577députés 17ᵉ législature

Question écrite n° 17107 Réponse publiée Source officielle ↗

Parcoursup : un outil de gestion de la pénurie qui pénalise la jeunesse !

Auteur : Abdelkader Lahmar — La France insoumise - Nouveau Front Populaire (Rhône · 7ᵉ circ.)
Ministère interrogé : Ministère de l’éducation nationale
Ministère attributaire : Ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’espace
Rubrique : enseignement supérieur
Date de la question : 2026-07-21
Date de la réponse : 2026-09-22 (63 jours)

Texte de la question

M. Abdelkader Lahmar alerte M. le ministre de l'éducation nationale sur le nombre croissant de bacheliers qui demeurent sans affectation à l'issue de la phase principale de la procédure Parcoursup. Depuis la création de Parcoursup en 2018, le nombre de candidats restant sans proposition d'admission à l'issue de la phase principale n'a cessé d'augmenter. Alors que la plateforme avait pour objectif de mieux répartir les candidatures et de faciliter l'accès à l'enseignement supérieur, plus de 103 000 candidats étaient encore sans affectation en juillet 2025, contre 85 000 en juillet 2024 et 17 000 en 2018. Les chiffres pour la session 2026 sont tombés le mercredi 15 juillet et ils sont sans appel : 126 000 candidats, soit 14 % des inscrits, n'ont reçu aucune proposition d'affectation ! Cette évolution traduit la crise profonde dans laquelle sont plongés les établissements d'enseignement supérieur. Dans de nombreuses filières particulièrement demandées, les capacités d'accueil ne permettent plus de répondre à l'ensemble des demandes. Les listes d'attente s'allongent et de nombreux bacheliers demeurent plusieurs semaines, voire plusieurs mois, dans l'incertitude quant à leur avenir. Cette situation est d'autant plus difficile à comprendre que l'obtention du baccalauréat constitue le premier grade universitaire et devrait donc permettre d'accéder de droit à l'université. Par ailleurs, malgré la publication des critères généraux d'examen des candidatures, de nombreux candidats et leurs familles ont des difficultés à comprendre les modalités ayant conduit à leur classement. Les formations s'appuient sur des traitements algorithmiques et des outils d'aide à la décision dont le fonctionnement demeure insuffisamment lisible pour les candidats. L'absence d'affectation retarde l'accès à l'enseignement supérieur, contraint certains jeunes à renoncer à leur projet d'études ou à s'inscrire dans une formation qui ne correspond pas à leurs aspirations. Elle peut également retarder l'entrée dans l'emploi, dans l'apprentissage ou dans certaines formations professionnalisantes. Cette situation pénalise particulièrement les jeunes issus des territoires où l'offre de formation est insuffisante. Ces difficultés démontrent que l'augmentation continue du nombre de candidats n'a pas été anticipée par le Gouvernement successifs. L'ouverture de nouvelles places dans les filières en tension n'a pas suivi l'évolution des effectifs de bacheliers et les moyens accordés aux établissements demeurent insuffisants pour répondre aux besoins. Finalement, Parcoursup n'a jamais été qu'un outil de gestion de la pénurie, pénalisant une grande partie de la jeunesse. Il lui demande donc quelles mesures le Gouvernement compte-t-il prendre afin de garantir une affectation à chaque bachelier, d'augmenter les capacités d'accueil dans les formations les plus demandées et de renforcer la transparence des critères de classement et des traitements algorithmiques utilisés dans le cadre de Parcoursup.

Réponse ministérielle

La procédure Parcoursup constitue, depuis 2018, un progrès par rapport aux dispositifs antérieurs et poursuit un cycle d'amélioration continue, à l'écoute des usagers, lycéens, étudiants ou responsables de formation ainsi que des rapports des institutions publiques. Elle permet aux jeunes souhaitant rejoindre l'enseignement supérieur d'accéder à l'ensemble de l'offre de formation reconnue par l'État et à une information claire et utile pour leurs choix de formations postbac. En 2026, plus de 25 000 formations réparties sur l'ensemble du territoire sont proposées. Le dialogue sur les capacités d'accueil avec les établissements d'enseignement supérieur s'inscrit dans un contexte régionalisé (carte de l'offre de formation professionnelle, contrat d'objectifs, de moyens et de performance). Cela permet de rechercher, dans les territoires, des solutions adaptées, tenant compte des besoins et des perspectives d'insertion professionnelle. Dès le premier jour de la phase principale Parcoursup 2026, le 2 juin, 2,9 millions de propositions d'admission ont été envoyées aux candidats contre 2,7 millions en 2025. Les deux tiers des lycéens (66 %) ont reçu une proposition dès le premier jour. Au bout d'une semaine, au moins 80 % avaient reçu une proposition, sans que cela ne signifie nécessairement qu'ils l'aient acceptée.  Dans un contexte de forte croissance du nombre de candidats inscrits cette année sur Parcoursup, en particulier de lycéens issus de la voie professionnelle et d'étudiants en réorientation, à la fin de la phase principale, près de 9 lycéens sur 10 ont obtenu au moins une proposition correspondant à leurs vœux de poursuite d'études. Plus de 7 étudiants sur 10 ont eu au moins une proposition correspondant à leurs vœux de réorientation. S'agissant des étudiants inscrits sur la plateforme, il convient par ailleurs de relever que, pour certains d'entre eux, les vœux formulés en mars sont des vœux de « précaution », dans l'attente des résultats de fin d'année. Si des candidats demeurent sans proposition à l'issue de la phase principale, des solutions concrètes sont mises en œuvre afin d'accompagner ceux qui souhaitent trouver une formation sur Parcoursup : les candidats sans proposition d'admission ont été contactés individuellement par téléphone à des moments clés de la phase d'admission. Ces appels ont permis de rassurer les candidats sans proposition d'admission en leur exposant les solutions proposées par les équipes Parcoursup et adaptées à leur situation ; la phase complémentaire est ouverte jusque début septembre et permet aux candidats de formuler jusqu'à 10 nouveaux vœux pour des formations ayant des places disponibles. Plus de 83 000 places vacantes étaient à la mi-juillet déjà proposées dans 6 000 formations diversifiées (licences, brevet de technicien supérieur [BTS], bachelor universitaire de technologie [BUT], classes préparatoires, écoles, etc.) et ce nombre a continué d'évoluer tout l'été ; 11 300 formations accessibles par la voie de l'apprentissage sont proposées sur la plateforme Parcoursup par des centres de formation d'apprentis (CFA), en charge d'accompagner les jeunes pour trouver un employeur. Les vœux pouvaient être formulés jusqu'au 8 septembre 2026 ; l'accompagnement personnalisé mis en place par tous les rectorats permet d'apporter des réponses aux candidats sans proposition d'admission. Il a été proposé aux lycéens et étudiants dès le 1er juillet. Depuis leur dossier, ils ont pu solliciter l'accompagnement de la commission d'accès à l'enseignement supérieur (CAES) de leur académie. Au 11 juillet 2026, 5 781 néo-bacheliers et 719 étudiants ont sollicité une CAES. Pour rappel, ils étaient environ 22 000 en 2025. Seuls 38 étaient toujours concernés par cette commission à l'issue de la procédure 2025, mi-septembre. L'accompagnement se poursuit jusqu'au terme de la procédure et, lorsque cela est nécessaire, au-delà, jusqu'en octobre. Les équipes Parcoursup sont pleinement mobilisées afin d'accompagner chaque candidat vers une solution adaptée. Conscients de la nécessité d'un suivi de ces candidats, les ministères ont souhaité réunir mi-juillet un comité de pilotage Parcoursup avec les recteurs de région académique afin que chaque jeune puisse être accompagné au plus près des territoires. La transparence constitue, par ailleurs, l'un des objectifs de la loi n°2018-166 du 8 mars 2018 relative à l'orientation et à la réussite des étudiants (ORE). Elle s'inscrit dans le cadre de la décision du Conseil constitutionnel du 3 avril 2020, confirmant que la procédure est conforme à la Constitution. Chaque formation est présentée sous la forme d'une fiche détaillée et actualisée, avec une présentation qui permet aux lycéens de consulter des informations essentielles avant de faire leurs choix : les attendus (compétences et connaissances nécessaires pour réussir dans la formation), les critères généraux d'examen des dossiers, les débouchés et le taux d'accès à la formation constaté l'année précédente. Dans le cadre de l'enquête d'opinion CSA 2025, 53 % des lycéens considèrent que la procédure Parcoursup est transparente et 76 % des lycéens estiment qu'elle est claire. Chaque commission d'examen des vœux, composée d'enseignants, renseigne le poids des différents critères (saisie des pondérations par champ d'évaluation et saisie du niveau d'importance des critères) afin de permettre aux candidats de connaître de manière précise les attentes des jurys et d'appréhender les critères d'analyse et de classement de leurs candidatures. En 2025, les informations portées à la connaissance des candidats ont été enrichies par la création d'une nouvelle rubrique permettant de mieux évaluer les possibilités d'accès aux formations. Chaque lycéen peut renseigner sa moyenne générale et ses choix de spécialité et obtenir des informations objectives sur l'admission de candidats ayant eu le même profil que lui au cours des trois dernières années. Cette fonctionnalité a été activée 20 millions de fois en 2026, ce qui montre que les évolutions mises en œuvre répondent aux attentes. Un droit à l'information est garanti pour tout candidat non admis dans une formation. Ce droit se manifeste sous la forme d'une possibilité d'obtenir de chaque formation des éléments sur la décision prise et les critères utilisés. Au-delà, chaque formation est tenue de produire un rapport public d'examen des vœux comportant l'ensemble des données exhaustives relatives à la procédure écoulée, ainsi que l'explicitation, par l'établissement de formation, des critères ayant présidé à l'examen des vœux auquel a procédé la formation concernée. Ce rapport est consultable sur la fiche formation mise à la disposition des candidats de la session suivante. Dans la logique d'amélioration continue qui préside aux évolutions de Parcoursup, de nouvelles évolutions seront apportées afin de renforcer encore davantage la transparence et l'efficacité de la procédure et ainsi de réduire le stress inhérent à la transition du lycée vers l'enseignement supérieur.
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