577 577députés 17ᵉ législature

Question au Gouvernement n° 1319 Réponse publiée Source officielle ↗

Exploration d'hydrocarbures en Guyane

Auteur : Eddy Casterman — Rassemblement National (Aisne · 3ᵉ circ.)
Ministère interrogé : Ministère délégué auprès du ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique, chargé de l'industrie
Ministère attributaire : Ministère délégué auprès du ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique, chargé de l'industrie
Rubrique : énergie et carburants
Date de la question :
Date de la réponse : 2026-02-18

Texte de la question

Texte de la question non publié dans la source.

Réponse ministérielle

EXPLORATION D'HYDROCARBURES EN GUYANE


Mme la présidente. La parole est à M. Eddy Casterman.

M. Eddy Casterman. Permettez-moi, à mon tour, de m'associer à l'hommage rendu à Quentin et d'assurer à sa famille tout notre soutien.

Chaque année, la France signe un chèque de 65 milliards d’euros à des puissances étrangères pour couvrir ses besoins en pétrole et gaz. Chaque année, la nation s’appauvrit de l’équivalent des budgets de la défense et de la justice réunis pour financer sa dépendance à l’Arabie Saoudite, à l’Algérie, aux États-Unis, au Kazakhstan – j’en passe.

Et chaque année, votre gouvernement nous explique que l’unique voie possible pour réduire notre servitude pétrolière et gazière serait de couvrir la France d’éoliennes et de panneaux solaires chinois.

Et pour quel résultat ! Malgré le pacte vert, l’enfer normatif et l’explosion des prix de l’énergie, malgré le saccage de nos paysages et de notre façade maritime, la consommation finale d’énergie de la France dépend toujours à 60 % du pétrole et du gaz importés.

Personne ici ne conteste que nous puissions encore décarboner une partie de notre consommation d’énergie, en poursuivant l’électrification des usages, les investissements dans notre parc nucléaire et dans nos barrages hydrauliques, ou en exploitant la chaleur du sous-sol, grâce à la géothermie. Mais ne nous payons pas de mots : nous n’atteindrons pas l’illusoire neutralité carbone à l'horizon 2050, sauf au prix d’un sabotage de l’économie française.

Face au mur énergétique, l'alternative est claire : soit condamner la France à l’indigence ou à la dépendance ; soit relancer l’exploration et l’exploitation des gisements d’hydrocarbures dans nos outre-mer.

Nous avons choisi : le groupe Rassemblement national et ses alliés d’Identité Libertés soutiennent la proposition de loi du sénateur guyanais Georges Patient, membre de votre majorité, qui vise à abolir la désastreuse loi Hulot et à autoriser de nouveau l’exploration et l’exploitation d’hydrocarbures en Guyane et dans les territoires ultramarins.

Ma question est simple : allez-vous soutenir cette proposition de loi d’urgence et de bon sens, qui concourt à la souveraineté énergétique de la France ? (Applaudissements sur les bancs du groupe RN. – M. Antoine Valentin applaudit également.)

Mme la présidente. La parole est à M. le ministre délégué chargé de l'industrie.

M. Sébastien Martin, ministre délégué chargé de l'industrie. Votre rhétorique est intéressante.

M. Julien Odoul. Oh !

M. Sébastien Martin, ministre délégué. Elle consiste à miser sur l'exploration pétrolière en Guyane.

M. Jean-Luc Fugit. Eh oui !

M. Matthias Renault. C'est oui ou c'est non ?

M. Sébastien Martin, ministre délégué. Malheureusement pour vous, au début des années 2000, des explorations des fonds sous-marins au large de la Guyane ont été réalisées par de très grandes compagnies pétrolières, y compris françaises. Elles n'ont rien trouvé…

M. Matthias Renault. En mer du Nord, il a fallu vingt ans !

M. Sébastien Martin, ministre délégué. …ou, plus précisément, ont peut-être trouvé un gisement situé à de très grandes profondeurs, dont le contenu est incertain et dont le coût d'exploitation serait démesuré. Faire reposer notre souveraineté énergétique sur l'exploration de puits de pétrole vides me semble constituer une réponse vide, elle aussi.

Le gouvernement fait d'autres choix. D'abord celui de respecter ses engagements internationaux : cela compte, monsieur le député ! L'accord de Paris ratifié par le Parlement inclut des engagements, notamment celui de ne pas rouvrir l'exploration d'hydrocarbures. Pour un grand pays comme la France, tenir ses engagements est essentiel : nous ne sommes pas l'Amérique de M. Trump.

Par ailleurs, la programmation pluriannuelle de l'énergie vise à la souveraineté industrielle et énergétique en misant sur la relance du nucléaire. Refuser cette nouvelle PPE, c'est vouloir la fermeture de réacteurs et s'opposer à la réouverture et à la création de réacteurs de type EPR 2, fabriqués dans des territoires dont certains de vos députés sont élus, ce qui est paradoxal. (Mme Danielle Brulebois, Mme Marie-Christine Dalloz et M. Jean-Luc Fugit applaudissent.)

La PPE repose également sur une part équilibrée d'énergies renouvelables, au sein d'un mix énergétique accordant une place accrue à l'électricité et visant à réduire notre dépendance aux hydrocarbures – qui représentent 60 milliards d'euros d'importations – au profit d'énergies décarbonées. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EPR et DR.)

Contexte de séance — Questions au Gouvernement

Séance du 2026-02-18 (Première) — 11 questions posées dans cet ordre. Compte-rendu officiel ↗

  1. Prévention des crues et des inondations
    M. Didier Lemaire · M. Mathieu Lefèvre, ministre délégué chargé de la transition écologique
  2. Indemnité temporaire de retraite pour les fonctionnaires ultramarins
    Mme Mereana Reid Arbelot · Mme Naïma Moutchou, ministre des outre-mer · Mme Mereana Reid Arbelot
  3. Offre de soins psychiatriques
    M. Pierre-Henri Carbonnel · Mme Stéphanie Rist, ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées
  4. Politique éducative
    M. Roger Chudeau · M. Édouard Geffray, ministre de l’éducation nationale
  5. Site Stellantis de Poissy
    M. Karl Olive · M. Sébastien Martin, ministre délégué chargé de l’industrie
  6. Position de la France à l’égard de Francesca Albanese
    Mme Andrée Taurinya · M. Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des affaires étrangères
  7. Saturation du réseau routier dans les Alpes
    Mme Valérie Rossi · M. Philippe Tabarot, ministre des transports · Mme Valérie Rossi
  8. Inondations dans le Lot-et-Garonne
    M. Guillaume Lepers · M. Sébastien Martin, ministre délégué chargé de l’industrie
  9. Pesticides
    Mme Delphine Batho · Mme Annie Genevard, ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la souveraineté alimentaire
  10. Inondations en Gironde et dans le Lot-et-Garonne
    Mme Sophie Mette · M. Mathieu Lefèvre, ministre délégué chargé de la transition écologique
  11. Mesures agroenvironnementales et climatiques
    M. Paul Molac · Mme Annie Genevard, ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la souveraineté alimentaire · M. Paul Molac
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Chaque année, la nation s’appauvrit de l’équivalent des budgets de la défense et de la justice réunis pour financer sa dépendance à l’Arabie Saoudite, à l’Algérie, aux États-Unis, au Kazakhstan – j’en passe.<br><br>Et chaque année, votre gouvernement nous explique que l’unique voie possible pour réduire notre servitude pétrolière et gazière serait de couvrir la France d’éoliennes et de panneaux solaires chinois.<br><br>Et pour quel résultat ! Malgré le pacte vert, l’enfer normatif et l’explosion des prix de l’énergie, malgré le saccage de nos paysages et de notre façade maritime, la consommation finale d’énergie de la France dépend toujours à 60 % du pétrole et du gaz importés.<br><br>Personne ici ne conteste que nous puissions encore décarboner une partie de notre consommation d’énergie, en poursuivant l’électrification des usages, les investissements dans notre parc nucléaire et dans nos barrages hydrauliques, ou en exploitant la chaleur du sous-sol, grâce à la géothermie. Mais ne nous payons pas de mots : nous n’atteindrons pas l’illusoire neutralité carbone à l'horizon 2050, sauf au prix d’un sabotage de l’économie française.<br><br>Face au mur énergétique, l'alternative est claire : soit condamner la France à l’indigence ou à la dépendance ; soit relancer l’exploration et l’exploitation des gisements d’hydrocarbures dans nos outre-mer.<br><br>Nous avons choisi : le groupe Rassemblement national et ses alliés d’Identité Libertés soutiennent la proposition de loi du sénateur guyanais Georges Patient, membre de votre majorité, qui vise à abolir la désastreuse loi Hulot et à autoriser de nouveau l’exploration et l’exploitation d’hydrocarbures en Guyane et dans les territoires ultramarins.<br><br>Ma question est simple : allez-vous soutenir cette proposition de loi d’urgence et de bon sens, qui concourt à la souveraineté énergétique de la France ? <i>(Applaudissements sur les bancs du groupe RN. – M. Antoine Valentin applaudit également.)</i><br><br><strong>Mme la présidente. </strong>La parole est à M. le ministre délégué chargé de l'industrie.<br><br><strong>M. Sébastien Martin,</strong><i> ministre délégué chargé de l'industrie. </i>Votre rhétorique est intéressante.<br><br><strong>M. Julien Odoul.</strong> Oh !<br><br><strong>M. Sébastien Martin,</strong><i> ministre délégué. </i>Elle consiste à miser sur l'exploration pétrolière en Guyane.<br><br><strong>M. Jean-Luc Fugit.</strong> Eh oui !<br><br><strong>M. Matthias Renault.</strong> C'est oui ou c'est non ?<br><br><strong>M. Sébastien Martin,</strong><i> ministre délégué. </i>Malheureusement pour vous, au début des années 2000, des explorations des fonds sous-marins au large de la Guyane ont été réalisées par de très grandes compagnies pétrolières, y compris françaises. Elles n'ont rien trouvé…<br><br><strong>M. Matthias Renault.</strong> En mer du Nord, il a fallu vingt ans !<br><br><strong>M. Sébastien Martin,</strong><i> ministre délégué. </i>…ou, plus précisément, ont peut-être trouvé un gisement situé à de très grandes profondeurs, dont le contenu est incertain et dont le coût d'exploitation serait démesuré. Faire reposer notre souveraineté énergétique sur l'exploration de puits de pétrole vides me semble constituer une réponse vide, elle aussi.<br><br>Le gouvernement fait d'autres choix. D'abord celui de respecter ses engagements internationaux : cela compte, monsieur le député ! L'accord de Paris ratifié par le Parlement inclut des engagements, notamment celui de ne pas rouvrir l'exploration d'hydrocarbures. Pour un grand pays comme la France, tenir ses engagements est essentiel : nous ne sommes pas l'Amérique de M. Trump.<br><br>Par ailleurs, la programmation pluriannuelle de l'énergie vise à la souveraineté industrielle et énergétique en misant sur la relance du nucléaire. Refuser cette nouvelle PPE, c'est vouloir la fermeture de réacteurs et s'opposer à la réouverture et à la création de réacteurs de type EPR 2, fabriqués dans des territoires dont certains de vos députés sont élus, ce qui est paradoxal. <i>(Mme Danielle Brulebois, Mme Marie-Christine Dalloz et M. Jean-Luc Fugit applaudissent.)</i><br><br>La PPE repose également sur une part équilibrée d'énergies renouvelables, au sein d'un mix énergétique accordant une place accrue à l'électricité et visant à réduire notre dépendance aux hydrocarbures – qui représentent 60 milliards d'euros d'importations – au profit d'énergies décarbonées. <i>(Applaudissements sur quelques bancs des groupes EPR et DR.)</i><br><p>"}}, "cloture": {"codeCloture": "REP_PUB", "libelleCloture": "Réponse publiée", "dateCloture": "2026-02-18", "infoJO": {"typeJO": "JO_DEBAT", "dateJO": "2026-02-18", "pageJO": "1720", "numJO": null, "urlLegifrance": null, "referenceNOR": null}}}}