577députés 17ᵉ législature

Question au Gouvernement n° 1512 Réponse publiée Source officielle ↗

Surpopulation carcérale

Auteur : Roger Vicot — Socialistes et apparentés (Nord · 11ᵉ circ.)
Ministère interrogé : Ministère délégué auprès du Premier ministre, chargé des relations avec le Parlement
Ministère attributaire : Ministère délégué auprès du Premier ministre, chargé des relations avec le Parlement
Rubrique : lieux de privation de liberté
Date de la question :
Date de la réponse : 2026-05-06

Texte de la question

Texte de la question non publié dans la source.

Réponse ministérielle

SURPOPULATION CARCÉRALE


Mme la présidente. La parole est à M. Roger Vicot.

M. Roger Vicot. Le 27 avril, un mouvement d'ampleur mobilisait les agents pénitentiaires des prisons de France. Ils dénonçaient – ce sont leurs mots – une situation « catastrophique ». Il ne s'agissait pas d'une grève ordinaire, mais d'un véritable cri d'alarme. Cette terrible réalité tient en quelques chiffres, que vous connaissez : plus de 88 000 détenus pour 63 000 places environ, soit un taux d'occupation global de 137,5 % au 1er mars, 6 596 matelas au sol, contre 4 490 il y a un an. Dans la maison d'arrêt de Lille-Loos-Sequedin, dans ma circonscription, le taux d'occupation atteint 172 % ; dans celle de Bordeaux-Gradignan, on compte 1 200 détenus pour 633 places ; dans celle de Bayonne, 160 pour 70 places. La situation des personnels pénitentiaires est tout aussi inquiétante : 5 000 emplois sont vacants dans cette administration. Ces absences exposent quotidiennement les agents à la violence : 5 000 agressions ont lieu, en moyenne, chaque année.

Le personnel pénitentiaire ne vous demande pas de la compassion, mais de l'action. Quant aux détenus – car ce débat les concerne aussi –, ils ont droit à des conditions de détention conformes à notre Constitution et à la Convention européenne des droits de l'homme.

Ma question est simple : quand allez-vous engager un plan d'urgence de recrutement pour pourvoir les 5 000 postes vacants, avec un calendrier contraignant et rendu public ? Quand prendrez-vous des mesures structurelles contre la surpopulation carcérale ? Êtes-vous prêts, comme le réclame la totalité des syndicats, à envisager enfin un mécanisme de régulation carcérale ? (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.)

M. Pierre Pribetich. Bravo !

Mme la présidente. La parole est à M. le ministre délégué chargé des relations avec le Parlement.

M. Laurent Panifous, ministre délégué chargé des relations avec le Parlement. Je vous prie d'excuser le garde des sceaux qui est retenu, précisément, dans le cadre des discussions pénitentiaires.

Vous avez raison, la surpopulation carcérale est un fléau pour notre pays et nous ne pouvons nous en satisfaire. Ce n'est pas digne et cela affecte les conditions de travail des agents et les conditions de détention des détenus. Je tiens d'ailleurs à saluer le travail remarquable que font les agents pénitentiaires, dans des conditions extrêmement difficiles. (M. Jimmy Pahun et M. Stéphane Delautrette applaudissent.)

Au 1er avril, à l'issue d'une hausse de 6 % en un an, on comptait 88 000 détenus, soit 5 000 personnes incarcérées supplémentaires. Plusieurs leviers sont actionnés pour faire face à la surpopulation carcérale. D'abord, augmenter le nombre de places de prison en en créant de nouvelles, grâce au plan dit 15 000. Leur nombre augmente déjà : 63 353 places sont opérationnelles, soit 995 de plus que l'an dernier. Le garde des sceaux a lancé, l'année dernière, un plan de construction de 3 000 places d'ici à 2028, dans des prisons dites modulaires, que l'on peut construire trois fois plus vite et deux fois moins cher. Une première phase a été lancée : dix-sept sites ont été retenus. Le premier, situé à Troyes, verra sa première pierre posée à l'automne et la prison devrait être achevée d'ici la fin de l'année. Le second levier consiste à agir sur le type de peines et les alternatives à l'incarcération, quand c'est possible, en encourageant notamment les dispositifs de bracelet électronique, sur lesquels nous avons des marges de manœuvre.

Enfin, le Parlement pourra prochainement débattre de la surpopulation carcérale et de l'exécution des peines, car le gouvernement élabore un projet de loi sur l'exécution des peines et le président de la commission des lois, Florent Boudié, a récemment déposé une proposition de loi sur le sujet.

Contexte de séance — Questions au Gouvernement

Séance du 2026-05-06 (Première) — 11 questions posées dans cet ordre. Compte-rendu officiel ↗

  1. Sincérité budgétaire
    Mme Christine Arrighi · M. David Amiel, ministre de l’action et des comptes publics
  2. Portée pédagogique des commémorations
    Mme Josy Poueyto · M. Édouard Geffray, ministre de l’éducation nationale
  3. Logement social dans les outre-mer
    M. Olivier Serva · Mme Naïma Moutchou, ministre des outre-mer · M. Olivier Serva
  4. Traitement des cancers du cerveau
    M. Frédéric Valletoux · Mme Stéphanie Rist, ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées
  5. Prix des carburants
    M. Édouard Bénard · Mme Maud Bregeon, ministre déléguée, porte-parole du gouvernement, et ministre déléguée chargée de l’énergie
  6. Urgences patrimoniales
    M. Maxime Michelet · M. Laurent Panifous, ministre délégué chargé des relations avec le Parlement
  7. Industrie du plastique
    M. Jérôme Buisson · Mme Maud Bregeon, ministre déléguée, porte-parole du gouvernement, et ministre déléguée chargée de l’énergie · M. Jérôme Buisson
  8. Lutte contre la culture du viol
    M. Guillaume Gouffier Valente · Mme Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations
  9. Situation au Mali
    M. Aurélien Saintoul · M. Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des affaires étrangères
  10. Maisons France Autonomie
    Mme Pascale Got · Mme Camille Galliard-Minier, ministre déléguée chargée de l’autonomie et des personnes handicapées · Mme Pascale Got
  11. Éco-organismes
    M. Jérôme End · M. Mathieu Lefèvre, ministre délégué chargé de la transition écologique
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Je tiens d'ailleurs à saluer le travail remarquable que font les agents pénitentiaires, dans des conditions extrêmement difficiles. <i>(M. Jimmy Pahun et M. Stéphane Delautrette applaudissent.)</i><br><br>Au 1er avril, à l'issue d'une hausse de 6 % en un an, on comptait 88 000 détenus, soit 5 000 personnes incarcérées supplémentaires. Plusieurs leviers sont actionnés pour faire face à la surpopulation carcérale. D'abord, augmenter le nombre de places de prison en en créant de nouvelles, grâce au plan dit 15 000. Leur nombre augmente déjà : 63 353 places sont opérationnelles, soit 995 de plus que l'an dernier. Le garde des sceaux a lancé, l'année dernière, un plan de construction de 3 000 places d'ici à 2028, dans des prisons dites modulaires, que l'on peut construire trois fois plus vite et deux fois moins cher. Une première phase a été lancée : dix-sept sites ont été retenus. Le premier, situé à Troyes, verra sa première pierre posée à l'automne et la prison devrait être achevée d'ici la fin de l'année. Le second levier consiste à agir sur le type de peines et les alternatives à l'incarcération, quand c'est possible, en encourageant notamment les dispositifs de bracelet électronique, sur lesquels nous avons des marges de manœuvre.<br><br>Enfin, le Parlement pourra prochainement débattre de la surpopulation carcérale et de l'exécution des peines, car le gouvernement élabore un projet de loi sur l'exécution des peines et le président de la commission des lois, Florent Boudié, a récemment déposé une proposition de loi sur le sujet.<br>"}}, "cloture": {"codeCloture": "REP_PUB", "libelleCloture": "Réponse publiée", "dateCloture": "2026-05-06", "infoJO": {"typeJO": "JO_DEBAT", "dateJO": "2026-05-06", "pageJO": null, "numJO": null, "urlLegifrance": null, "referenceNOR": null}}}}