CRISE DU SECTEUR VITICOLE
Auteur :
Stella Dupont
— Non inscrit
(Maine-et-Loire · 2ᵉ circ.)
Ministère interrogé : Ministère de l’agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire
Ministère attributaire : Ministère de l’agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire
Rubrique : agriculture
Date de la question : —
Date de la réponse : 2026-01-07
Texte de la question
Texte de la question non publié dans la source.
Réponse ministérielle
Mme la présidente. La parole est à Mme Stella Dupont.
Mme Stella Dupont. L'actualité internationale, déjà évoquée, marquée par l'ingérence des États-Unis au Venezuela, illustre une nouvelle fois la tendance à une diplomatie fondée sur l'intrusion et le rapport de force. Le droit du plus fort s'impose comme un mode d'action assumé, au mépris du droit international, du multilatéralisme et de la souveraineté des États. Cette logique n'est pas sans conséquences pour nos propres intérêts, y compris économiques.
Les États-Unis figurent parmi les tout premiers acheteurs de vins et spiritueux français et disposent, à ce titre, d'un levier de pression considérable sur une filière déjà fragilisée.
Dans un contexte de menaces commerciales récurrentes et de possible augmentation des droits de douane, la crise viticole française devient un enjeu stratégique de souveraineté économique et culturelle. Les exportations de vins et spiritueux français pèsent en effet près de 15 milliards d'euros et représentent 70 % de la balance commerciale agroalimentaire française.
Madame la ministre de l'agriculture, vous avez annoncé un plan national de sortie de crise et demandé la mobilisation de la réserve de crise européenne en faveur des viticulteurs français, en complément de la solidarité nationale. Je me suis récemment entretenue avec des organisations professionnelles nationales et avec des vignerons du Maine-et-Loire. Ils ont entendu les mesures que vous avez annoncées fin novembre, mais qu'en est-il de leur concrétisation ?
Quel calendrier prévoyez-vous pour qu'ils puissent accéder en urgence aux prêts structurels garantis à 70 % par BPIFrance, à la nouvelle enveloppe de 130 millions d'euros pour l'arrachage définitif et à l'allégement des charges sociales ? Je sais que certaines mesures nécessitent le vote d’un budget pour 2026, intégrant le financement desdites mesures, mais d'autres peuvent être engagées sans attendre, d'autant plus que certains domaines, certaines coopératives et acteurs de la filière ne peuvent plus attendre. (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR.)
Mme la présidente. La parole est à Mme la ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la souveraineté alimentaire.
Mme Annie Genevard, ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la souveraineté alimentaire. Les très grandes difficultés des viticulteurs me sont connues depuis le premier jour de ma nomination à ce ministère. Surproduction, déconsommation, crise sanitaire, droits de douane, tout est de nature à provoquer une crise profonde, durable et déstabilisante de la filière.
C'est pour faire renaître l'espoir dans la filière viticole, qui souffre d'un manque de perspectives depuis de nombreuses années, que je me suis battue pour apporter des réponses rapides.
Tout d'abord, je vous confirme que le gouvernement a bien décidé de consacrer une enveloppe de 130 millions d'euros de crédits nationaux à l'arrachage de vignes pour répondre structurellement à la surproduction et poursuivre l'adaptation au marché intérieur du potentiel viticole. Cet engagement sera tenu. Toutefois, il me faut rappeler que sa base juridique nous sera fournie par l'adoption du « paquet vin » à Bruxelles, que j'espère imminente.
J'ai également annoncé la prolongation en 2026 des prêts de consolidation garantis par BPIFrance en les étendant aux coopératives. Nous pourrons les débloquer dès que la France aura un budget pour l'année 2026, soit le plus rapidement possible. Pour déployer ces mesures, annoncées en décembre, que la profession attend, il nous faut un budget.
Enfin, je me suis engagée à réserver 11 millions d'euros pour alléger les charges sociales des vignerons en 2026, après les 5 millions débloqués en 2025.
Je le répète, tout cela requiert un budget. Il faut prendre conscience de l'urgence de la situation.
Par ailleurs, la France, à mon initiative, a sollicité le déblocage de fonds européens pour financer la distillation. C'est une mesure plus conjoncturelle mais néanmoins très attendue. Cette demande fait l'objet d'échanges avec la Commission.
Contexte de séance — Questions au Gouvernement
Séance du 2026-01-07 (Première) — 11 questions posées dans cet ordre. Compte-rendu officiel ↗
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Mercosur
M. Sylvain Carrière · M. Nicolas Forissier, ministre délégué chargé du commerce extérieur et de l’attractivité
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Stratégie de la France face aux cyberattaques
M. Jacques Oberti · M. Roland Lescure, ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique · M. Jacques Oberti
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Reprise des débats sur le projet de loi de finances
M. Nicolas Ray · Mme Amélie de Montchalin, ministre de l’action et des comptes publics
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Situation internationale
Mme Clémentine Autain · M. Nicolas Forissier, ministre délégué chargé du commerce extérieur et de l’attractivité
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Taxe émeutes
Mme Maud Petit · M. Roland Lescure, ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique
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Épargne salariale
M. Stéphane Viry · M. Serge Papin, ministre des petites et moyennes entreprises, du commerce, de l’artisanat, du tourisme et du pouvoir d’achat
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Situation internationale et budget
M. Sylvain Berrios · M. Nicolas Forissier, ministre délégué chargé du commerce extérieur et de l’attractivité
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Tarif de l’électricité
M. Julien Brugerolles · M. Roland Lescure, ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique
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Réunification familiale et risque terroriste
M. Bartolomé Lenoir · M. Laurent Nuñez, ministre de l’intérieur · M. Bartolomé Lenoir
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Contraintes pour les automobilistes
M. Pierre Meurin · M. Philippe Tabarot, ministre des transports · M. Pierre Meurin
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Drame de Crans-Montana : coopération internationale franco-suisse
M. Marc Ferracci · Mme Stéphanie Rist, ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées
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Les exportations de vins et spiritueux français pèsent en effet près de 15 milliards d'euros et représentent 70 % de la balance commerciale agroalimentaire française.<br><br>Madame la ministre de l'agriculture, vous avez annoncé un plan national de sortie de crise et demandé la mobilisation de la réserve de crise européenne en faveur des viticulteurs français, en complément de la solidarité nationale. Je me suis récemment entretenue avec des organisations professionnelles nationales et avec des vignerons du Maine-et-Loire. Ils ont entendu les mesures que vous avez annoncées fin novembre, mais qu'en est-il de leur concrétisation ?<br><br>Quel calendrier prévoyez-vous pour qu'ils puissent accéder en urgence aux prêts structurels garantis à 70 % par BPIFrance, à la nouvelle enveloppe de 130 millions d'euros pour l'arrachage définitif et à l'allégement des charges sociales ? Je sais que certaines mesures nécessitent le vote d’un budget pour 2026, intégrant le financement desdites mesures, mais d'autres peuvent être engagées sans attendre, d'autant plus que certains domaines, certaines coopératives et acteurs de la filière ne peuvent plus attendre. <i>(Applaudissements sur les bancs du groupe EPR.)</i><br><br><strong>Mme la présidente. </strong>La parole est à Mme la ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la souveraineté alimentaire.<br><br><strong>Mme Annie Genevard,</strong><i> ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la souveraineté alimentaire. </i>Les très grandes difficultés des viticulteurs me sont connues depuis le premier jour de ma nomination à ce ministère. Surproduction, déconsommation, crise sanitaire, droits de douane, tout est de nature à provoquer une crise profonde, durable et déstabilisante de la filière.<br><br>C'est pour faire renaître l'espoir dans la filière viticole, qui souffre d'un manque de perspectives depuis de nombreuses années, que je me suis battue pour apporter des réponses rapides.<br><br>Tout d'abord, je vous confirme que le gouvernement a bien décidé de consacrer une enveloppe de 130 millions d'euros de crédits nationaux à l'arrachage de vignes pour répondre structurellement à la surproduction et poursuivre l'adaptation au marché intérieur du potentiel viticole. Cet engagement sera tenu. Toutefois, il me faut rappeler que sa base juridique nous sera fournie par l'adoption du « paquet vin » à Bruxelles, que j'espère imminente.<br><br>J'ai également annoncé la prolongation en 2026 des prêts de consolidation garantis par BPIFrance en les étendant aux coopératives. Nous pourrons les débloquer dès que la France aura un budget pour l'année 2026, soit le plus rapidement possible. Pour déployer ces mesures, annoncées en décembre, que la profession attend, il nous faut un budget.<br><br>Enfin, je me suis engagée à réserver 11 millions d'euros pour alléger les charges sociales des vignerons en 2026, après les 5 millions débloqués en 2025.<br><br>Je le répète, tout cela requiert un budget. Il faut prendre conscience de l'urgence de la situation.<br><br>Par ailleurs, la France, à mon initiative, a sollicité le déblocage de fonds européens pour financer la distillation. C'est une mesure plus conjoncturelle mais néanmoins très attendue. Cette demande fait l'objet d'échanges avec la Commission.<br><p>"}}, "cloture": {"codeCloture": "REP_PUB", "libelleCloture": "Réponse publiée", "dateCloture": "2026-01-07", "infoJO": {"typeJO": "JO_DEBAT", "dateJO": "2026-01-07", "pageJO": null, "numJO": null, "urlLegifrance": null, "referenceNOR": null}}}}