577 577députés 17ᵉ législature

Question au Gouvernement n° 18 Réponse publiée Source officielle ↗

Stratégie diplomatique de la France au Proche-Orient

Auteur : Jérémie Patrier-Leitus — Horizons & Indépendants (Calvados · 3ᵉ circ.)
Ministère interrogé : Ministère de l’Europe et des affaires étrangères
Ministère attributaire : Ministère de l’Europe et des affaires étrangères
Rubrique : politique extérieure
Date de la question :
Date de la réponse : 2024-10-09

Texte de la question

Texte de la question non publié dans la source.

Réponse ministérielle

STRATÉGIE DIPLOMATIQUE DE LA FRANCE AU PROCHE-ORIENT


Mme la présidente . La parole est à M. Jérémie Patrier-Leitus.

M. Jérémie Patrier-Leitus . Ma question s'adresse à Monsieur le Premier ministre. Il y a un an, le 7 octobre 2023, l'humanité a, pendant quelques heures, déserté le monde. Ce jour-là, la folie de l'homme, la haine et l'abomination ont franchi une étape macabre. Ce jour-là, au festival Nova, dans les kibboutz de Kfar Azza et de Beeri, des enfants et des jeunes ont été massacrés, des femmes mutilées, assassinées pendant qu'elles étaient violées, des vieillards tués à bout portant. Ce jour-là, dans cette nuit interminable de l'humanité, des vies ont été fauchées, des destins brisés, des familles décimées. Ce jour-là a été commis par les terroristes du Hamas et filmé en direct un pogrom de masse – le pire massacre de Juifs depuis la seconde guerre mondiale – que rien ne peut justifier.

Ce jour-là, 1 200 Israéliens furent assassinés dont 48 de nos compatriotes. Je veux, au nom du groupe Horizons & indépendants, leur rendre hommage, saluer leur mémoire et rappeler notre attachement à la libération de tous les otages et à la protection de l'ensemble des civils de la région.

Depuis le 7 octobre 2023, la bête immonde de l'antisémitisme, que nous pensions repue de sang après la Shoah, renaît en France. Elle se déverse même au cœur de nos institutions politiques et de nos universités, où nous découvrons stupéfaits qu'un terroriste n'est pas un terroriste mais un résistant, que les victimes ne sont pas des victimes mais des bourreaux.

Vous l'avez rappelé hier soir monsieur le Premier ministre, nous ne devons tolérer aucune ambiguïté et condamner chaque acte avec la plus grande fermeté. Au lendemain de ces attaques comme aujourd'hui, notre message n'a pas changé : l'État d'Israël se trouve en situation de légitime défense et a le droit de se défendre. Or les menaces sur la sécurité d'Israël sont nombreuses : l'Iran a attaqué Israël à deux reprises et continue d'armer et de financer des proxys – le Hamas à Gaza, le Hezbollah au Liban et les rebelles houthis au Yémen. La France a d'ailleurs mobilisé ses moyens militaires pour aider à l’interception de ses missiles.

Quelle est la stratégie diplomatique de la France au Proche-Orient tant pour garantir la sécurité d'Israël face aux menaces de l'Iran que pour aboutir à une solution politique et à la paix dans la région ? (Applaudissements sur les bancs du groupe HOR et sur quelques bancs du groupe EPR.)

Mme la présidente . La parole est à M. Jean-Noël Barrot, ministre de l'Europe et des affaires étrangères.

M. Jean-Noël Barrot, ministre de l'Europe et des affaires étrangères . Vous avez raison de rappeler que la France se tient aux côtés d'Israël, pays auquel l'attachent tant de liens et dans lequel vivent 180 000 de nos compatriotes. La France est indéfectiblement attachée à la sécurité d'Israël. Ce ne sont pas là que des mots ce sont, vous le rappeliez, des actes : quand Israël est la cible d'attaques par missiles balistiques de l'Iran, la France mobilise ses moyens militaires pour aider Israël à les parer. Ce fut le cas en avril dernier comme encore ce mois d'octobre.

Quand le programme nucléaire iranien menace la sécurité d'Israël, la France se porte en première ligne des efforts internationaux pour lui faire échec. Quand le Hamas se rend coupable, comme ce fut le cas l'année dernière, du pire massacre antisémite de notre histoire depuis la Shoah, c'est encore la France qui sanctionne les dirigeants du Hamas et qui entraîne les Européens à faire de même.

Aujourd'hui la seule force ne peut suffire à garantir la sécurité d'Israël, le retour des otages ou celui des populations déplacées dans le nord du pays. Le recours à la force doit donc céder la place au dialogue et à la diplomatie. Des solutions politiques existent mais il reste peu de temps. C'est pourquoi il y a dix jours que nous avons mis sur la table une proposition de trêve, permettant de négocier un cessez-le-feu durable, garantissant l'intégrité du Liban d'une part et la sécurité d'Israël de l'autre, notamment celle des villages du nord du pays.

S'agissant de Gaza, notre approche consiste à soutenir un cessez-le-feu intervenant le plus rapidement possible pour obtenir la libération des otages et l'acheminement sans entraves de l'aide humanitaire, tout en faisant avancer une solution à deux États, qui garantisse la sécurité d'Israël et l'existence d'un État de Palestine à ses côtés.

Contexte de séance — Questions au Gouvernement

Séance du 2024-10-09 (Unique) — 11 questions posées dans cet ordre. Compte-rendu officiel ↗

  1. Précarité des seniors
    Mme Élise Leboucher · Mme Astrid Panosyan-Bouvet, ministre du travail et de l’emploi · Mme Élise Leboucher
  2. Situation à la Martinique
    Mme Béatrice Bellay · M. François-Noël Buffet, ministre des outre-mer
  3. Violence des jeunes
    Mme Alexandra Martin · Mme Maud Bregeon, ministre déléguée auprès du Premier ministre, porte-parole du Gouvernement
  4. Crise agricole
    M. Benoît Biteau · Mme Annie Genevard, ministre de l’agriculture, de la souveraineté alimentaire et de la forêt
  5. Contrat de présence postale territoriale
    M. Laurent Croizier · M. Antoine Armand, ministre de l’économie, des finances et de l’industrie
  6. Statut de la Corse
    M. Michel Castellani · Mme Catherine Vautrin, ministre du partenariat avec les territoires et de la décentralisation · M. Michel Castellani · Mme Catherine Vautrin, ministre
  7. Difficultés de la filière viticole
    M. Jean-François Portarrieu · Mme Annie Genevard, ministre de l’agriculture, de la souveraineté alimentaire et de la forêt
  8. Situation à la Martinique
    M. Marcellin Nadeau · M. François-Noël Buffet, ministre des outre-mer
  9. Fiscalité des entreprises
    M. Matthieu Bloch · M. Laurent Saint-Martin, ministre du budget et des comptes publics
  10. Crise agricole
    Mme Sandra Delannoy · Mme Annie Genevard, ministre de l’agriculture, de la souveraineté alimentaire et de la forêt · Mme Sandra Delannoy
  11. Crise agricole
    M. Jean-Luc Fugit · Mme Annie Genevard, ministre de l’agriculture, de la souveraineté alimentaire et de la forêt
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Or les menaces sur la sécurité d'Israël sont nombreuses : l'Iran a attaqué Israël à deux reprises et continue d'armer et de financer des proxys – le Hamas à Gaza, le Hezbollah au Liban et les rebelles houthis au Yémen. La France a d'ailleurs mobilisé ses moyens militaires pour aider à l’interception de ses missiles.<br><br>Quelle est la stratégie diplomatique de la France au Proche-Orient tant pour garantir la sécurité d'Israël face aux menaces de l'Iran que pour aboutir à une solution politique et à la paix dans la région ? <i>(Applaudissements sur les bancs du groupe HOR et sur quelques bancs du groupe EPR.)</i><br><br><strong>Mme la présidente . </strong>La parole est à M. Jean-Noël Barrot, ministre de l'Europe et des affaires étrangères.<br><br><strong>M. Jean-Noël Barrot,</strong><i> ministre de l'Europe et des affaires étrangères . </i>Vous avez raison de rappeler que la France se tient aux côtés d'Israël, pays auquel l'attachent tant de liens et dans lequel vivent 180 000 de nos compatriotes. La France est indéfectiblement attachée à la sécurité d'Israël. Ce ne sont pas là que des mots ce sont, vous le rappeliez, des actes : quand Israël est la cible d'attaques par missiles balistiques de l'Iran, la France mobilise ses moyens militaires pour aider Israël à les parer. Ce fut le cas en avril dernier comme encore ce mois d'octobre.<br><br>Quand le programme nucléaire iranien menace la sécurité d'Israël, la France se porte en première ligne des efforts internationaux pour lui faire échec. Quand le Hamas se rend coupable, comme ce fut le cas l'année dernière, du pire massacre antisémite de notre histoire depuis la Shoah, c'est encore la France qui sanctionne les dirigeants du Hamas et qui entraîne les Européens à faire de même.<br><br>Aujourd'hui la seule force ne peut suffire à garantir la sécurité d'Israël, le retour des otages ou celui des populations déplacées dans le nord du pays. Le recours à la force doit donc céder la place au dialogue et à la diplomatie. Des solutions politiques existent mais il reste peu de temps. C'est pourquoi il y a dix jours que nous avons mis sur la table une proposition de trêve, permettant de négocier un cessez-le-feu durable, garantissant l'intégrité du Liban d'une part et la sécurité d'Israël de l'autre, notamment celle des villages du nord du pays.<br><br>S'agissant de Gaza, notre approche consiste à soutenir un cessez-le-feu intervenant le plus rapidement possible pour obtenir la libération des otages et l'acheminement sans entraves de l'aide humanitaire, tout en faisant avancer une solution à deux États, qui garantisse la sécurité d'Israël et l'existence d'un État de Palestine à ses côtés.<br> <p>"}}, "cloture": {"codeCloture": "REP_PUB", "libelleCloture": "Réponse publiée", "dateCloture": "2024-10-09", "infoJO": {"typeJO": "JO_DEBAT", "dateJO": "2024-10-09", "pageJO": "5302", "numJO": null, "urlLegifrance": null, "referenceNOR": null}}}}