577 577députés 17ᵉ législature

Question au Gouvernement n° 304 Réponse publiée Source officielle ↗

Sécheresse à La Réunion

Auteur : Jean-Hugues Ratenon — La France insoumise - Nouveau Front Populaire (Réunion · 5ᵉ circ.)
Ministère interrogé : Ministère des outre-mer
Ministère attributaire : Ministère des outre-mer
Rubrique : outre-mer
Date de la question :
Date de la réponse : 2025-01-22

Texte de la question

Texte de la question non publié dans la source.

Réponse ministérielle

SÉCHERESSE À LA RÉUNION


Mme la présidente . La parole est à M. Jean-Hugues Ratenon.

M. Jean-Hugues Ratenon . À La Réunion, les facteurs du désordre convergent vers l’explosion sociale, entre une crise sanitaire inévitable du fait de l’épidémie du chikungunya et la poussée très inquiétante du trafic de drogues dures, à l'origine, selon moi, de la hausse de l’insécurité et de l'instauration d'un climat d'angoisse dans les villes. D'autres facteurs de désordre sont le manque de logements et la cherté de la vie, résultats incontestables d'abus que le pouvoir parisien fait mine de ne pas voir.

Parmi les nombreuses causes du désordre, je vais m’attarder sur la pénurie d’eau. La Réunion n’échappe ni aux bouleversements climatiques ni à la pression démographique et l’eau y devient rare. Pourtant, la présidente de mon groupe, Mathilde Panot, nous avait alerté, à l’issue de son enquête parlementaire, sur les risques d’aggravation de la pénurie, notamment dans les outre-mer, et préconisé des solutions à appliquer. Mais, comme à son habitude, la Macronie a dit niet et n’a pas suivi.

Pourtant, une fois encore, nos alertes deviennent malheureusement des réalités dans nos territoires. À La Réunion, la situation est inédite : beaucoup trop de robinets sont à sec, avec tous les désagréments que cela entraîne pour les habitants et les services publics. En 2023, j’avais fait adopter un amendement prévoyant de consacrer 100 millions d’euros à un plan d'urgence pour l'accès à l'eau en outre-mer. En 2024, j'ai proposé 500 millions. Mais les recours au 49.3 de Mme Borne et de M. Barnier ont guillotiné nos justes propositions. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe EcoS.)

L’eau n’est pas une marchandise comme les autres ; elle est un bien commun et un droit fondamental. La Macronie est-elle enfin prête à agir de manière responsable ? Il le faut, car nous savons tous que, si rien n’est fait, la situation s’aggravera d’année en année. (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent et applaudissent. – Mme Sandrine Rousseau applaudit également.)

Mme la présidente . La parole est à M. le ministre d'État, ministre des outre-mer.

M. Manuel Valls, ministre d'État, ministre des outre-mer . Vous avez attiré mon attention sur la situation inédite de La Réunion, qui est touchée par la sécheresse. Inédite en raison du niveau exceptionnellement bas des précipitations depuis septembre dernier. Non seulement l'île a connu un déficit global de précipitations de 22 % par rapport aux normales mais surtout, la saison des pluies, qui débute normalement à la mi-décembre, n'a pas encore commencé. La situation est d'autant plus inédite qu'elle touche l'est de l'île, particulièrement la commune de Saint-André, alors qu'il s'agit habituellement de la partie de La Réunion la plus arrosée. (Mme Sophia Chikirou s'exclame.)

Ce sujet relève de la compétence des collectivités locales. C'est d'ailleurs pour cela que la communauté intercommunale Réunion Est, présidée par Patrice Selly, et la commune de Saint-André ont pris en début de semaine plusieurs mesures d'urgence. Chaque jour, 36 000 litres d'eau sont livrés à Saint-André et distribués, notamment par l'intermédiaire des centres communaux d’action sociale pour les publics vulnérables.

Compte tenu de l'impact de la situation sur la population en cette saison chaude, je puis assurer que les moyens de l'État sont mobilisés pour soutenir les communes dans la gestion de la crise. Dès le 20 janvier, le préfet a déployé à Saint-André un dispositif de la sécurité civile pour produire de l'eau potable. Enfin, un arrêté sécheresse a été signé, notamment pour prendre en compte la situation économique difficile de certains agriculteurs et maraîchers. Le préfet réunira par ailleurs dans quelques semaines une conférence régionale de l'eau associant l'ensemble des élus.

Monsieur le député, je me tiens à votre disposition pour parler des sujets que vous avez évoqués car le changement climatique, les problèmes sociaux et l'ensemble des défis de La Réunion méritent tout notre engagement.

Contexte de séance — Questions au Gouvernement

Séance du 2025-01-22 (Première) — 11 questions posées dans cet ordre. Compte-rendu officiel ↗

  1. Aide publique au développement
    Mme Dieynaba Diop · M. Thani Mohamed Soilihi, ministre délégué chargé de la francophonie et des partenariats internationaux · Mme Dieynaba Diop
  2. Office français de la biodiversité
    Mme Josiane Corneloup · Mme Agnès Pannier-Runacher, ministre de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche
  3. Produits sucrés
    M. Boris Tavernier · Mme Catherine Vautrin, ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles
  4. Budget de l’Institut polaire français
    M. Jimmy Pahun · M. Philippe Baptiste, ministre chargé de l’enseignement supérieur et de la recherche
  5. Budget du sport
    M. Salvatore Castiglione · Mme Marie Barsacq, ministre des sports, de la jeunesse et de la vie associative
  6. Diagnostic de performance énergétique
    M. Thomas Lam · Mme Valérie Létard, ministre chargée du logement · M. Thomas Lam
  7. Marges sur les prix en outre-mer
    M. Marcellin Nadeau · M. Manuel Valls, ministre d’État, ministre des outre-mer
  8. Stade de France
    M. Maxime Michelet · Mme Marie Barsacq, ministre des sports, de la jeunesse et de la vie associative
  9. Hôpitaux de proximité
    M. Sébastien Humbert · M. Yannick Neuder, ministre chargé de la santé et de l’accès aux soins · M. Sébastien Humbert
  10. Filière de la pêche
    Mme Liliana Tanguy · Mme Agnès Pannier-Runacher, ministre de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche
  11. Attitude de la France après l’élection de Donald Trump
    M. Aurélien Saintoul · M. Thani Mohamed Soilihi, ministre délégué chargé de la francophonie et des partenariats internationaux
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En 2023, j’avais fait adopter un amendement prévoyant de consacrer 100 millions d’euros à un plan d'urgence pour l'accès à l'eau en outre-mer. En 2024, j'ai proposé 500 millions. Mais les recours au 49.3 de Mme Borne et de M. Barnier ont guillotiné nos justes propositions. <i>(Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe EcoS.)</i><br><br>L’eau n’est pas une marchandise comme les autres ; elle est un bien commun et un droit fondamental. La Macronie est-elle enfin prête à agir de manière responsable ? Il le faut, car nous savons tous que, si rien n’est fait, la situation s’aggravera d’année en année. <i>(Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent et applaudissent. – Mme Sandrine Rousseau applaudit également.)</i><br><br><strong>Mme la présidente . </strong>La parole est à M. le ministre d'État, ministre des outre-mer.<br><br><strong>M. Manuel Valls,</strong><i> ministre d'État, ministre des outre-mer . </i>Vous avez attiré mon attention sur la situation inédite de La Réunion, qui est touchée par la sécheresse. Inédite en raison du niveau exceptionnellement bas des précipitations depuis septembre dernier. Non seulement l'île a connu un déficit global de précipitations de 22 % par rapport aux normales mais surtout, la saison des pluies, qui débute normalement à la mi-décembre, n'a pas encore commencé. La situation est d'autant plus inédite qu'elle touche l'est de l'île, particulièrement la commune de Saint-André, alors qu'il s'agit habituellement de la partie de La Réunion la plus arrosée. <i>(Mme Sophia Chikirou s'exclame.)</i><br><br>Ce sujet relève de la compétence des collectivités locales. C'est d'ailleurs pour cela que la communauté intercommunale Réunion Est, présidée par Patrice Selly, et la commune de Saint-André ont pris en début de semaine plusieurs mesures d'urgence. Chaque jour, 36 000 litres d'eau sont livrés à Saint-André et distribués, notamment par l'intermédiaire des centres communaux d’action sociale pour les publics vulnérables.<br><br>Compte tenu de l'impact de la situation sur la population en cette saison chaude, je puis assurer que les moyens de l'État sont mobilisés pour soutenir les communes dans la gestion de la crise. Dès le 20 janvier, le préfet a déployé à Saint-André un dispositif de la sécurité civile pour produire de l'eau potable. Enfin, un arrêté sécheresse a été signé, notamment pour prendre en compte la situation économique difficile de certains agriculteurs et maraîchers. Le préfet réunira par ailleurs dans quelques semaines une conférence régionale de l'eau associant l'ensemble des élus.<br><br>Monsieur le député, je me tiens à votre disposition pour parler des sujets que vous avez évoqués car le changement climatique, les problèmes sociaux et l'ensemble des défis de La Réunion méritent tout notre engagement.<br> <p>"}}, "cloture": {"codeCloture": "REP_PUB", "libelleCloture": "Réponse publiée", "dateCloture": "2025-01-22", "infoJO": {"typeJO": "JO_DEBAT", "dateJO": "2025-01-22", "pageJO": "303", "numJO": null, "urlLegifrance": null, "referenceNOR": null}}}}