Recrudescence des cambriolages dans le Pays-Haut
Auteur :
Frédéric Weber
— Rassemblement National
(Meurthe-et-Moselle · 3ᵉ circ.)
Ministère interrogé : Ministère de l'intérieur
Ministère attributaire : Ministère de l'intérieur
Rubrique : sécurité des biens et des personnes
Date de la question : 2025-09-23
Date de la réponse : 2026-06-23
(273 jours)
Texte de la question
M. Frédéric Weber alerte M. le ministre d'État, ministre de l'intérieur, sur l'explosion des cambriolages dans le Pays-Haut, en Meurthe-et-Moselle. L'été 2025 a été marqué par une vague de vols et de braquages, bien supérieure à celle de l'année précédente, dans un climat d'insécurité devenu quotidien pour les habitants. Le 6 septembre 2025, à Villerupt, deux individus encagoulés ont attaqué à la hache une bijouterie du centre-ville en pleine journée, brisant les vitrines et terrorisant commerçants et riverains. Cet acte d'une rare violence, en plein cœur d'une commune frontalière, illustre une dérive sécuritaire inquiétante et un sentiment d'impunité. Face à ce constat, il lui demande quelles mesures concrètes et immédiates le Gouvernement entend prendre pour restaurer l'autorité de l'État dans ces communes délaissées, protéger les commerçants, les honnêtes gens et faire reculer les cambriolages et les actes de délinquance qui gangrènent le Pays-Haut.
Réponse ministérielle
Le premier échelon de la lutte contre l'insécurité repose sur le maillage des unités qui assurent au quotidien l'ordre et la sécurité par une présence visible et rassurante, ainsi que par une capacité d'intervention et de police judiciaire. Les cambriolages en particulier font l'objet d'un traitement tant préventif que répressif par la gendarmerie nationale et par la police nationale. Le volet préventif se décline par une plus grande sensibilisation de la population (référents participation citoyenne, presse locale, réseaux sociaux, application MaSécurité), la mobilisation de la chaîne de prévention situationnelle (référents et correspondants surêté), la mise en œuvre des opérations tranquillité vacances, tranquillité entreprise et commerce (OTV, OTEC), et enfin une accentuation de la présence de voie publique. Pour garantir l'efficience et la pertinence de la présence de voie publique, les échelons territoriaux orientent leurs services en se fondant sur une analyse fine des zones de vulnérabilité et des créneaux propices aux cambriolages. Cette production de sécurité s'opère par une implication des élus et partenaires locaux, qui sont associés aux processus. Sur le volet répressif, les lieux cambriolés bénéficient d'une prise en compte systématique par des gendarmes ou des policiers spécifiquement formés aux constatations techniques et scientifiques sur ce type de faits. Selon la complexité de la scène d'infraction, ils sont renforcés par des experts en identification criminelle. Les gendarmes et policiers sont également sensibilisés à la dimension numérique de la preuve et s'attachent à rechercher tous les moyens d'identifier les auteurs via les objets connectés, la téléphonie et les dispositifs de vidéoprotection (publics et privés). La lutte contre les phénomènes sériels de cambriolages s'appuie sur la mobilisation des capacités de rapprochement des faits et des auteurs, pour la gendarmerie au niveau départemental (brigade départementale de renseignements et d'investigations judiciaires), régional (section d'appui judiciaire) et national (service central de renseignement criminel de la gendarmerie nationale). Il en est de même en zone de police. S'agissant de la lutte contre les groupes criminels itinérants et transnationaux, la gendarmerie et la police nationales exploitent les canaux de coopération internationaux, tant pour le partage du renseignement criminel et judiciaire que pour la continuité de ses investigations (CCPD, Europol, protocole de Prüm). Ainsi, le traitement judiciaire des cambriolages s'inscrit pleinement dans le principe de subsidiarité des unités et de complémentarité des moyens, afin que chaque affaire soit traitée à l'échelon d'investigation le plus pertinent (unités territoriales, brigades et sections de recherches, structures temporaires d'enquêtes, office central de lutte contre la délinquance itinérante : OCLDI). Sur l'arrondissement de Val-de-Briey, également nommé Pays-Haut en Meurthe-et-Moselle, la gendarmerie est chargée d'assurer la sécurité pour près de 60 000 habitants répartis sur 84 communes, ce qui représente 35 % de la population et 76 % de ce territoire. Avec un effectif réalisé de 92 militaires (dont 43 OPJ), la compagnie de Val-de-Briey est correctement dimensionnée pour faire face à la délinquance constatée, mais également pour couvrir ce territoire rural et frontalier (pour ce qui concerne la ZGN, avec la Belgique et le Luxembourg) qui connaît d'importantes élongations. Les vols commis avec violence sont très peu nombreux voire marginaux : 8 faits ont été recensés en 2025 (comme en 2024), et aucun vol à main armée n'a été constaté depuis 2023 (3 faits constatés et élucidés entre 2023 et 2024). Pour ce qui concerne les atteintes aux biens, une hausse des cambriolages de 10,3 % a été constatée, avec 192 faits en 2025 contre 174 en 2024. Le travail d'enquête des militaires de la compagnie de Val-de-Briey permet cependant d'atteindre un taux d'élucidation pour les atteintes aux biens de 20 % en 2025. D'autre part, des services conjoints ou miroirs (de part et d'autre de la frontière) sont régulièrement organisés entre les policiers belges et les gendarmes français afin de rechercher les malfaiteurs transfrontaliers. De même, dans le cadre du plan d'action départemental de restauration de la sécurité du quotidien, des services coordonnés de lutte contre la délinquance sont réalisés par les gendarmes en coordination avec les policiers de la CSP de Longwy/Villerupt, et sur réquisition du parquet du TJ de Val-de-Briey. Dans l'ensemble du département de Meurthe-et-Moselle, l'année 2025 a été marquée par une hausse significative des vols par effraction, en particulier des habitations. Ce phénomène concerne aussi bien la zone de compétence de la gendarmerie nationale que celle de la police nationale. Les chiffres du département ne conduisent en revanche pas à faire apparaître une situation particulièrement dégradée dans le « Pays Haut ». En zone police, la circonscription de Longwy Villerupt a été moins impactée que la moyenne départementale Cette circonscription de police a même connu une légère baisse des cambriolages d'habitations (- 1,52 %) en 2025. La progression des vols par effraction est toutefois de +2,48 % en raison d'une augmentation des vols par effraction au préjudice d'entreprises et d'établissements commerciaux, même si le nombre de faits demeure inférieur de pratiquement moitié en comparaison avec l'année 2023 (41 faits contre 74 en 2023). S'agissant des vols à main armée, on observe certes une hausse des faits en 2025, mais celle-ci traduit le passage d'un seul fait constaté en 2024 à trois en 2025, tandis que les vols avec violence avec ou sans arme connaissaient une légère progression tout en ne représentant que 50 % du volume atteint en 2023. S'agissant de l'attaque, évoquée dans la question écrite, d'une bijouterie à Villerupt par des auteurs ayant brisé les vitres de protection avec une hache, les faits ne traduisent nullement une quelconque « impunité », puisqu'une enquête est actuellement activement menée par la police nationale. Enfin, il convient de souligner que cette circonscription de police a bénéficié depuis 2023 d'importants renforts permettant de faire progresser le nombre de policiers actifs d'environ 75 à 95. La circonscription a ainsi pu créer un groupe de sécurité de proximité ainsi qu'un groupe d'appui judiciaire, avec un impact favorable certain sur l'activité générale du service en matière de lutte contre la délinquance et d'occupation de la voie publique. Des réflexions sont par ailleurs en cours concernant l'éventuelle réactivation d'une BAC. À l'échelle du district de police de Longwy, cette volonté s'est également traduite par la création d'un groupe d'appui judiciaire commun pour les circonscriptions de police de Briey et de Conflans, avec la réactivation d'un groupe de sécurité de proximité dans la circonscription de Briey. En zone police, la priorisation des services du « Pays Haut » est incontestable en matière d'affectations de gardiens de la paix, avec l'essentiel des effectifs attribués à la Meurthe-et-Moselle en décembre 2025, soit 12 gardiens de la paix sur 13, dont 5 à la circonscription de police de Longwy-Villerupt.
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Sur le volet répressif, les lieux cambriolés bénéficient d'une prise en compte systématique par des gendarmes ou des policiers spécifiquement formés aux constatations techniques et scientifiques sur ce type de faits. Selon la complexité de la scène d'infraction, ils sont renforcés par des experts en identification criminelle. Les gendarmes et policiers sont également sensibilisés à la dimension numérique de la preuve et s'attachent à rechercher tous les moyens d'identifier les auteurs via les objets connectés, la téléphonie et les dispositifs de vidéoprotection (publics et privés). La lutte contre les phénomènes sériels de cambriolages s'appuie sur la mobilisation des capacités de rapprochement des faits et des auteurs, pour la gendarmerie au niveau départemental (brigade départementale de renseignements et d'investigations judiciaires), régional (section d'appui judiciaire) et national (service central de renseignement criminel de la gendarmerie nationale). 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