577députés 17ᵉ législature

Question écrite n° 12563 Réponse publiée Source officielle ↗

Agressions antisémites : mettons fin à l'ensauvagement

Auteur : Yaël Ménaché — Rassemblement National (Somme · 5ᵉ circ.)
Ministère interrogé : Ministère de l'intérieur
Ministère attributaire : Ministère de l'intérieur
Rubrique : discriminations
Date de la question : 2026-02-03
Date de la réponse : 2026-09-22 (231 jours)

Texte de la question

Mme Yaël Ménaché attire l'attention de M. le ministre de l'intérieur sur la recrudescence d'agressions antisémites d'une violence croissante, notamment dans les transports en commun et sur le sentiment d'impunité qui en résulte pour les victimes. Le 14 janvier 2026, un homme a été violemment pris à partie sur la ligne 7 du métro parisien, à la station Gare de l'Est, roué de coups et insulté aux cris de « sale juif », alors qu'il ne portait aucun signe distinctif et ne connaissait pas son agresseur, lequel a pris la fuite. Cet épisode s'inscrit dans un contexte national durablement dégradé, où les chiffres officiels demeurent à un niveau très élevé depuis le 7 octobre 2023, avec une part croissante de faits violents. Dans ces conditions, elle lui demande quelles mesures immédiates et concrètes le Gouvernement entend prendre pour sécuriser les réseaux de transport (métro, RER, gares) face aux agressions à caractère antisémite, notamment en matière de présence policière visible et en civil, d'exploitation accélérée de la vidéoprotection, d'interpellation rapide des auteurs. Elle lui demande également comment il compte garantir la systématisation de la qualification antisémite (circonstance aggravante) dès le dépôt de plainte, ainsi que la fermeté des réponses pénales, afin d'enrayer la banalisation des insultes et violences antijuives dans l'espace public et de rétablir la sécurité la plus élémentaire pour les concitoyens.

Réponse ministérielle

Les forces de sécurité intérieure attachent une grande importance à la sécurisation des transports en commun. Tout au long de l'année, des opérations coordonnées de contrôle, fréquemment interdépartementales, sont mises en œuvre entre les forces de l'ordre et les agents des services de sécurité dans l'ensemble du territoire national, en gare comme « en embarqué ». Ainsi, la gendarmerie nationale renforce la surveillance des transports en commun sur sa zone de compétence, avec plus de 300 000 heures de sécurisation réalisées dans les transports en commun en 2025. Par ailleurs, plus de 2 000 policiers concourent de manière spécifique à la lutte contre la délinquance dans les transports en commun, au sein des services interdépartementaux de sécurisation des transports en commun et des brigades départementales de sécurisation des transports en commun. Ces unités spécialisées des services territoriaux de la filière « sécurité publique » ont réalisé environ 150 000 opérations dans les transports en commun en 2025. Les services de la direction nationale de la police aux frontières et notamment sa division nationale de contrôle des transports internationaux sont par ailleurs mobilisés pour assurer la sécurisation sur les lignes internationales.  En Île-de-France, plus particulièrement, environ 300 policiers de la sous-direction de la police régionale des transports sont engagés chaque jour sur le réseau de transports publics. Entre 500 et 600 trains sont sécurisés et près de 500 opérations sont conduites à quai, en gare ou en station. En 2025, 539 interpellations ont été réalisées pour des violences commises sur des particuliers. L'efficacité de l'action des services de police est illustrée par le traitement des faits survenus le 13 janvier 2026. Un usager de 53 ans a été victime d'une agression physique et d'insultes antisémites dans une rame de métro, entre les stations Louis Blanc et Gare de l'Est, puis sur le quai de cette dernière station. Grâce à la réactivité des policiers, l'auteur a été interpellé deux jours après les faits. Ces faits rappellent l'importance de la lutte contre l'antisémitisme. L'évolution du nombre d'actes antisémites est en effet préoccupante : de 522 actes antisémites commis annuellement, en moyenne, entre 2010 et 2022, ce volume a atteint 1 676 faits en 2023, dont 1 242 faits à partir du 7 octobre ; 1 320 faits étaient constatés en 2025, dont près de la moitié en Île-de-France. Cette augmentation se manifeste également dans les transports en commun franciliens. Alors que 7 faits avaient été recensés entre le 1er janvier 2021 et le 7 octobre 2023, 40 actes ont été constatés sur la période allant du 7 octobre 2023 au 31 janvier 2026. Les services de l'Etat et les forces de sécurité intérieure sont résolument engagés pour faire reculer toutes les formes d'antisémitisme. Les préfets ont déployé des mesures de sécurisation d'envergure visant à protéger les lieux de culte, les établissements scolaires et les institutions sensibles. Ces dispositifs s'appuient sur des patrouilles dynamiques de l'opération Sentinelle et des forces locales, complétées par des gardes statiques sur les sites les plus exposés. La police nationale et la gendarmerie nationale mobilisent en outre un réseau de 200 référents-sûreté pour apporter leur expertise aux responsables locaux des cultes. Le ministère de l'Intérieur a lancé, en mars 2025, un module de sensibilisation à destination des responsables religieux. Ces sessions sont animées localement par les forces de sécurité intérieure. 224 sessions ont été réalisées en 2025 au bénéfice de 1 694 représentants et responsables de cultes. Depuis 2015, l'Etat s'engage financièrement pour protéger les lieux de culte à travers le programme de sécurisation des sites cultuels. Le programme fait l'objet d'un appel à projet annuel diffusé par les préfectures. En 10 ans, l'Etat a alloué près de 48 millions d'euros pour soutenir la protection de lieux de culte à travers ce programme. En 2025, 89 projets ont été financés pour un montant total de 3,7 millions d'euros.
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