Assistantes familiales en grève à La Réunion
Auteur :
Frédéric Maillot
— Gauche Démocrate et Républicaine
(Réunion · 6ᵉ circ.)
Ministère interrogé : Ministère de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées
Ministère attributaire : Ministère de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées
Rubrique : enfants
Date de la question : 2026-06-16
Date de la réponse : 2026-09-22
(98 jours)
Texte de la question
M. Frédéric Maillot alerte Mme la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées sur le manque de cohérence et de reconnaissance envers les assistantes familiales. Il a récemment été observé un mouvement de grève, le 26 mai 2026, chez les assistantes familiales, dans le but de dénoncer le manque de considération qu'elles ressentent mais aussi la perte de salaire à cause de cotisations sociales non conformes qu'elles subissent. En effet, la demande d'enfants à accueillir ne cesse d'augmenter ces dernières années sans pour autant leur offrir une plus grande gratification. On compte environ 850 assistantes familiales à La Réunion pour environ 2 200 enfants. Les assistantes familiales sont désormais dans l'obligation d'accueillir plus d'enfants que ce que ne leur permettent leurs agréments, ce qui génère frustration, angoisse et colère quand leur environnement familial n'y est pas prêt. On ne peut pas demander à ces familles, qui de bon cœur veulent participer au bien-être de ces enfants, de s'occuper de personnes souffrant de troubles psychiatriques ou qui peuvent montrer des signes de violence et donc délibérément mettre ces personnes en danger. À la violence institutionnelle s'ajoute une gratification erronée. Les assistantes familiales sont aujourd'hui la première solution pour les enfants relevant de la politique de l'enfance, déjà défaillante. Il souhaiterait donc savoir si le Gouvernement entend prendre en compte la mobilisation des assistantes familiales afin d'adopter des mesures à la hauteur de leur engagement concernant la politique de l'enfant.
Réponse ministérielle
À La Réunion, comme partout en France, les assistants familiaux jouent un rôle essentiel dans la protection de l'enfance en accueillant au quotidien des enfants ayant parfois vécu des situations particulièrement difficiles. Pourtant, la profession connaît aujourd'hui une crise profonde d'attractivité, marquée par des difficultés de recrutement, le vieillissement des effectifs et des conditions d'exercice qui doivent encore être améliorées. Récemment, les assistants familiaux réunionnais se sont mobilisés pour alerter sur leurs conditions de rémunération, certaines difficultés liées aux cotisations sociales ainsi que sur le manque de reconnaissance de leur engagement. Le département a engagé un dialogue avec leurs représentants, tandis que le Gouvernement suit cette situation avec une attention particulière. Face à ces difficultés, le Gouvernement a d'ores et déjà engagé plusieurs mesures pour renforcer le statut et améliorer les conditions d'exercice des assistants familiaux. La loi du 7 février 2022 a ainsi permis des avancées significatives, notamment en revalorisant la rémunération minimale garantie dès l'accueil du premier enfant et en prévoyant une indemnisation d'au moins 80 % de la rémunération prévue au contrat lorsque le nombre d'enfants accueillis est inférieur à celui prévu. Elle a également instauré une majoration pour les accueils les plus complexes, renforcé le droit au répit, avec notamment un week-end par mois, et favorisé une meilleure intégration des assistants familiaux au sein des équipes de protection de l'enfance. Par ailleurs, le diplôme d'État d'assistant familial a été rénové afin de proposer une formation plus valorisante et davantage adaptée aux réalités du terrain, notamment grâce à l'augmentation du volume horaire de formation. Le projet de loi relatif à la protection des enfants présenté par le Gouvernement a pour objectif de renforcer durablement l'attractivité de cette profession. Il prévoit notamment la création d'un nouveau dispositif, l'« accueil-relais », qui fera l'objet d'un agrément spécifique. Celui-ci permettra d'accueillir un ou plusieurs enfants pendant les week-ends ou quelques jours durant les vacances. Ce dispositif répond à un double objectif : rendre plus effectif le droit au répit des assistants familiaux assurant des accueils « classiques », mais aussi permettre à certaines personnes de découvrir progressivement le métier et ainsi favoriser de nouvelles vocations. Le texte prévoit également de simplifier les modalités de délivrance de l'agrément et, lorsque cela est nécessaire, de l'adapter à certains profils d'enfants en fonction de la situation des assistants familiaux. Le Gouvernement en attend une augmentation des capacités de recrutement. Dans cette même logique, un décret est actuellement en préparation afin de permettre, sous certaines conditions, aux agents de la fonction publique de cumuler leur emploi avec l'accueil d'un enfant confié. Le Gouvernement poursuit par ailleurs le travail engagé avec les départements et les représentants de la profession afin d'améliorer les conditions d'exercice et de réduire les disparités territoriales qui subsistent, notamment en matière d'indemnités d'entretien. Ces dernières relèvent aujourd'hui de la compétence des conseils départementaux. Le Gouvernement est néanmoins conscient des écarts qui existent entre les territoires, notamment dans les Outre-mer, où le coût de la vie est plus élevé. Cette question fait pleinement partie des travaux actuellement menés avec les départements et les représentants de la profession, afin d'apporter des réponses adaptées aux réalités de chaque territoire. Les assistants familiaux constituent un maillon indispensable de la protection de l'enfance. À La Réunion, leur rôle est particulièrement déterminant : ils représentent le premier mode d'accueil, avec 81 % des enfants accueillis au titre de la protection de l'enfance, contre 36 % au niveau national. Leur engagement doit donc pouvoir s'exercer dans des conditions à la hauteur de la responsabilité qui leur est confiée.
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Elle a également instauré une majoration pour les accueils les plus complexes, renforcé le droit au répit, avec notamment un week-end par mois, et favorisé une meilleure intégration des assistants familiaux au sein des équipes de protection de l'enfance. Par ailleurs, le diplôme d'État d'assistant familial a été rénové afin de proposer une formation plus valorisante et davantage adaptée aux réalités du terrain, notamment grâce à l'augmentation du volume horaire de formation. Le projet de loi relatif à la protection des enfants présenté par le Gouvernement a pour objectif de renforcer durablement l'attractivité de cette profession. Il prévoit notamment la création d'un nouveau dispositif, l'« accueil-relais », qui fera l'objet d'un agrément spécifique. Celui-ci permettra d'accueillir un ou plusieurs enfants pendant les week-ends ou quelques jours durant les vacances. Ce dispositif répond à un double objectif : rendre plus effectif le droit au répit des assistants familiaux assurant des accueils « classiques », mais aussi permettre à certaines personnes de découvrir progressivement le métier et ainsi favoriser de nouvelles vocations. Le texte prévoit également de simplifier les modalités de délivrance de l'agrément et, lorsque cela est nécessaire, de l'adapter à certains profils d'enfants en fonction de la situation des assistants familiaux. Le Gouvernement en attend une augmentation des capacités de recrutement. Dans cette même logique, un décret est actuellement en préparation afin de permettre, sous certaines conditions, aux agents de la fonction publique de cumuler leur emploi avec l'accueil d'un enfant confié. 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