577 577députés 17ᵉ législature

Question au Gouvernement n° 645 Réponse publiée Source officielle ↗

Lutte contre le cancer

Auteur : Nicolas Thierry — Écologiste et Social (Gironde · 2ᵉ circ.)
Ministère interrogé : Ministère auprès de la ministre du travail, de la santé, de la solidarité et des familles, chargé de la santé et de l’accès aux soins
Ministère attributaire : Ministère auprès de la ministre du travail, de la santé, de la solidarité et des familles, chargé de la santé et de l’accès aux soins
Rubrique : maladies
Date de la question :
Date de la réponse : 2025-05-07

Texte de la question

Texte de la question non publié dans la source.

Réponse ministérielle

LUTTE CONTRE LE CANCER


Mme la présidente . La parole est à M. Nicolas Thierry.

M. Nicolas Thierry . L'incidence des cancers a doublé en France entre 1990 et 2023, atteignant aujourd'hui 157 000 décès annuels. C'est le résultat, non seulement de la démographie, mais aussi de la hausse de certains facteurs de risque.

Face à ce constat alarmant, nous devons affronter une réalité : les causes comportementales – tabac, alcool, alimentation – ne suffisent pas à tout expliquer. Une variable reste sous-estimée : l'exposition environnementale – exposition professionnelle, perturbateurs endocriniens, pesticides, pollution de l'air, de l'eau et des sols. Ces facteurs pèsent lourd et doivent être pris en considération au même titre que les causes comportementales. Ils sont pourtant peu documentés.

Or pour comprendre ce phénomène d'exposition, il existe un outil efficace, reconnu par les scientifiques et déjà utilisé dans de nombreux pays : le registre national des cancers.

Aujourd'hui, nous ne disposons que de registres locaux, couvrant seulement 24 % de la population française. C'est insuffisant et incompréhensible. Les grandes agglomérations – Paris, Lyon ou Marseille – ne sont pas couvertes alors qu'elles concentrent certaines pollutions, notamment atmosphériques. Des régions industrielles échappent également à toute forme de registre. Nous laissons ainsi ces zones dans un angle mort.

Dans de telles conditions, impossible de repérer des clusters de manière exhaustive et d'analyser finement les liens entre pollution et maladies. C'est une faille dans notre politique de prévention.

Une proposition de loi visant à créer un tel registre a été adoptée à la quasi-unanimité au Sénat il y a deux ans mais n'a jamais trouvé de débouché à l'Assemblée. Elle est soutenue par de nombreux élus, des associations et des scientifiques, comme le montre la tribune publiée ce matin sur le site du journal Le Monde à l'initiative de l'association Jeune et rose.

L'attente est forte chez les associations de patients, dans la communauté scientifique mais aussi chez nombre de nos concitoyens. Quelle est la position du gouvernement ? Comptez-vous soutenir la création d'un registre national des cancers ? (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS.)

Mme la présidente . La parole est à M. le ministre chargé de la santé et de l’accès aux soins.

M. Yannick Neuder, ministre chargé de la santé et de l’accès aux soins . Vous l'avez dit, le cancer est un fléau qui touche toutes les familles. Nous devons donc faire feu de tout bois afin de faire reculer cette maladie en France.

Tout d'abord, il est possible d'éradiquer certains cancers. Je pense au cancer du col que l'on peut vaincre grâce à la vaccination contre le papillomavirus. Avec la ministre de l'éducation nationale, nous allons d'ailleurs relancer une campagne de vaccination destinée aux 11-14 ans.

Il faut ensuite favoriser l'accès au dépistage. Malheureusement, seul 50 % du public visé y a recours, qu'il s'agisse du cancer colorectal ou du cancer du sein. Nous nous interrogeons, comme d'autres pays européens, sur l'éventualité d'un abaissement de l'âge du dépistage, notamment s'agissant du cancer du sein.

Enfin nous travaillons avec la sénatrice Sonia de La Provoté et l'association Jeune et rose sur un projet de création d'un registre national. Je suis heureux de vous dire que je suis très favorable à un tel outil. Il permettra de se rendre compte du poids des causes multifactorielles des cancers, sachant qu'elles sont évitables, par exemple lorsqu'elles sont liées à un comportement – le tabac ou l'alcool, entre autres –,…

Mme Marie-Charlotte Garin . Et aux pesticides !

M. Yannick Neuder, ministre . …mais aussi de mesurer de nombreux paramètres comme la qualité de l'eau et de l'air ou les microparticules – notamment les pesticides. Nous avons donc besoin de ce type de registre pour pratiquer une médecine qui repose sur des preuves.

Contexte de séance — Questions au Gouvernement

Séance du 2025-05-07 (Première) — 11 questions posées dans cet ordre. Compte-rendu officiel ↗

  1. Situation à Gaza
    Mme Cyrielle Chatelain · M. François Bayrou, premier ministre, chargé de la planification écologique et énergétique · Mme Cyrielle Chatelain · M. François Bayrou, premier ministre
  2. Financement des transports
    Mme Blandine Brocard · M. Philippe Tabarot, ministre chargé des transports
  3. Enseignement des langues régionales
    M. Paul Molac · M. Philippe Baptiste, ministre chargé de l’enseignement supérieur et de la recherche · M. Paul Molac
  4. Grève à la SNCF
    M. Jean-Michel Brard · M. Philippe Tabarot, ministre chargé des transports
  5. Industrie du verre
    M. Julien Brugerolles · M. Marc Ferracci, ministre chargé de l’industrie et de l’énergie
  6. Relations diplomatiques avec la Syrie
    M. Marc Chavent · M. Benjamin Haddad, ministre délégué chargé de l’Europe · M. Marc Chavent
  7. Lutte contre l’islam radical
    M. Théo Bernhardt · M. François-Noël Buffet, ministre auprès du ministre d’État, ministre de l’intérieur · M. Théo Bernhardt
  8. Détention de Cécile Kohler et Jacques Paris en Iran
    M. Éric Bothorel · M. Benjamin Haddad, ministre délégué chargé de l’Europe
  9. ArcelorMittal
    M. Laurent Alexandre · M. Marc Ferracci, ministre chargé de l’industrie et de l’énergie
  10. Budget de l’écologie
    Mme Chantal Jourdan · Mme Agnès Pannier-Runacher, ministre de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche · Mme Chantal Jourdan
  11. Résolution demandant la libération de Boualem Sansal
    Mme Sylvie Bonnet · M. Benjamin Haddad, ministre délégué chargé de l’Europe
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Les grandes agglomérations – Paris, Lyon ou Marseille – ne sont pas couvertes alors qu'elles concentrent certaines pollutions, notamment atmosphériques. Des régions industrielles échappent également à toute forme de registre. Nous laissons ainsi ces zones dans un angle mort.<br><br>Dans de telles conditions, impossible de repérer des clusters de manière exhaustive et d'analyser finement les liens entre pollution et maladies. C'est une faille dans notre politique de prévention.<br><br>Une proposition de loi visant à créer un tel registre a été adoptée à la quasi-unanimité au Sénat il y a deux ans mais n'a jamais trouvé de débouché à l'Assemblée. Elle est soutenue par de nombreux élus, des associations et des scientifiques, comme le montre la tribune publiée ce matin sur le site du journal <i>Le Monde</i> à l'initiative de l'association Jeune et rose.<br><br>L'attente est forte chez les associations de patients, dans la communauté scientifique mais aussi chez nombre de nos concitoyens. 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Malheureusement, seul 50 % du public visé y a recours, qu'il s'agisse du cancer colorectal ou du cancer du sein. Nous nous interrogeons, comme d'autres pays européens, sur l'éventualité d'un abaissement de l'âge du dépistage, notamment s'agissant du cancer du sein.<br><br>Enfin nous travaillons avec la sénatrice Sonia de La Provoté et l'association Jeune et rose sur un projet de création d'un registre national. Je suis heureux de vous dire que je suis très favorable à un tel outil. Il permettra de se rendre compte du poids des causes multifactorielles des cancers, sachant qu'elles sont évitables, par exemple lorsqu'elles sont liées à un comportement – le tabac ou l'alcool, entre autres –,…<br><br><strong>Mme Marie-Charlotte Garin .</strong> Et aux pesticides !<br><br><strong>M. Yannick Neuder,</strong><i> ministre . </i>…mais aussi de mesurer de nombreux paramètres comme la qualité de l'eau et de l'air ou les microparticules – notamment les pesticides. 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