Épuisement des stocks de missiles français
Auteur :
Marie-France Lorho
— Rassemblement National
(Vaucluse · 4ᵉ circ.)
Ministère interrogé : Ministère des armées et des anciens combattants
Ministère attributaire : Ministère des armées et des anciens combattants
Rubrique : défense
Date de la question : 2026-04-21
Date de la réponse : 2026-08-04
(105 jours)
Texte de la question
Mme Marie-France Lorho attire l'attention de Mme la ministre des armées et des anciens combattants sur l'épuisement des stocks de missiles français à la faveur des différents conflits mondiaux. À l'occasion des offensives menées par les États-Unis d'Amérique et Israël, la France a tenu à apporter son soutien aux Émirats arabes unis et a contribué à intercepter les drones et missiles iraniens au-dessus de son ciel. Ce sont ainsi 900 militaires et civils qui ont été déployés sur trois bases émiraties. Pour faire face aux offensives de l'Iran contre les Émirats arabes unis, la France a lancé plusieurs missiles MICA (dont le coût atteint, a minima, 600 000 euros) contre des drones iraniens Shahed (dont le coût est estimé à 3 500 euros environ). En plus de sa dimension coûteuse, cette confrontation soulève le problème de l'épuisement du stock des missiles MICA, en dépit d'une progression de la production de mission de 33 % en 2024 par rapport à 2023. Elle lui demande quels palliatifs aux missiles le Gouvernement prévoit d'employer face aux drones. Elle lui demande quelles dispositions il entend prendre pour que la France puisse mettre en œuvre une politique drastique de production et de stocks de telles armes de manière à ne pas épuiser les fonds français et prévoir, en cas de prochains conflits concernant directement la nation, de bénéficier d'armes en nombre suffisant.
Réponse ministérielle
Dès le déclenchement de la crise au Proche-Orient le 28 février 2026, la France s'est mobilisée afin d'assurer le soutien et la défense de ses alliés. Pour faire face à l'évolution de la menace et à l'emploi massif de munitions téléopérées (MTO) de type Shahed, le ministère des armées et des anciens combattants a mis en œuvre un plan en trois temps pour mettre à la disposition des forces des moyens de lutte anti-drones complémentaires aux moyens de défense sol air en dotation et adaptés à l'interception de menaces du bas du spectre. S'appuyant sur les centres experts référents, créés en 2025, la direction générale de l'armement (DGA) a accéléré le développement de capacités afin de les déployer sur le théâtre des opérations dès les premières semaines du conflit. A très court terme (1 à 3 mois), le centre expert référent de la lutte anti-drone (CeRLAD), adossé à DGA essais de missiles, a confirmé la capacité du Tigre à neutraliser les menaces drone de type Shahed avec son canon de 30 mm et l'a recommandée aux armées comme moyen économique de lutte anti-drones. DGA essais en vol et le CeRLAD ont par ailleurs testé avec succès l'intégration du missile air-air Mistral 3 sur le Tigre, augmentant ses capacités d'interception. Par ailleurs une amélioration de la conduire de tir canon du Rafale a été faite. La DGA a également piloté, avec l'appui des forces et de l'industrie, une « urgence opération » sur les intercepteurs de drones. Depuis la première campagne d'essais conduite dès la fin mars 2026, quatre autres campagnes se sont tenues afin d'accélérer l'émergence de solutions efficaces pour intercepter des MTO Shahed. Ces travaux, qui se poursuivent, ont permis une amélioration nette des performances des intercepteurs testés, ainsi que des acquisitions de systèmes dont la livraison est prévue dès l'été 2026. La présence des opérationnels pendant ces essais a permis de les familiariser au plus tôt avec les systèmes et les industriels ont pu prendre en compte en cycle court leur retour immédiat. A court terme (3 à 6 mois), la DGA a accéléré l'intégration des roquettes guidées laser sur Tigre et Rafale, lancée en « urgence opération » avant la crise. Les premiers tirs d'essais sont prévus fin juin 2026. A plus long terme (moins d'un an), l'agence de l'innovation de défense, en lien avec la DGA, a lancé le partenariat d'innovation ELISA. L'accord cadre issu de ce partenariat permettra de commander des systèmes répondant aux menaces de type Shahed actuelles à la fin de l'année 2026 puis des Shahed véloces, pour l'année 2027. Les industries de défense sont aussi mobilisées pour accentuer les efforts de réarmement. De nouveaux leviers d'accélération pour la reconstitution et l'augmentation des stocks de missiles et munitions sont identifiés, notamment la priorisation des chaines de sous-traitance, l'initiative France Munition ou encore l'augmentation des cadences de production. Ces actions viennent consolider et accélérer celles engagées depuis 2022 dans le cadre du réarmement. La production de missiles MISTRAL a été multipliée par quatre, celle des armements air-sol modulaires (AASM) par deux et celle des missiles moyenne-portée (MMP) par 2,5. Les délais de production des missiles ASTER et MICA ont été réduits. Le ministère des armées et des anciens combattants est plus que jamais mobilisé pour mettre à la disposition des forces des armements diversifiés, permettant de couvrir la totalité du spectre, du drone first person view à très bas coût jusqu'au missile balistique.
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