Santé mentale des Français : cartographie, hiérarchisation et traitement
Auteur :
Alexandre Allegret-Pilot
— Union des droites pour la République
(Gard · 5ᵉ circ.)
Ministère interrogé : Ministère de la santé et de l’accès aux soins
Ministère attributaire : Ministère de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées
Rubrique : maladies
Date de la question : 2024-10-22
Date de la réponse : 2026-03-10
(504 jours)
Texte de la question
M. Alexandre Allegret-Pilot interroge Mme la ministre de la santé et de l'accès aux soins sur la hausse de la consommation d'antidépresseurs chez les jeunes. Cette dernière a en effet a bondi de 60 % chez les 12-25 ans entre 2019 et 2023, d'après un rapport publié durant l'été par l'Assurance-maladie (rapport annuel « Charges et Produits pour 2025 »). Les problèmes de santé mentale touchent 1 Français sur 5 et particulièrement des jeunes. En 2023, près de 936 000 jeunes ont été remboursés au moins une fois pour un médicament psychotrope. C'est 5 % de plus qu'en 2022 et 18 % de plus qu'en 2019, soit 144 000 jeunes supplémentaires. Par ailleurs, les filles et les jeunes femmes représentent 62 % des 12-25 ans ayant consommé des psychotropes. Dans l'ensemble, des différences substantielles peuvent être relevées en fonction du sexe, de l'âge ou encore de la sensibilité politique des personnes concernées. La médicalisation excessive, constatée de longue date en France, est par ailleurs porteuse d'effets délétères importants, notamment à long terme. Cette situation alarmante soulève des interrogations quant à ses causes profondes (biologiques, sociales, économiques, environnementales et politiques). L'environnement économique incertain, l'usage excessif des réseaux sociaux, les crises successives (notamment celle de la covid-19) et l'anxiété associée à un cataclysme climatique anticipé ont certainement un effet important. L'éclatement des structures familiales, la perte de repères collectifs ambitieux et positifs ainsi que la large diffusion d'idéologies victimaires, prônant la « déconstruction » plutôt que la construction, ne sont pas sans conséquences : le doute, l'anxiété et le sentiment d'impuissance semblent avoir largement remplacé la confiance, la sérénité et la réalisation dans l'action. L'assurance maladie a par ailleurs appelé de ses vœux une « conférence de consensus », pour s'accorder sur les pistes d'analyse et les réponses à apporter. Face à ce constat, il lui demande quelles mesures urgentes le Gouvernement envisage de prendre pour cartographier, hiérarchiser et traiter les causes de cette urgence sociale et sanitaire. Le projet collectif que la Nation propose à ses jeunes doit être au niveau de l'enjeu que représente cette grande cause nationale pour la France.
Réponse ministérielle
La crise du COVID-19 a mis en exergue voire accentué les problématiques de santé mentale des Français, notamment chez les plus jeunes : hausse des passages aux urgences pour idéations et troubles suicidaires, hausse du nombre de cas plus sévères se présentant dans les services de pédopsychiatrie mais aussi dans les maisons des adolescents, hausse des états dépressifs, etc. Le contexte de la crise sanitaire a aussi mis en lumière les difficultés que connaît la pédopsychiatrie depuis plusieurs années. Les établissements de santé peinent à répondre à la hausse des demandes de soins en psychiatrie, les délais d'accès aux soins sont importants. De plus, des inégalités démographiques persistent, certains territoires étant dépourvus de personnel, notamment de pédopsychiatres. Afin de répondre à ces problématiques, la santé mentale a été érigée en grande cause nationale 2025 et la santé mentale des enfants et des jeunes en est l'un des axes forts. L'objectif est de capitaliser aussi sur tous les travaux menés depuis 2018 (feuille de route santé mentale et psychiatrie, enrichie des mesures des Assises de la santé mentale et de la psychiatrie de septembre 2021 et des Assises de la pédiatrie et de la santé de l'enfant de mai 2024 et plus récemment des Assises de la santé scolaire). Dans le cadre de la grande cause nationale, le ministère de la santé et de l'accès aux soins a réaffirmé son engagement pour la santé mentale des jeunes, au travers notamment du plan psychiatrie présenté le 11 juin 2025, à l'occasion du comité stratégique de la feuille de route santé mentale et psychiatrie. Ce plan, qui s'articule autour de trois axes et 26 mesures, a pour ambition de mieux repérer, mieux soigner et mieux accompagner afin de ne plus laisser la souffrance psychique sans réponse. Au-delà de l'hôpital, ce plan implique l'école, les médecins généralistes, les centres médico-psychologiques et les soignants du quotidien. La détection précoce des troubles psychiques est au cœur du plan. Les jeunes notamment émettent souvent des signes de mal-être insuffisamment repérés et plusieurs mesures seront prises pour permettre un repérage et une prise en charge précoce. Par ailleurs, le plan veut faire de la psychiatrie une offre de soins lisible, graduée et accessible, pour tous les publics. Enfin, le plan entend répondre à la crise structurelle de la psychiatrie publique en revoyant la formation, le recrutement et la coordination des acteurs. L'ensemble des directions d'administration concernées, coordonnées par la délégation ministérielle à la santé mentale et à la psychiatrie, travaille dès à présent à la mise en œuvre de ce plan ambitieux.
Données brutes (debug)
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