577 577députés 17ᵉ législature

Question au Gouvernement n° 1083 Réponse publiée Source officielle ↗

fraudes sociales

Auteur : Romain Tonussi — Rassemblement National (Bouches-du-Rhône · 8ᵉ circ.)
Ministère interrogé : Ministère du travail et des solidarités
Ministère attributaire : Ministère du travail et des solidarités
Rubrique :
Date de la question :
Date de la réponse : 2025-12-10

Texte de la question

Texte de la question non publié dans la source.

Réponse ministérielle

FRAUDES SOCIALES


Mme la présidente . La parole est à M. Romain Tonussi.

M. Romain Tonussi . La Cour des comptes a révélé dans son rapport de mai 2025 l’ampleur d’un scandale que les Français ne sont plus prêts à tolérer : la fraude massive aux pensions de retraite versées à l’étranger.

Chaque année, 6 milliards d’euros, soit l’équivalent du déficit total de la branche vieillesse de la sécurité sociale pour 2025, quittent notre pays pour des pensionnés vivant hors de France. Ces pensions, qui ne représentent pourtant qu’une part infime des dépenses de la branche vieillesse, concentrent à elles seules près d’un tiers des irrégularités détectées.

Votre bilan est accablant : certificats de vie falsifiés, décès non signalés et documents de complaisance permettent à des pensions d’être versées à des personnes qui ne sont tout simplement plus en vie – parfois depuis des années.

M. Pierre Cordier . Il a raison !

M. Romain Tonussi . Les expérimentations menées en Algérie et au Maroc sont pourtant sans appel. Près de 40 % des assurés convoqués ne se présentent pas dans les délais, et parmi ceux-là, jusqu’à 22 % sont en réalité décédés. Chaque contrôle physique permet ainsi de débusquer des pensions fantômes que l’administration n’aurait autrement jamais détectées. Il est urgent de généraliser ce type de contrôle.

Pendant ce temps, nos retraités, eux, doivent justifier la moindre démarche et voient chaque euro contrôlé à l’excès. L’administration pratique un deux poids, deux mesures : impitoyable avec nos retraités, étrangement permissive avec les étrangers. Alors que la France croule sous plus de 3 300 milliards d’euros de dette et que nos compatriotes doivent se serrer la ceinture, il n'est pas normal que l’État continue de financer, sans contrôle sérieux, des pensions fantômes à l’étranger. Nos retraités paient, tandis que les fraudeurs encaissent : voilà l’inacceptable symbole de votre impuissance à protéger l’argent des Français. Ils se souviendront de ces chiffres, qui sont votre bilan.

Face à votre inertie, le Rassemblement national est clair, il faut agir vite et fort. Madame la ministre de l’action et des comptes publics, ma question est simple : votre gouvernement va-t-il enfin arrêter de distribuer l’argent des Français aux retraités du monde entier ? (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)

Mme la présidente . La parole est à M. le ministre du travail et des solidarités.

M. Pierre Cordier . Vous pourriez faire référence à mon amendement, monsieur le ministre !

M. Jean-Pierre Farandou, ministre du travail et des solidarités . Votre interpellation est intéressante car elle introduit directement l’objectif du projet de loi visant à mieux lutter contre la fraude sociale. (M. Louis Boyard s’exclame.)

La fraude sociale existe, sous la forme que vous avez indiquée comme sous d’autres. Pour lutter contre cette fraude, nous devons nous doter de plus de moyens et d’outils, améliorer l’accès aux fichiers, améliorer également nos capacités d’intervention. La fraude sociale est importante : au-delà du seul élément que vous citez, elle est évaluée à 13 milliards d’euros.

Vous avez raison, au moment où nous demandons des efforts aux Français, au moment où nous faisons attention à l’argent public et où nous essayons de boucler le budget de la sécurité sociale, nous devons être très attentifs à ce que certains fraudeurs ne profitent pas des failles de notre système.

Sur le principe, je vous suis. Vous verrez que le projet de loi prévoit des armes et des outils qui nous rendront plus efficaces dans la lutte contre la fraude sociale – un objectif que nous partageons tous.

Mme Rachida Dati, ministre de la culture . Bravo !

Contexte de séance — Questions au Gouvernement

Séance du 2025-12-10 (Unique) — 11 questions posées dans cet ordre. Compte-rendu officiel ↗

  1. Politique énergétique
    M. Alexandre Allegret-Pilot · M. Roland Lescure, ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique
  2. Contrôle de l’enseignement privé
    M. Roger Chudeau · M. Édouard Geffray, ministre de l’éducation nationale
  3. Lycées français à l’étranger
    Mme Nathalie Coggia · M. Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des affaires étrangères
  4. Pollution chimique en Tunisie
    Mme Nathalie Oziol · M. Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des affaires étrangères
  5. Suppression du replay d’un documentaire sur France Télévisions
    M. Christian Baptiste · Mme Rachida Dati, ministre de la culture · M. Christian Baptiste
  6. Intérim médical
    Mme Valérie Bazin-Malgras · Mme Charlotte Parmentier-Lecocq, ministre déléguée chargée de l’autonomie et des personnes handicapées · Mme Valérie Bazin-Malgras
  7. Pollution de l’eau aux PFAS
    M. Nicolas Thierry · M. Mathieu Lefèvre, ministre délégué chargé de la transition écologique · M. Nicolas Thierry
  8. Protection de l’espace aérien ukrainien
    M. Frédéric Petit · M. Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des affaires étrangères
  9. Reconstruction de Mayotte
    Mme Estelle Youssouffa · Mme Naïma Moutchou, ministre des outre-mer
  10. Stratégie de sécurité nationale des États-Unis
    M. Michel Criaud · M. Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des affaires étrangères
  11. Centre de contrôle aérien de Tahiti-Faa’a
    Mme Mereana Reid Arbelot · M. Philippe Tabarot, ministre des transports · Mme Mereana Reid Arbelot
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Il est urgent de généraliser ce type de contrôle.<br><br>Pendant ce temps, nos retraités, eux, doivent justifier la moindre démarche et voient chaque euro contrôlé à l’excès. L’administration pratique un deux poids, deux mesures : impitoyable avec nos retraités, étrangement permissive avec les étrangers. Alors que la France croule sous plus de 3 300 milliards d’euros de dette et que nos compatriotes doivent se serrer la ceinture, il n'est pas normal que l’État continue de financer, sans contrôle sérieux, des pensions fantômes à l’étranger. Nos retraités paient, tandis que les fraudeurs encaissent : voilà l’inacceptable symbole de votre impuissance à protéger l’argent des Français. Ils se souviendront de ces chiffres, qui sont votre bilan.<br><br>Face à votre inertie, le Rassemblement national est clair, il faut agir vite et fort. Madame la ministre de l’action et des comptes publics, ma question est simple : votre gouvernement va-t-il enfin arrêter de distribuer l’argent des Français aux retraités du monde entier ? <i>(Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)</i><br><br><strong>Mme la présidente . </strong>La parole est à M. le ministre du travail et des solidarités.<br><br><strong>M. Pierre Cordier .</strong> Vous pourriez faire référence à mon amendement, monsieur le ministre !<br><br><strong>M. Jean-Pierre Farandou,</strong><i> ministre du travail et des solidarités . </i>Votre interpellation est intéressante car elle introduit directement l’objectif du projet de loi visant à mieux lutter contre la fraude sociale. <i>(M. Louis Boyard s’exclame.)</i><br><br>La fraude sociale existe, sous la forme que vous avez indiquée comme sous d’autres. Pour lutter contre cette fraude, nous devons nous doter de plus de moyens et d’outils, améliorer l’accès aux fichiers, améliorer également nos capacités d’intervention. La fraude sociale est importante : au-delà du seul élément que vous citez, elle est évaluée à 13 milliards d’euros.<br><br>Vous avez raison, au moment où nous demandons des efforts aux Français, au moment où nous faisons attention à l’argent public et où nous essayons de boucler le budget de la sécurité sociale, nous devons être très attentifs à ce que certains fraudeurs ne profitent pas des failles de notre système.<br><br>Sur le principe, je vous suis. Vous verrez que le projet de loi prévoit des armes et des outils qui nous rendront plus efficaces dans la lutte contre la fraude sociale – un objectif que nous partageons tous.<br><br><strong>Mme Rachida Dati, ministre de la culture .</strong> Bravo !<br> <p>"}}, "cloture": {"codeCloture": "REP_PUB", "libelleCloture": "Réponse publiée", "dateCloture": "2025-12-10", "infoJO": {"typeJO": "JO_DEBAT", "dateJO": "2025-12-10", "pageJO": null, "numJO": null, "urlLegifrance": null, "referenceNOR": null}}}}