "regime": "5eme Republique", "legislature": "17"}, "type": "QE", "indexationAN": {"rubrique": "outre-mer", "teteAnalyse": null, "analyses": {"analyse": "Éviction de la filière de la coco au sein des filières éligibles au POSEI"}}, "auteur": {"identite": {"acteurRef": "PA720960", "mandatRef": "PM843758"}, "groupe": {"organeRef": "PO845485", "abrege": "LIOT", "developpe": "Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires"}}, "minInt": {"organeRef": "PO873647", "abrege": "Agriculture, agro-alimentaire et souveraineté alimentaire", "developpe": "Ministère de l’agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire"}, "minAttribs": {"minAttrib": {"infoJO": {"typeJO": "JO_QUESTION", "dateJO": "2026-05-05", "pageJO": null, "numJO": null, "urlLegifrance": null, "referenceNOR": null}, "denomination": {"organeRef": "PO873647", "abrege": "Agriculture, agro-alimentaire et souveraineté alimentaire", "developpe": "Ministère de l’agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire"}}}, "textesQuestion": {"texteQuestion": {"infoJO": {"typeJO": "JO_QUESTION", "dateJO": "2026-05-05", "pageJO": "3851", "numJO": "20260018", "urlLegifrance": null, "referenceNOR": null}, "texte": "M. Olivier Serva attire l'attention de Mme la ministre de l'agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire sur les difficultés croissantes rencontrées par les acteurs de la filière de la coco en Guadeloupe en matière d'accès aux financements publics, notamment ceux de l'ODEADOM (Office de développement de l'économie agricole d'outre-mer). En effet, la production de coco constitue une activité agricole essentielle pour la Guadeloupe tant sur le plan économique que social. Elle participe à la valorisation des ressources naturelles et à la création d'emploi dans des zones particulièrement exposées aux contraintes liées à l'éloignement et à l'insularité. Pour preuve, 25 000 cocotiers ont été plantés afin de répondre aux besoins des consommateurs et 6 millions de litres d'eau de coco sont consommés en Guadeloupe annuellement, ce qui hisse cette consommation au-dessus des boissons gazéifiées telles que le soda, dans l'archipel. Au-delà de débouchés dans l'industrie agro-alimentaire avec la commercialisation de l'eau de coco, ou de confiseries à base de coco, cette filière offre des débouchés dans l'industrie cosmétique ou encore dans l'artisanat avec la vannerie. Or les acteurs de la filière font aujourd'hui face à des obstacles importants dans l'obtention de financements, essentiels pourtant aux investissements, aux travaux de modernisation des exploitations ou de développement de la transformation locale. Cette situation fragilise durablement la filière et limite son potentiel de croissance. À cet égard, la circulaire DIVA 2025/02, signée le 16 avril 2025 par le ministère de l'agriculture, relative aux modalités d'application du programme d'options spécifiques à l'éloignement et à l'insularité (POSEI), ne prévoit pas l'intégration de la production de coco parmi les filières éligibles. Cette position renforce par ailleurs un ancien modèle agricole où seules sont soutenues les filières agricoles de la banane et de la canne. Cette exclusion apparaît donc difficilement compréhensible au regard des enjeux de diversification agricole propres à la Guadeloupe. Cette incompréhension est aussi partagée par le COSDA (comité d'orientation stratégique et de développement agricole) qui, lors de sa tenue le 5 février 2026, sous l'égide du préfet de Guadeloupe et du président du conseil régional de Guadeloupe, a plaidé pour la réintégration de la filière au sein du POSEI. Dans ce contexte, il lui demande de bien vouloir œuvrer à la réintégration de la filière coco parmi les filières éligibles au dispositif POSEI et d'indiquer les mesures que le Gouvernement entend mettre en œuvre afin de garantir un meilleur accès aux financements pour les acteurs de cette filière stratégique."}}, "textesReponse": {"texteReponse": {"infoJO": {"typeJO": "JO_QUESTION", "dateJO": "2026-06-23", "pageJO": "5694", "numJO": "20260025", "urlLegifrance": null, "referenceNOR": null}, "texte": "En 2024, à la suite de contrôles, des risques de surcompensation avaient été identifiés concernant la noix de coco et l'aide à la commercialisation locale des productions locales du programme d'options spécifiques à l'éloignement et à l'insularité (POSEI). Dans ce contexte, la profession a été invitée à fournir des éléments chiffrés sur les coûts de production démontrant l'absence de surcompensation. Les éléments transmis, certifiés par l'institut technique local, ont montré que les coûts de production de la noix de coco en Guadeloupe étaient inférieurs au montant unitaire du POSEI pour cette aide (200 euros par tonne). Par conséquent, la noix de coco a été retirée de la décision technique du POSEI qui liste les produits éligibles aux aides à la diversification végétale. Cette année, la filière a demandé la réintégration de la noix de coco à la décision technique du POSEI. Or les nouveaux chiffres transmis ne remettent pas en cause le constat établi précédemment et ne permettent pas de rendre la noix de coco éligible au POSEI. Cette décision est indispensable pour la sécurisation du programme. Il convient de préciser, par ailleurs, que la filière bénéficie aussi d'autres mesures d'accompagnement via d'autres vecteurs tels que les crédits d'orientation territorialisés du ministère chargé des outre-mer ainsi que des soutiens de la collectivité."}}, "cloture": {"codeCloture": "REP_PUB", "libelleCloture": "Réponse publiée", "dateCloture": "2026-06-23", "infoJO": {"typeJO": "JO_QUESTION", "dateJO": "2026-06-23", "pageJO": "5694", "numJO": "20260025", "urlLegifrance": null, "referenceNOR": null}}, "signalement": null, "renouvellements": null}}