Agressions - lutte contre l'homophobie
Auteur :
Matthieu Marchio
— Rassemblement National
(Nord · 16ᵉ circ.)
Ministère interrogé : Ministère de l'intérieur
Ministère attributaire : Ministère de l'intérieur
Rubrique : discriminations
Date de la question : 2025-12-09
Date de la réponse : 2026-06-23
(196 jours)
Texte de la question
M. Matthieu Marchio alerte M. le ministre de l'intérieur sur la hausse profondément inquiétante des agressions visant les personnes LGBT+, phénomène qui constitue une régression grave après des décennies de lutte pour l'égalité. Selon les chiffres du ministère de l'intérieur, les infractions anti-LGBT+ ont continué d'augmenter en 2024, dépassant 4 800 actes, dont près des deux tiers relèvent de crimes ou délits, avec une hausse continue des violences physiques et des menaces. À cela s'ajoute, selon les associations spécialisées, une parole haineuse qui se banalise dans l'espace public et libère, chez certains, un passage à l'acte de plus en plus brutal. Ces chiffres traduisent une montée continue et profondément préoccupante de la haine ciblée, qui touche des populations déjà fragilisées. Alors que la France s'enorgueillit d'un héritage de tolérance et d'égalité, le pays voit ressurgir des comportements que l'on croyait appartenir au passé. Pour les personnes LGBT+, chaque déplacement dans l'espace public, chaque trajet en transport, chaque sortie nocturne peut aujourd'hui représenter un risque. Cette réalité insupportable témoigne d'un affaissement de l'autorité de l'État et d'un net recul de la sécurité quotidienne. Il est d'autant plus indispensable d'agir que ces violences ne relèvent pas d'actes isolés mais d'un climat général qui s'installe, nourri par l'impunité et par l'incapacité du Gouvernement à garantir la protection de tous. Les victimes, déjà exposées, doivent encore affronter des parcours administratifs décourageants, des classements sans suite trop fréquents et une faible visibilité des réponses pénales réellement apportées. Aussi souhaite-t-il interroger le ministre sur plusieurs points. Il lui demande quels moyens supplémentaires le Gouvernement compte mobiliser pour assurer une protection effective et permanente des personnes LGBT+, tant dans l'espace public que dans les transports et aux abords des lieux de sociabilité. Il voudrait aussi savoir s'il peut publier des données détaillées, récentes et transparentes sur le profil sociologique et la nationalité des auteurs de violences LGBTphobes, afin que la représentation nationale puisse disposer d'une vision claire et complète du phénomène. Il aimerait connaître les mesures concrètes qui seront prises pour garantir que toute agression LGBTphobe entraîne une réponse policière immédiate, une procédure judiciaire systématique et une sanction pénale dissuasive. Enfin, il demande quelles actions le Gouvernement va mettre en place pour lutter contre la banalisation de la haine et renforcer l'éducation au respect, qui demeure aujourd'hui gravement insuffisante. Il rappelle que la France ne peut accepter que, faute de sécurité et de volonté politique, des citoyens soient à nouveau contraints d'adapter leur mode de vie, leurs déplacements ou même leur apparence par crainte d'être agressés. Ce renoncement serait indigne de la République.
Réponse ministérielle
Face aux violences, quelles qu'elles soient, la police nationale et la gendarmerie nationale agissent. Les forces de police et de gendarmerie sont en première ligne pour lutter contre les discriminations et les violences physiques, dont celles commises à raison de l'orientation sexuelle. Au cours des dernières années, les plans nationaux successifs de mobilisation contre les discriminations anti-LGBT ont, en particulier, conduit la police nationale et la gendarmerie nationale à adopter nombre de mesures pour améliorer la prise en charge des personnes LGBT. Dans la lutte contre les infractions pénales commises contre les personnes à raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre, la police et la gendarmerie nationales déploient plusieurs dispositifs pour assurer un accueil, une prise en charge et un accompagnement adaptés, ainsi qu'une répression efficace de ces infractions. À titre d'exemple, les référents départementaux et locaux « aide aux victimes » des services déconcentrés de la direction générale de la police nationale ont été désignés depuis 2021 « référents LGBT ». Ces référents LGBT sont chargés, notamment, de développer le partenariat avec les associations LGBT et sont les contacts privilégiés des victimes. Tous les policiers sont formés, dans le cadre de leur formation initiale, à la lutte contre les discriminations fondées sur les orientations sexuelles et aux violences contre les personnes LGBT. De même, les gendarmes bénéficient d'actions de sensibilisation tant en formation initiale (par le réseau des référents égalité diversité et en lien avec des associations d'aide aux victimes) qu'en formation continue avec des actions de sensibilisation au sein des unités. Poursuivant les directives du ministre de l'intérieur en date du 16 mai 2023 relatives à la lutte contre les LGBTphobies, plus de 33 000 militaires de la gendarmerie ont été sensibilisés à la lutte contre les crimes de haine, incluant la lutte contre les violences anti-LGBTQIA+. Par ailleurs, des interventions de l'inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) sont régulièrement conduites en interne afin d'éclairer les cadres et dirigeants de la gendarmerie sur la prévention des atteintes LGBT. Plusieurs plates-formes et téléservices sont également au service des victimes, LGBT notamment. La plate-forme numérique de signalement des atteintes aux personnes et d'accompagnement des victimes (PNAV), disponible notamment sur l'application Masécurité.fr, est à la disposition des victimes de discriminations et de toute forme de haine. La plateforme d'harmonisation, d'analyse, de recoupement et d'orientation des signalements (PHAROS) de l'office anti-cybercriminalité de la direction nationale de la police judiciaire permet également de signaler des contenus haineux, y compris pour des motifs liés à l'orientation sexuelle ou au genre. En outre, afin d'accompagner les policiers et les gendarmes, l'OCLCH a créé une application baptisée « NEOHAINE », accessible sur les portables NEO, destinée à faciliter l'identification de ces infractions et l'action des forces de l'ordre sur le terrain. Aussi, pour assurer une prise en compte des faits au niveau le plus adapté, en août 2020, la gendarmerie a créé au sein de l'office central de lutte contre les crimes contre l'humanité et les crimes de haine (OCLCH), la division de lutte contre les crimes de haine. Cette division est notamment chargée de traiter et/ou de coordonner les enquêtes pénales sur les crimes et délits complexes à caractère raciste, xénophobe, anti-religieux ou commis à raison de l'orientation sexuelle, du sexe ou de l'identité de genre de la victime. Elle est désormais intégrée au sein de l'unité nationale de police judiciaire de la gendarmerie nationale (UNPJ). Pour ce qui concerne le ministère de l'intérieur, des données statistiques sont disponibles sur le site internet Interstats du service statistique ministériel de la sécurité intérieure, qui a par exemple publié le 13 mai 2026 un Info Rapide sur les infractions anti-LGBT.
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Tous les policiers sont formés, dans le cadre de leur formation initiale, à la lutte contre les discriminations fondées sur les orientations sexuelles et aux violences contre les personnes LGBT. De même, les gendarmes bénéficient d'actions de sensibilisation tant en formation initiale (par le réseau des référents égalité diversité et en lien avec des associations d'aide aux victimes) qu'en formation continue avec des actions de sensibilisation au sein des unités. Poursuivant les directives du ministre de l'intérieur en date du 16 mai 2023 relatives à la lutte contre les LGBTphobies, plus de 33 000 militaires de la gendarmerie ont été sensibilisés à la lutte contre les crimes de haine, incluant la lutte contre les violences anti-LGBTQIA+. Par ailleurs, des interventions de l'inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) sont régulièrement conduites en interne afin d'éclairer les cadres et dirigeants de la gendarmerie sur la prévention des atteintes LGBT. 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