Situation des aidants en France
Auteur :
Emmanuel Mandon
— Les Démocrates
(Loire · 3ᵉ circ.)
Ministère interrogé : Ministère de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées
Ministère attributaire : Ministère délégué auprès de la ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées, chargé de l’autonomie et des personnes handicapées
Rubrique : dépendance
Date de la question : 2026-05-19
Date de la réponse : 2026-08-04
(77 jours)
Texte de la question
M. Emmanuel Mandon attire l'attention de Mme la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées sur la situation des aidants, ces quelque 11 millions de personnes qui assistent bénévolement un parent, un enfant, un conjoint ou un proche en situation de fragilité ou de handicap. Leur action, bénévole, constante et discrète, se déploie parallèlement à leur vie professionnelle ou personnelle. La deuxième stratégie nationale « Agir pour les aidants (2023-2027) », lancée en octobre 2023, a prévu, outre diverses mesures de simplification de démarches administratives, la création d'instances de soutien telles que les plates-formes de répits familiaux, les maisons des aidants et le service public départemental de l'autonomie. Appelé à évaluer les conditions de mise en œuvre de ce plan via la convention d'objectifs et de gestion pour 2025, le conseil scientifique de la caisse nationale de solidarité pour l'autonomie a publié un avis dans lequel il constate que l'offre présentée dans le cadre de ce plan est hétérogène, à géométrie variable et ne couvre pas l'ensemble des besoins des aidants. En dépit des bonnes intentions manifestées par la stratégie de 2023, les acteurs impliqués dans le domaine qu'elle touche, qu'il s'agisse des aidants eux-mêmes, de leurs associations et fédérations ou des caisses d'allocations familiales, déplorent unanimement un déficit d'informations et d'orientation, la lourdeur et la complexité des démarches administratives, voire même la stigmatisation de la situation de l'aidant. De surcroît, les aidants estiment insuffisante l'aide procurée par l'allocation journalière du proche aidant (66,84 euros par jour maximum sur 22 jours par mois). Les places de répit, les dispositifs de soutien à domicile et les lieux de ressources de proximité demeurent en nombre insuffisant. Dans son département de la Loire, deux plateformes d'accompagnement et de répit PCI-Rive de Gier et ALOESS-Chambon Feugerolles et le guichet unique de Saint-Etienne soulignent avec raison le caractère primordial de l'information des aidants. Elles proposent, en conséquence, que l'aidant soit identifié dès l'étape de l'annonce du diagnostic de l'aidé ou lors de l'annonce du parcours de l'aidant dans la prise en charge, au même titre que la personne de confiance mais avec des aides concrètes selon les besoins et les situations. Il lui demande quelle appréciation elle porte sur cette proposition et plus généralement sur les mesures qu'elle compte prendre ou développer afin de répondre aux difficultés précédemment évoquées dans un contexte démographique et sociologique qui ne peut qu'accroître la pression sur les proches aidants.
Réponse ministérielle
En France, plus de 7 millions de personnes soutiennent un proche en situation de handicap, en perte d'autonomie ou avec une maladie chronique ou invalidante. Avec le vieillissement de la population, le virage domiciliaire et l'enjeu d'une société pleinement inclusive des personnes en situation de handicap, les proches aidants sont de plus en plus nombreux et sollicités. Or, l'engagement des aidants a des impacts importants dans tous les domaines de leur vie. C'est pourquoi, la stratégie nationale « Agir pour les aidants » 2023-2027 prévoit un certain nombre de mesures visant à améliorer leur accompagnement. Aider les aidants constitue également l'une des priorités de la mobilisation France autonomie lancée en avril 2026 par la ministre déléguée chargée de l'autonomie et des personnes handicapées. Ces dernières années, la politique d'accompagnement des aidants s'est enrichie de nombreux dispositifs régulièrement élargis : - le déploiement des plateformes d'accompagnement et de répit comme pierre angulaire du système ; - la prise en compte systématique de la situation de l'aidant et de son besoin lors de l'évaluation de la demande de l'Allocation personnalisée autonomie (APA) du proche aidé ; - l'instauration d'un module spécifique dédié au répit de l'aidant et un dispositif de relais en cas d'hospitalisation de l'aidant dans le cadre de la demande d'APA ; - le renforcement de l'offre d'accueil temporaire et d'accueil de jour en créant 6 000 places supplémentaires ; - la généralisation de la dérogation au droit du travail dans le cadre de prestations de suppléance à domicile du proche aidant et de séjours de répit aidants-aidés en vue de permettre le relayage par un intervenant unique jusqu'à 6 jours consécutifs ; - l'ouverture plus large et la revalorisation de l'allocation journalière du proche aidant qui indemnise les périodes de congé prises pour accompagner un proche en perte d'autonomie et un congé proche aidant ; - la mise en place de l'assurance vieillesse des aidants. Des dispositifs plus larges sont également accessibles aux aidants tels que le congé de solidarité familiale pour les salariés aidants accompagnant un proche en fin de vie ou le congé de présence parentale pour les salariés aidants accompagnant un enfant handicapé ou gravement malade. Par ailleurs, la loi du 8 avril 2024 portant mesures pour bâtir la société du bien vieillir et de l'autonomie a institué un Service public départemental de l'autonomie (SPDA) qui visera notamment à mieux coordonner les parcours des aidants. Enfin, une expérimentation menée dans le cadre de l'article 51 est actuellement en cours afin de tester la faisabilité d'un parcours d'accompagnement des aidants, initié dès la phase hospitalière et centré sur la relation aidant/aidé. Ce dispositif repose sur l'intervention d'une infirmière de coordination, appuyée par un outil numérique dédié, avec pour objectif central la prévention de l'épuisement des aidants. L'ensemble de ces mesures vise ainsi à mieux identifier les aidants et à apporter des réponses concrètes aux difficultés qu'ils rencontrent dans l'exercice quotidien de leur rôle.
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Ces dernières années, la politique d'accompagnement des aidants s'est enrichie de nombreux dispositifs régulièrement élargis : - le déploiement des plateformes d'accompagnement et de répit comme pierre angulaire du système ; - la prise en compte systématique de la situation de l'aidant et de son besoin lors de l'évaluation de la demande de l'Allocation personnalisée autonomie (APA) du proche aidé ; - l'instauration d'un module spécifique dédié au répit de l'aidant et un dispositif de relais en cas d'hospitalisation de l'aidant dans le cadre de la demande d'APA ; - le renforcement de l'offre d'accueil temporaire et d'accueil de jour en créant 6 000 places supplémentaires ; - la généralisation de la dérogation au droit du travail dans le cadre de prestations de suppléance à domicile du proche aidant et de séjours de répit aidants-aidés en vue de permettre le relayage par un intervenant unique jusqu'à 6 jours consécutifs ; - l'ouverture plus large et la revalorisation de l'allocation journalière du proche aidant qui indemnise les périodes de congé prises pour accompagner un proche en perte d'autonomie et un congé proche aidant ; - la mise en place de l'assurance vieillesse des aidants. 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