Politique industrielle
Auteur :
Charles Fournier
— Écologiste et Social
(Indre-et-Loire · 1ᵉ circ.)
Ministère interrogé : Ministère délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de l'industrie, chargé de l’industrie
Ministère attributaire : Ministère délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de l'industrie, chargé de l’industrie
Rubrique : industrie
Date de la question : —
Date de la réponse : 2024-11-06
Texte de la question
Texte de la question non publié dans la source.
Réponse ministérielle
Mme la présidente . La parole est à M. Charles Fournier.
M. Charles Fournier . Bruno Le Maire, en toute modestie, déclarait le 29 mars dernier : « La réindustrialisation est un des plus grands succès économiques des sept ans que nous avons passés au pouvoir. » Mais de quel succès parle-t-on ?
Il y a la communication présidentielle et gouvernementale : « La dynamique de réindustrialisation se poursuit. […] [Nous ferons] de l'industrie le cœur battant de nos territoires », avez-vous déclaré, monsieur le ministre délégué chargé de l'industrie. Et il y a la réalité : aujourd'hui, de nouveau, on ferme plus d’usines en France qu'on n'en ouvre.
M. Emeric Salmon . À cause des écolos !
M. Charles Fournier . Michelin a ainsi annoncé ce matin la fermeture de ses deux sites de Cholet et de Vannes : 1 254 salariés. À Nantes et à Saint-Nazaire, General Electric supprime 360 emplois ; Sanofi, dans l'Essonne, 330 ; Vencorex, près de Grenoble, probablement 500 ; Stellantis, à Poissy, 250 ; Thales, à Toulouse, va également en supprimer.
C'est aussi la maltraitance des sous-traitants : MA France à Aulnay-sous-Bois, Imperial Wheels dans l’Indre, Valeo dans la Sarthe… et la liste n'est pas terminée. (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS, LFI-NFP et SOC.) Tous les secteurs sont concernés, même les plus les plus rentables.
En mai dernier, on a recensé 132 plans de licenciements depuis septembre 2023, soit entre 60 000 et 90 000 emplois menacés. Autant de vies brisées et de cicatrices profondes pour nos territoires. Les salariés sont toujours les variables d’ajustement de la course aux profits pour les actionnaires.
Face à cela, il n'y a ni impuissance ni fatalité. Cette situation doit changer. En tant que puissance publique, votre responsabilité est en jeu. Nous avons besoin d’un État stratège. Or vous donnez le sentiment qu’il n’y a pas de pilote ou alors qu'il y en a un qui abdique systématiquement. (Applaudissements sur de nombreux bancs du groupe EcoS.)
Ma question est simple : qu’allez-vous dire aux salariés de Michelin et de toutes les usines menacées ? Allez-vous leur dire que votre politique industrielle fonctionne à merveille ? Ou bien allez-vous enfin changer de cap ? (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS, LFI-NFP et sur de nombreux bancs des groupes SOC et GDR.)
Mme la présidente . La parole est à M. le ministre délégué chargé de l'industrie.
M. Marc Ferracci, ministre délégué chargé de l'industrie . À la suite des annonces faites par Michelin ce matin, je voudrais tout d'abord, au nom du Gouvernement et plus spécialement du ministre de l'économie, des finances et de l'industrie, témoigner de notre sympathie (Exclamations sur plusieurs bancs des groupes RN, LFI-NFP et EcoS) pour les salariés concernés.
M. Emeric Salmon . C'est insuffisant !
M. Marc Ferracci, ministre délégué . Sachez surtout que le Gouvernement suivra avec une grande attention la suite qui sera donnée à ces plans.
J'ai échangé par téléphone avec les élus des territoires concernés…
M. Emeric Salmon . Comme Retailleau !
M. Marc Ferracci, ministre délégué . …et mes équipes les ont informés de la suite des opérations.
L'accompagnement social des salariés devra être exemplaire. C'est le message que nous avons transmis à la direction de Michelin.
Nous emploierons toute notre énergie à la recherche d'un repreneur afin de revitaliser les territoires. Aucun salarié ne sera laissé sur le bord du chemin.
Nous utiliserons ce faisant la méthode que nous appliquons déjà à l'ensemble des dossiers d'entreprises en difficulté dont nous sommes saisis. Pour ce faire, nous nous appuyons sur l'ensemble des services de l'État, notamment le comité interministériel de restructuration industrielle.
Tous mes échanges avec les élus sont nourris par l'esprit d'un travail collectif, car il est la solution pour résoudre les problèmes de restructuration.
M. Laurent Jacobelli . Cela ne veut rien dire !
M. Marc Ferracci, ministre délégué . La réindustrialisation de notre pays reste un objectif. Vous avez évoqué les fermetures de site, mais l'observatoire de l'emploi industriel et des fermetures de site du ministère de l'économie indique que le cap en matière d'ouvertures nettes d'usines en France est maintenu.
M. Nicolas Meizonnet . Que c'est mauvais !
M. Marc Ferracci, ministre délégué . Nous mobiliserons toute notre énergie à protéger les emplois et les territoires. Nous maintiendrons le cap.
Mme la présidente . La parole est à M. Charles Fournier.
M. Charles Fournier . Finalement, on ne change pas une équipe qui perd. Tout continue comme avant. Vos propos réjouiront sûrement les salariés. (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS et SOC.)
M. Julien Guibert . Il n'a pas tort !
Contexte de séance — Questions au Gouvernement
Séance du 2024-11-06 (Première) — 11 questions posées dans cet ordre. Compte-rendu officiel ↗
-
Indemnisation des incorporés de force en Alsace
Mme Louise Morel · M. Jean-Louis Thiériot, ministre délégué auprès du ministre des armées et des anciens combattants
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Politique de l’emploi
M. Stéphane Viry · Mme Astrid Panosyan-Bouvet, ministre du travail et de l’emploi
-
Régulation des réseaux sociaux
M. Vincent Thiébaut · M. Gil Avérous, ministre des sports, de la jeunesse et de la vie associative
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Suppression de 4 000 postes d’enseignants
M. Stéphane Peu · M. Alexandre Portier, ministre délégué chargé de la réussite scolaire et de l’enseignement professionnel
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Souveraineté alimentaire
Mme Sophie Vaginay · Mme Annie Genevard, ministre de l’agriculture, de la souveraineté alimentaire et de la forêt
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Fermeture de bureaux de poste
Mme Catherine Rimbert · M. Antoine Armand, ministre de l’économie, des finances et de l’industrie
-
Inquiétudes des entreprises
Mme Danielle Brulebois · M. Antoine Armand, ministre de l’économie, des finances et de l’industrie
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Situation assurantielle dans les outre-mer
M. Jean-Philippe Nilor · M. Antoine Armand, ministre de l’économie, des finances et de l’industrie
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Lutte contre le narcotrafic
M. Mickaël Bouloux · M. Othman Nasrou, secrétaire d’État chargé de la citoyenneté et de la lutte contre les discriminations · M. Mickaël Bouloux
-
Prévention des inondations
M. François-Xavier Ceccoli · Mme Agnès Pannier-Runacher, ministre de la transition écologique, de l’énergie, du climat et de la prévention des risques
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Lutte contre le narcotrafic
Mme Christine Arrighi · M. Othman Nasrou, secrétaire d’État chargé de la citoyenneté et de la lutte contre les discriminations · Mme Christine Arrighi
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À Nantes et à Saint-Nazaire, General Electric supprime 360 emplois ; Sanofi, dans l'Essonne, 330 ; Vencorex, près de Grenoble, probablement 500 ; Stellantis, à Poissy, 250 ; Thales, à Toulouse, va également en supprimer.<br><br>C'est aussi la maltraitance des sous-traitants : MA France à Aulnay-sous-Bois, Imperial Wheels dans l’Indre, Valeo dans la Sarthe… et la liste n'est pas terminée. <i>(Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS, LFI-NFP et SOC.)</i> Tous les secteurs sont concernés, même les plus les plus rentables.<br><br>En mai dernier, on a recensé 132 plans de licenciements depuis septembre 2023, soit entre 60 000 et 90 000 emplois menacés. Autant de vies brisées et de cicatrices profondes pour nos territoires. Les salariés sont toujours les variables d’ajustement de la course aux profits pour les actionnaires.<br><br>Face à cela, il n'y a ni impuissance ni fatalité. Cette situation doit changer. En tant que puissance publique, votre responsabilité est en jeu. Nous avons besoin d’un État stratège. Or vous donnez le sentiment qu’il n’y a pas de pilote ou alors qu'il y en a un qui abdique systématiquement. <i>(Applaudissements sur de nombreux bancs du groupe EcoS.)</i><br><br>Ma question est simple : qu’allez-vous dire aux salariés de Michelin et de toutes les usines menacées ? Allez-vous leur dire que votre politique industrielle fonctionne à merveille ? Ou bien allez-vous enfin changer de cap ? <i>(Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS, LFI-NFP et sur de nombreux bancs des groupes SOC et GDR.)</i><br><br><strong>Mme la présidente . </strong>La parole est à M. le ministre délégué chargé de l'industrie.<br><br><strong>M. Marc Ferracci,</strong><i> ministre délégué chargé de l'industrie . </i>À la suite des annonces faites par Michelin ce matin, je voudrais tout d'abord, au nom du Gouvernement et plus spécialement du ministre de l'économie, des finances et de l'industrie, témoigner de notre sympathie <i>(Exclamations sur plusieurs bancs des groupes RN, LFI-NFP et EcoS)</i> pour les salariés concernés.<br><br><strong>M. Emeric Salmon .</strong> C'est insuffisant !<br><br><strong>M. Marc Ferracci,</strong><i> ministre délégué . </i>Sachez surtout que le Gouvernement suivra avec une grande attention la suite qui sera donnée à ces plans.<br><br>J'ai échangé par téléphone avec les élus des territoires concernés…<br><br><strong>M. Emeric Salmon .</strong> Comme Retailleau !<br><br><strong>M. Marc Ferracci,</strong><i> ministre délégué . </i>…et mes équipes les ont informés de la suite des opérations.<br><br>L'accompagnement social des salariés devra être exemplaire. C'est le message que nous avons transmis à la direction de Michelin.<br><br>Nous emploierons toute notre énergie à la recherche d'un repreneur afin de revitaliser les territoires. Aucun salarié ne sera laissé sur le bord du chemin.<br><br>Nous utiliserons ce faisant la méthode que nous appliquons déjà à l'ensemble des dossiers d'entreprises en difficulté dont nous sommes saisis. Pour ce faire, nous nous appuyons sur l'ensemble des services de l'État, notamment le comité interministériel de restructuration industrielle.<br><br>Tous mes échanges avec les élus sont nourris par l'esprit d'un travail collectif, car il est la solution pour résoudre les problèmes de restructuration.<br><br><strong>M. Laurent Jacobelli .</strong> Cela ne veut rien dire !<br><br><strong>M. Marc Ferracci,</strong><i> ministre délégué . </i>La réindustrialisation de notre pays reste un objectif. Vous avez évoqué les fermetures de site, mais l'observatoire de l'emploi industriel et des fermetures de site du ministère de l'économie indique que le cap en matière d'ouvertures nettes d'usines en France est maintenu.<br><br><strong>M. Nicolas Meizonnet .</strong> Que c'est mauvais !<br><br><strong>M. Marc Ferracci,</strong><i> ministre délégué . </i>Nous mobiliserons toute notre énergie à protéger les emplois et les territoires. Nous maintiendrons le cap.<br><br><strong>Mme la présidente . </strong>La parole est à M. Charles Fournier.<br><br><strong>M. Charles Fournier . </strong>Finalement, on ne change pas une équipe qui perd. Tout continue comme avant. Vos propos réjouiront sûrement les salariés. <i>(Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS et SOC.)</i><br><br><strong>M. 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