Pratique sportive des seniors et prévention de la dépendance
Auteur :
Véronique Ludmann
— Horizons & Indépendants
(Oise · 4ᵉ circ.)
Ministère interrogé : Ministère des sports, de la jeunesse et de la vie associative
Ministère attributaire : Ministère des sports, de la jeunesse et de la vie associative
Rubrique : sports
Date de la question : 2026-06-23
Date de la réponse : 2026-09-22
(91 jours)
Texte de la question
Mme Véronique Ludmann interroge Mme la ministre des sports, de la jeunesse et de la vie associative sur la pratique sportive des seniors et son rôle dans la prévention de la perte d'autonomie. Le maintien d'une activité physique régulière après soixante ans constitue l'un des leviers les plus efficaces et les moins coûteux pour les finances publiques, de prévention de la dépendance, alors même que le coût de la prise en charge de la perte d'autonomie pèse de façon croissante sur la branche autonomie et sur les départements. Cette préoccupation concerne l'ensemble des plus de soixante ans, dans un contexte de vieillissement démographique, le taux de pratique demeurant par ailleurs nettement inférieur dans les territoires ruraux, où l'offre d'activité physique adaptée reste inégalement répartie. Dans la circonscription de Mme la députée, à Senlis comme dans les communes rurales du sud de l'Oise, les clubs de proximité et les programmes de gymnastique douce ou de marche encadrée portés par le tissu associatif jouent à cet égard un rôle déterminant, mais inégalement soutenu. Plusieurs outils existent, le réseau des Maisons sport-santé, le dispositif de l'activité physique adaptée et du sport sur ordonnance, ou encore la stratégie nationale sport-santé, sans que leur déploiement ni leur articulation avec les collectivités territoriales soient toujours à la hauteur des besoins. Elle lui demande de bien vouloir lui indiquer les politiques que le ministère entend déployer pour favoriser la pratique sportive des seniors, les moyens consacrés au maillage des Maisons sport-santé et du sport sur ordonnance dans les zones rurales, ainsi que les modalités d'évaluation médico-économique permettant de mesurer leur effet sur la prévention de la dépendance.
Réponse ministérielle
L'activité physique et sportive constitue un levier majeur de prévention de la perte d'autonomie. Ses bénéfices pour les personnes avançant en âge sont aujourd'hui bien établis. Une pratique régulière contribue au maintien de la force musculaire, de l'équilibre, de la mobilité et des capacités fonctionnelles. Elle constitue l'un des moyens les plus efficaces de prévenir les chutes. Les activités collectives, notamment au sein des associations sportives, contribuent également à préserver la santé mentale, à lutter contre l'isolement et à maintenir le lien social. La stratégie nationale Sport-Santé (SNSS) 2025-2030 fait de la prévention de la perte d'autonomie l'un de ses cinq objectifs prioritaires. Son action 10 prévoit de faire de l'activité physique une priorité de la conférence nationale de l'autonomie en vue d'allonger la durée de vie en bonne santé, de retarder l'entrée dans la dépendance et de renforcer la coordination entre les acteurs concernés. Elle tend notamment à mieux mobiliser les acteurs et les financements consacrés à la prévention à la faveur de programmes construits avec les professionnels de santé et les structures locales. Par ailleurs, près de 600 maisons Sport-Santé (MSS) sont d'ores et déjà opérationnelles sur l'ensemble du territoire national. Elles accueillent majoritairement des femmes et des personnes âgées de plus de soixante ans. Afin de répondre aux contraintes de déplacement, certaines proposent des actions délocalisées, au moyen de dispositifs mobiles, notamment des bus, ou d'antennes installées dans des salles mises à disposition par les collectivités. Depuis le lancement du programme, les agences régionales de santé (ARS) et les délégations régionales académiques à la jeunesse, à l'engagement et aux sports (DRAJES) portent une attention particulière aux territoires les moins bien couverts et aux publics les plus éloignés de la pratique. Cette priorité concerne notamment les zones rurales, dans lesquelles les distances, les difficultés de mobilité et la dispersion de la population peuvent limiter l'accès à une offre adaptée. Afin de soutenir ce maillage territorial, le ministère chargé des sports délègue chaque année 6 M€ aux DRAJES. Ces crédits permettent de subventionner les MSS en fonction des priorités régionales, notamment au bénéfice des publics les plus éloignés de la pratique, afin de réduire les inégalités sociales et territoriales d'accès à l'activité physique. S'agissant de l'activité physique adaptée (APA) prescrite, le cadre en vigueur permet aux médecins de la prescrire aux personnes atteintes d'une maladie chronique, présentant des facteurs de risque ou confrontées à une perte d'autonomie. Cette prescription peut donner lieu à une évaluation de la condition physique, des capacités fonctionnelles et de la motivation, avant une orientation vers un professionnel qualifié. Les MSS peuvent faciliter cette orientation et la mise en relation entre les prescripteurs et les structures locales. Le maillage du sport-santé ne repose toutefois pas uniquement sur les MSS. Les associations sportives proposant des activités adaptées, bien plus nombreuses, constituent des acteurs essentiels de proximité. L'évaluation constitue un axe structurant de la SNSS 2025-2030. Pour les MSS, les indicateurs doivent notamment permettre de suivre la couverture territoriale, les temps d'accès, le nombre et le profil des personnes accueillies, la durée des accompagnements, l'orientation vers une structure de pratique et le maintien d'une activité physique au-delà de six mois. Un bilan intermédiaire de la stratégie est prévu en 2028 et un bilan final en 2030. La mesure de l'impact médico-économique ne relève toutefois pas du seul champ de compétence du ministère chargé des sports. Elle nécessite de rapprocher les données relatives à la pratique et aux parcours d'accompagnement de celles portant sur le recours aux soins, les hospitalisations consécutives aux chutes et la prise en charge de la perte d'autonomie. L'objectif du Gouvernement est de consolider un modèle territorial associant les MSS, les associations sportives, les professionnels de santé, les communautés professionnelles territoriales de santé, les acteurs sociaux et médico-sociaux et les collectivités territoriales. L'appui des services de l'État et la mobilisation des élus locaux doivent faciliter l'accès des personnes âgées, notamment en milieu rural, à une activité physique adaptée, régulière et durable.
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