577députés 17ᵉ législature

Question écrite n° 11580 Réponse publiée Source officielle ↗

Livraisons de colis : perte de parts de marché de La Poste

Auteur : Hélène Laporte — Rassemblement National (Lot-et-Garonne · 2ᵉ circ.)
Ministère interrogé : Ministère de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique
Ministère attributaire : Ministère de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique
Rubrique : postes
Date de la question : 2025-12-09
Date de la réponse : 2026-07-21 (224 jours)

Texte de la question

Mme Hélène Laporte attire l'attention de M. le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique sur l'inquiétante perte de parts de marché de La Poste dans le secteur stratégique de la livraison de petits colis. Depuis plusieurs mois, de nouveaux logisticiens chinois, souvent adossés à des plateformes de e-commerce, prennent une place croissante sur le marché français grâce à des tarifs extrêmement bas, des régimes douaniers avantageux et des pratiques d'optimisation qui créent une distorsion de concurrence manifeste au détriment des opérateurs nationaux. Ces entreprises bénéficient notamment de coûts d'acheminement très faibles via l'Union postale universelle, d'exonérations liées à l'importation de colis de faible valeur, ainsi que de volumes massifs leur permettant d'imposer des conditions tarifaires inaccessibles aux acteurs français. Cette situation fragilise directement La Poste, dont l'activité colis représente un pilier essentiel de son équilibre économique et de sa présence dans les territoires. À terme, ce désavantage concurrentiel pourrait menacer le financement du service universel postal et accélérer la disparition de bureaux et d'emplois, notamment en zone rurale. Elle lui demande donc quelles mesures le Gouvernement entend prendre pour garantir des conditions de concurrence équitables entre La Poste et les opérateurs logistiques extra-européens ; contrôler et, le cas échéant, réviser les régimes douaniers et postaux permettant à ces acteurs étrangers de contourner les coûts réels d'acheminement ; enfin, protéger le modèle économique de La Poste, indispensable à l'aménagement du territoire et au maintien du service public postal.

Réponse ministérielle

En tant qu'opérateur postal et logistique intervenant dans un marché concurrentiel, le groupe La Poste propose ses services de distribution à l'ensemble des acteurs du commerce électronique, quels que soient leur taille ou leur origine, dans le respect du principe d'égalité d'accès à ses services et de ses conditions générales de vente. L'ensemble des produits commercialisés en France doit respecter les règles européennes et nationales en matière de sécurité des produits, de conformité aux normes techniques, de protection des consommateurs, de fiscalité et de protection des données. À ce titre, les autorités françaises exercent un contrôle attentif sur les plateformes de commerce en ligne. Des enquêtes menées par la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) ont notamment conduit à prononcer à l'encontre de la plateforme Shein deux amendes administratives pour un montant total de 41 millions d'euros pour pratiques commerciales trompeuses. Par ailleurs, la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) a prononcé en 2025 une sanction de 150 millions d'euros pour manquements aux règles applicables en matière de traceurs numériques. Au-delà des actions de contrôle, le Gouvernement agit pour adapter le cadre de régulation à l'essor du commerce électronique international. La proposition de loi visant à réduire l'impact environnemental de l'industrie textile, dite « proposition de loi fast fashion », adoptée par les deux assemblées prévoit notamment de mieux encadrer certaines pratiques commerciales associées à la mode ultra-express et de renforcer l'information des consommateurs. Par ailleurs, afin de mieux prendre en compte l'augmentation rapide des flux de petits colis issus du commerce électronique transfrontalier, le Gouvernement a proposé l'instauration d'une contribution spécifique sur les petits colis importés de pays tiers d'une valeur inférieure à 150 euros, inscrite dans le projet de loi de finances pour 2026. Cette mesure vise à mieux couvrir les coûts de traitement et de contrôle supportés par l'administration douanière et à contribuer à rééquilibrer les conditions de concurrence entre les acteurs économiques. L'action de la France s'inscrit également au niveau européen, qui constitue l'échelon déterminant pour traiter les déséquilibres structurels liés au commerce électronique transfrontalier. La réforme du code des douanes de l'Union prévoit notamment la suppression de l'exemption actuelle de droits de douane pour les envois d'une valeur inférieure à 150 euros ainsi que l'introduction de nouveaux mécanismes visant à renforcer la traçabilité des flux et la responsabilité des plateformes. L'ensemble de ces actions vise à garantir le respect des règles applicables sur le marché européen, à préserver des conditions de concurrence équitables entre les acteurs économiques et à soutenir.
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