577 577députés 17ᵉ législature

Question écrite n° 7650 Réponse publiée Source officielle ↗

Risque induits par le développement des bactéries miroirs.

Auteur : Fabrice Brun — Droite Républicaine (Ardèche · 3ᵉ circ.)
Ministère interrogé : Ministère auprès de la ministre du travail, de la santé, de la solidarité et des familles, chargé de la santé et de l’accès aux soins
Ministère attributaire : Ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’espace
Rubrique : recherche et innovation
Date de la question : 2025-06-17
Date de la réponse : 2026-03-24 (280 jours)

Texte de la question

M. Fabrice Brun alerte M. le ministre auprès de la ministre du travail, de la santé, de la solidarité et des familles, chargé de la santé et de l'accès aux soins, sur les risques induits par le développement des bactéries « inversées » ou « miroirs », qui inquiète de nombreux chercheurs à travers le monde. En effet, les molécules et bactéries « miroirs » peuvent être synthétisées en laboratoire. Elles utilisent le principe de « chiralité », soit le fait que dans le monde vivant, une molécule possède une orientation, gauche ou droite, qui leur permettent de s'emboîter parfaitement les unes dans les autres pour fonctionner correctement. À ce titre, tous les acides aminés du vivant ont une orientation « gauche » et tous les glucides biologiques ont une orientation « droite ». De fait, lorsqu'une molécule est tournée « dans le mauvais sens » le corps ne la reconnaît pas ou ne sait pas l'utiliser et n'a aucun moyen de lutter contre. C'est ici tout l'enjeu du développement de ces bactéries, qui auraient un véritable potentiel thérapeutique et permettrait l'émergence de nouveaux traitements en améliorant leur efficacité. Or s'il est aujourd'hui impossible de créer ces « bactéries miroirs », de nombreux chercheurs alertent sur le fait que les bénéfices ne valent pas les risques que pourraient entraîner le développement de telles molécules. En cause, le risque de prolifération incontrôlée d'une bactérie « miroir » suite à un accident de laboratoire. Insensibles aux traitements existants et potentiellement dangereuses pour l'homme et la nature, ces bactéries ainsi créées auraient la possibilité d'évoluer dans un environnement naturel, de se nourrir de nutriments non chiraux et de bouleverser gravement l'écosystème. C'est le danger que redoutent 39 chercheurs de renom, dont les Prix Nobel Greg Winter et Jack Szostak. Dans un article publié fin 2024 dans la revue Science, ils alertaient sur les risques posés par les bactéries « miroirs » et appellaient à l'arrêt des recherches en cours avec à l'appui un rapport de 300 pages sur le sujet. Face à ces considérations et au vu des risques importants que peuvent représenter les bactéries miroirs, il lui demande ce que le Gouvernement français entend mettre en place afin de se prémunir face à la prolifération de ces bactéries et l'arrêt de ce programme de recherche avant qu'il ne soit trop tard.

Réponse ministérielle

La problématique de la « vie miroir » est bien identifiée par le ministère chargé de l'enseignement supérieur et de la recherche – et plus largement par la communauté scientifique – comme un sujet majeur. Lors d'une conférence internationale sur le sujet à l'Institut Pasteur les 12 et 13 juin derniers, la communauté scientifique a réaffirmé son consensus sur les risques liés aux recherches sur les bactéries « miroirs ». Un rapport scientifique incluant des recommandations d'actions pratiques et politiques devrait être publié d'ici début 2026. Le ministère analysera avec attention ce rapport dans la perspective d'une éventuelle coordination scientifique à l'échelle internationale. Les bactéries « miroirs » font partie du sujet des recherches duales à risque, pour lesquelles le ministère met actuellement en place une procédure de détection et d'appui aux organismes de recherche en la matière, en collaboration avec le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN).
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