577 577députés 17ᵉ législature

Question au Gouvernement n° 1380 Réponse publiée Source officielle ↗

Industrie d’armement

Auteur : Nadine Lechon — Rassemblement National (Dordogne · 1ᵉ circ.)
Ministère interrogé : Ministère délégué auprès de la ministre des armées et des anciens combattants
Ministère attributaire : Ministère délégué auprès de la ministre des armées et des anciens combattants
Rubrique : armes
Date de la question :
Date de la réponse : 2026-03-25

Texte de la question

Texte de la question non publié dans la source.

Réponse ministérielle

INDUSTRIE D'ARMEMENT


Mme la présidente . La parole est à Mme Nadine Lechon.

Mme Nadine Lechon . Madame la ministre des armées, depuis plusieurs mois, le gouvernement affiche une ambition que nous partageons : renforcer notre souveraineté militaire et augmenter significativement nos capacités de production d’armement. Mais derrière les annonces, une question s’impose : avons-nous réellement les moyens de nos ambitions ?

Le cas de l’usine Eurenco en Dordogne, dans la circonscription d'un de mes collègues, est révélateur. Cet acteur historique de la production de poudre, indispensable à notre industrie de défense, avait été laissé à l’abandon pendant des années. La guerre en Ukraine a relancé l’activité du site, mais depuis plusieurs semaines, un conflit social majeur perturbe la production, au point de menacer notre chaîne d’approvisionnement en munitions, et alors même qu’une partie de la fabrication d’obus a d’ores et déjà été délocalisée en Pologne.

Madame la ministre, derrière les promesses du gouvernement, il y a des industriels qui manquent de visibilité,…

M. Pierre Cordier . C'est vrai !

Mme Nadine Lechon . …des chaînes de production fragiles et des sites stratégiques exposés à des blocages. Nous ne réarmerons pas notre pays avec des slogans, nous ne produirons pas des munitions avec des effets d’annonce et nous ne pourrons pas restaurer notre souveraineté en pilotant à vue. Quelle est la stratégie concrète du gouvernement pour planifier et sécuriser les commandes publiques en matière d'armement, assurer la continuité de la production et garantir que nos savoir-faire en matière d’industrie militaire demeurent en France ? Quand passerez-vous d’une logique d’annonce à une véritable politique industrielle de défense ? (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

Mme la présidente . La parole est à Mme la ministre déléguée auprès de la ministre des armées et des anciens combattants.

Mme Alice Rufo, ministre déléguée auprès de la ministre des armées et des anciens combattants . Vous m'interrogez sur l'adéquation entre notre stratégie et nos moyens.

D'abord, la loi de programmation militaire ainsi que les commandes votées annuellement en loi de finances donnent de la visibilité aux industriels.

Pour ce qui concerne Eurenco, fleuron de la production de poudre et d'explosifs, son succès ne doit rien aux effets d'annonce : l'État s'est engagé en détenant le capital de l'entreprise à 100 % et en relançant la production de l'approvisionnement critique. Cet engagement s'est matérialisé, en mars 2025, par l'ouverture d'un site qui a été inauguré par le premier ministre, alors ministre des armées. La situation de l'entreprise est bonne : Eurenco exporte et embauche ; c'est donc un modèle de réussite.

S'agissant du conflit que vous avez évoqué, le dialogue social annuel est obligatoire et l'État n'intervient pas dans ce cadre. Une proposition a été mise sur la table et l'État a fait le nécessaire en permettant que les résultats soient réinvestis dans l'appareil productif et l'intéressement des salariés. À ce stade, la situation sociale dans l'entreprise – la grève perlée dure depuis quelques semaines – n'a pas d'impact sur notre approvisionnement en matériel militaire et un impact léger et mesurable sur la production civile.

Sur le long terme, nous devons donner de la visibilité aux entreprises – c'est l'objet de la LPM et des débats que vous menez dans cet hémicycle – et renforcer les chaînes de production. En effet, il faut que les donneurs d'ordre répercutent les commandes sur leurs sous-traitants. Il faut accompagner dans la durée la remontée en puissance de cette industrie trop longtemps délaissée, comme nous le faisons pour Eurenco.

Mme la présidente . La parole est à Mme Nadine Lechon.

Mme Nadine Lechon . Pour être respecté, il faut être craint !

Contexte de séance — Questions au Gouvernement

Séance du 2026-03-25 (Première) — 11 questions posées dans cet ordre. Compte-rendu officiel ↗

  1. Dermatose nodulaire contagieuse
    M. Antoine Valentin · Mme Annie Genevard, ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la souveraineté alimentaire · M. Antoine Valentin
  2. Réforme du mode de scrutin municipal
    M. Emeric Salmon · Mme Françoise Gatel, ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation · M. Emeric Salmon
  3. Accès aux soins
    Mme Marie-Philippe Lubet · Mme Stéphanie Rist, ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées
  4. Accords de libre-échange
    Mme Sylvie Ferrer · M. Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des affaires étrangères
  5. Projet Bromo
    M. Arnaud Simion · M. Philippe Baptiste, ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’espace
  6. Troubles lors des élections municipales
    M. Nicolas Tryzna · M. Laurent Nuñez, ministre de l’intérieur
  7. Droit au logement
    Mme Danielle Simonnet · M. Vincent Jeanbrun, ministre de la ville et du logement
  8. Taxe sur les petits colis
    Mme Louise Morel · M. David Amiel, ministre de l’action et des comptes publics
  9. Politique du logement
    M. Jean-Pierre Bataille · M. Vincent Jeanbrun, ministre de la ville et du logement
  10. Application des lois en matière de transition écologique
    Mme Anne-Cécile Violland · Mme Monique Barbut, ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature
  11. Nouvelle-Calédonie
    M. Emmanuel Tjibaou · M. Laurent Panifous, ministre délégué chargé des relations avec le Parlement · M. Emmanuel Tjibaou
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Cet engagement s'est matérialisé, en mars 2025, par l'ouverture d'un site qui a été inauguré par le premier ministre, alors ministre des armées. La situation de l'entreprise est bonne : Eurenco exporte et embauche ; c'est donc un modèle de réussite.<br><br>S'agissant du conflit que vous avez évoqué, le dialogue social annuel est obligatoire et l'État n'intervient pas dans ce cadre. Une proposition a été mise sur la table et l'État a fait le nécessaire en permettant que les résultats soient réinvestis dans l'appareil productif et l'intéressement des salariés. À ce stade, la situation sociale dans l'entreprise – la grève perlée dure depuis quelques semaines – n'a pas d'impact sur notre approvisionnement en matériel militaire et un impact léger et mesurable sur la production civile.<br><br>Sur le long terme, nous devons donner de la visibilité aux entreprises – c'est l'objet de la LPM et des débats que vous menez dans cet hémicycle – et renforcer les chaînes de production. En effet, il faut que les donneurs d'ordre répercutent les commandes sur leurs sous-traitants. Il faut accompagner dans la durée la remontée en puissance de cette industrie trop longtemps délaissée, comme nous le faisons pour Eurenco.<br><br><strong>Mme la présidente . </strong>La parole est à Mme Nadine Lechon.<br><br><strong>Mme Nadine Lechon . </strong>Pour être respecté, il faut être craint !<br> <p>"}}, "cloture": {"codeCloture": "REP_PUB", "libelleCloture": "Réponse publiée", "dateCloture": "2026-03-25", "infoJO": {"typeJO": "JO_DEBAT", "dateJO": "2026-03-25", "pageJO": null, "numJO": null, "urlLegifrance": null, "referenceNOR": null}}}}