Hachette et Driout : demande d'audit financier de la gestion d'ACI Groupe
Auteur :
Laurence Robert-Dehault
— Rassemblement National
(Haute-Marne · 2ᵉ circ.)
Ministère interrogé : Ministère de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique
Ministère attributaire : Ministère délégué auprès du ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique, chargé de l'industrie
Rubrique : industrie
Date de la question : 2025-10-21
Date de la réponse : 2026-06-09
(231 jours)
Texte de la question
Mme Laurence Robert-Dehault attire l'attention de M. le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique sur la situation préoccupante des Fonderies Hachette et Driout de Saint-Dizier. Créée en 1868, cette entreprise, autrefois fleuron industriel de la Haute-Marne, est aujourd'hui menacée de disparition. Placée en redressement judiciaire en décembre 2024, elle a été reprise le 25 février 2025 par la société Alliance de Compétences Industrielles (ACI Groupe) pour la somme de 200 000 euros, avec pour contrepartie l'obligation d'apporter 3,5 millions d'euros destinés à couvrir le passif des commandes et les paiements urgents des fournisseurs. À ce jour, il n'est pas établi qu'ACI Groupe ait satisfait à cette obligation. En outre, au 14 octobre 2025, la direction des Fonderies indique que l'entreprise enregistre plus de trois millions d'euros de commandes, qu'elle ne peut honorer faute de trésorerie. Sept mois après le rachat, une soixantaine de salariés se trouvent ainsi placés en situation de chômage partiel. Les conditions dans lesquelles s'est déroulée la reprise des Fonderies par ACI Groupe interrogent. Les similitudes avec le sort de l'entreprise Reims Aerospace sont, à cet égard, troublantes. Rachetée en 2021 par ACI Groupe, qui avait perçu quatre millions d'euros pour redresser l'entreprise, Reims Aerospace a été liquidée par le tribunal de commerce le 24 novembre 2024, alors qu'elle n'était en redressement que depuis quelques semaines. Le 21 janvier 2025, par une question écrite n° 3304, M. Maxime Michelet, député de la Marne, a déjà interrogé le prédécesseur de M. le ministre sur l'opportunité de procéder à un audit financier indépendant de la gestion et de la stratégie d'ACI Groupe. Cette question demeure à ce jour sans réponse. Aussi, elle souhaite réitérer cette demande et l'interroge pour savoir s'il entend diligenter un audit financier indépendant portant sur la gestion et la stratégie du groupe ACI, au regard des difficultés rencontrées par plusieurs entreprises industrielles placées sous son contrôle, dont les Fonderies Hachette et Driout.
Réponse ministérielle
La holding de tête du groupe ACI, fournisseur de premier rang sur plusieurs filières stratégiques telles que l'énergie, la défense et l'aéronautique a été placée en redressement judiciaire le jeudi 25 septembre 2025 par le tribunal des activités économiques de Lyon. Par la suite, les filiales du groupe ont progressivement été placées en procédure collective et le cas échéant cédées ou placées en liquidation judiciaire.Durant ce processus, les services de l'État ont notamment été vigilants à ce que les entités du groupe opérant dans des secteurs considérés comme critiques (TCEM, Lorentz, MDV, AS MECA, MCA, LBY MECA, Hachette&Driout etc.) puissent trouver un repreneur et poursuivre leur activité, ce qui a effectivement été le cas pour chacune de ces entités. Au terme de ce processus, la holding ACI a été liquidée le 10 mars 2026 et le groupe ACI n'existe donc plus. Concernant spécifiquement la société Hachette&Driout (Haute-Marne), active dans la fonderie et la chaudronnerie et critique pour le secteur de l'énergie, celle-ci a été reprise le 24 février 2026 par le groupe britannique Paralloy. De même, la société Enerflux (Loir-et-Cher), active dans le secteur automobile, a aussi été reprise par la société SIRIUS active dans le secteur spatial à l'issue d'une audience tenue le 5 mai 2026. Ces deux exemples illustrent l'attention portée par les services de l'Etat au maintien de la continuité des activités du groupe ACI dans des secteurs souverains. Durant ce processus, les services de l'État ont aussi été attentifs à ce que l'emploi industriel soit préservé au maximum. Au total, près de 770 emplois ont ainsi pu être maintenus dans le cadre de la reprise de sociétés du groupe.
Données brutes (debug)
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