577députés 17ᵉ législature

Question au Gouvernement n° 1749 Réponse publiée Source officielle ↗

Effets de la canicule sur le millieu hospitalier

Auteur : Damien Maudet — La France insoumise - Nouveau Front Populaire (Haute-Vienne · 1ᵉ circ.)
Ministère interrogé : Ministère de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées
Ministère attributaire : Ministère de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées
Rubrique : établissements de santé
Date de la question :
Date de la réponse : 2026-07-02

Texte de la question

Texte de la question non publié dans la source.

Réponse ministérielle

EFFETS DE LA CANICULE SUR LE MILIEU HOSPITALIER


Mme la présidente. La parole est à M. Damien Maudet.

M. Damien Maudet. Ma question s’adresse à Mme la ministre de la santé.

« On a, pour la première fois, des morts dans des chambres [d’hôpital] à cause des températures extrêmes. » Ce sont les propos du vice-président de Samu-Urgences de France. À Rennes, trois soignantes ont dû être perfusées parce qu’elles souffraient d’hyperthermie. À Limoges, en Ehpad, des centenaires souffrent dans des chambres à plus de 30 oC. À Paris, avec 40 oC en pédiatrie, des bébés convulsent. En France, la canicule a déjà tué 1 000 personnes en seulement quatre jours. Aux quatre coins du pays, dans nos hôpitaux, patients comme soignants étouffent et sont mis en danger.

Ce bilan, c’est le vôtre. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Cette situation, vous en êtes responsable. Car vingt ans après la canicule de 2003, rien n’a changé. Les bâtiments ne sont pas adaptés ; 60 % des établissements de santé sont vétustes ; des milliers de chambres se transforment en étuves. Car, six ans après le covid, rien n'a changé. Les soignants ne sont toujours pas respectés. Nous sommes passés de soignants héroïques sans masque, se couvrant de sacs-poubelle faute de blouse, à des soignants dans des services sans climatiseur, obligés d’installer des couvertures de survie aux fenêtres faute d’isolation. (Mêmes mouvements.)

Mme Virginie Duby-Muller. Il ne faut pas être contre la climatisation, alors !

M. Damien Maudet. Patients et soignants sont mis en danger par les pics de chaleur, mais surtout par votre politique de malheur. En quelques années, vous avez asphyxié financièrement l’hôpital public. (Mêmes mouvements.) En quelques années, nous sommes passés du meilleur système de santé au monde à des services d’urgence qui ferment, à des couloirs saturés de brancards, à des malades qui décèdent faute de prise en charge. Alors, quand la canicule frappe des hôpitaux passoires thermiques, avec des milliers de lits fermés et des soignants débordés, les Français payent vos choix politiques du prix de leur vie.

Madame la ministre, ce bilan, c’est le vôtre. Cette situation, vous en êtes responsable. Dites-nous combien de personnes sont décédées du fait de la canicule ! (Mêmes mouvements.) La semaine prochaine, tout cela va se répéter. Combien faudra-t-il de crises, combien faudra-t-il de drames pour que vous arrêtiez de sacrifier notre santé et de sacrifier l’hôpital ?

Si vous êtes incapable d’agir pour les patients et pour les soignants, nous le ferons dès 2027 ! (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent pour applaudir.)

M. Sylvain Maillard. Mais oui, mais oui !

Mme la présidente. La parole est à Mme la ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées.

Mme Stéphanie Rist, ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées. Nous avons l’habitude de votre instrumentalisation, à des fins politiques, de l’hôpital et des soignants. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR et Dem. – Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

M. Sylvain Maillard. Eh oui !

M. Bertrand Sorre. Voyous !

Mme Stéphanie Rist, ministre. Je le regrette, car ces derniers mois et ces dernières semaines les soignants se sont mobilisés au travers de plans Blancs, avec des renforts de personnels,…

Mme Mathilde Panot. C’est vous que nous mettons en cause, pas les soignants !

Mme Stéphanie Rist, ministre. …en adaptant leurs plannings, en renforçant les urgences ou en déployant des mesures de rafraîchissement - tout cela pour pouvoir continuer à faire ce qu’ils savent faire : s’occuper des malades. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Mme Blandine Brocard et Mme Constance Le Grip. Écoutez la réponse de la ministre !

Mme Stéphanie Rist, ministre. L’État et le gouvernement ont assumé leurs responsabilités. Dès le mois de mai, nous avons anticipé les premières chaleurs et déclenché le niveau 1 du plan Orsan – jusqu’au niveau 3 ultérieurement. Ces mesures ont permis aux professionnels du privé et du public de travailler ensemble et de fluidifier les lits d’aval ; bref, d’anticiper. (« Bla, bla, bla ! » sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Vous pouvez dire « Bla, bla, bla », mais, moi, je vous ai écoutés ! (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EPR et Dem.)

Le gouvernement a également été au rendez-vous en interministériel. (M. Antoine Léaument s’exclame.) Vous l’avez dit : il y a malheureusement des décès provoqués par ces chaleurs extrêmes, majoritairement à domicile. Le gouvernement a su mobiliser. Nous avons échangé avec les maires et les associations, afin de faire le point sur ces décès.

Mme Mathilde Panot. On ne vous demande pas d’échanger, mais de répondre à la question !

Mme Sophia Chikirou. Combien de morts ?

Mme Stéphanie Rist, ministre. Cette situation relève aussi, je crois, de la responsabilité collective de notre société. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Mme Andrée Taurinya. Vous avez saccagé l’hôpital public ! C’est à cause de vous ! (« Oh ! » sur les bancs du groupe EPR.)

Mme Mathilde Panot. Eh oui : dix ans de macronisme !

Mme Stéphanie Rist, ministre. Nous avons encore été au rendez-vous en matière financière, puisqu’une enveloppe d’urgence a été débloquée afin d’installer des climatiseurs pour que les soignants soient protégés si de nouvelles vagues de chaleur devaient arriver.

Vous instrumentalisez les soignants, alors que nous travaillons avec eux. Nous avons prévu 40 milliards d’euros de plus par an pour l’hôpital public et 11 milliards pour la revalorisation des salaires des soignants : monsieur Maudet, où est votre responsabilité ? (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR et sur plusieurs bancs du groupe Dem. – Vives exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Mme la présidente. La parole est à M. Damien Maudet.

M. Damien Maudet. En effet, les soignants sont mobilisés, eux qui sont rappelés durant leurs jours de repos alors que la situation est déjà tendue. Le gouvernement, en revanche, est toujours absent ; il cherchera, toujours, à faire des économies sur l’hôpital. Mais cela va cesser, nous soutiendrons… (Le temps de parole étant écoulé, Mme la présidente coupe le micro de l’orateur. - Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent et applaudissent ce dernier.)
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À Rennes, trois soignantes ont dû être perfusées parce qu’elles souffraient d’hyperthermie. À Limoges, en Ehpad, des centenaires souffrent dans des chambres à plus de 30 oC. À Paris, avec 40 oC en pédiatrie, des bébés convulsent. En France, la canicule a déjà tué 1 000 personnes en seulement quatre jours. Aux quatre coins du pays, dans nos hôpitaux, patients comme soignants étouffent et sont mis en danger.<br><br>Ce bilan, c’est le vôtre. <i>(Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) </i>Cette situation, vous en êtes responsable. Car vingt ans après la canicule de 2003, rien n’a changé. Les bâtiments ne sont pas adaptés ; 60 % des établissements de santé sont vétustes ; des milliers de chambres se transforment en étuves. Car, six ans après le covid, rien n'a changé. Les soignants ne sont toujours pas respectés. Nous sommes passés de soignants héroïques sans masque, se couvrant de sacs-poubelle faute de blouse, à des soignants dans des services sans climatiseur, obligés d’installer des couvertures de survie aux fenêtres faute d’isolation. (Mêmes mouvements.)<br><br><strong>Mme Virginie Duby-Muller.</strong> Il ne faut pas être contre la climatisation, alors !<br><br><strong>M. Damien Maudet. </strong>Patients et soignants sont mis en danger par les pics de chaleur, mais surtout par votre politique de malheur. En quelques années, vous avez asphyxié financièrement l’hôpital public. <i>(Mêmes mouvements.) </i>En quelques années, nous sommes passés du meilleur système de santé au monde à des services d’urgence qui ferment, à des couloirs saturés de brancards, à des malades qui décèdent faute de prise en charge. Alors, quand la canicule frappe des hôpitaux passoires thermiques, avec des milliers de lits fermés et des soignants débordés, les Français payent vos choix politiques du prix de leur vie.<br><br>Madame la ministre, ce bilan, c’est le vôtre. Cette situation, vous en êtes responsable. Dites-nous combien de personnes sont décédées du fait de la canicule ! <i>(Mêmes mouvements.) </i>La semaine prochaine, tout cela va se répéter. Combien faudra-t-il de crises, combien faudra-t-il de drames pour que vous arrêtiez de sacrifier notre santé et de sacrifier l’hôpital ?<br><br>Si vous êtes incapable d’agir pour les patients et pour les soignants, nous le ferons dès 2027 ! <i>(Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent pour applaudir.)</i><br><br><strong>M. Sylvain Maillard.</strong> Mais oui, mais oui !<br><br><strong>Mme la présidente. </strong>La parole est à Mme la ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées.<br><br><strong>Mme Stéphanie Rist,</strong><i> ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées. </i>Nous avons l’habitude de votre instrumentalisation, à des fins politiques, de l’hôpital et des soignants. <i>(Applaudissements sur les bancs des groupes EPR et Dem. – Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)</i><br><br><strong>M. Sylvain Maillard.</strong> Eh oui !<br><br><strong>M. Bertrand Sorre.</strong> Voyous !<br><br><strong>Mme Stéphanie Rist,</strong><i> ministre. </i>Je le regrette, car ces derniers mois et ces dernières semaines les soignants se sont mobilisés au travers de plans Blancs, avec des renforts de personnels,…<br><br><strong>Mme Mathilde Panot.</strong> C’est vous que nous mettons en cause, pas les soignants !<br><br><strong>Mme Stéphanie Rist,</strong><i> ministre. </i>…en adaptant leurs plannings, en renforçant les urgences ou en déployant des mesures de rafraîchissement - tout cela pour pouvoir continuer à faire ce qu’ils savent faire : s’occuper des malades. <i>(Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)</i><br><br><strong>Mme Blandine Brocard et Mme Constance Le Grip.</strong> Écoutez la réponse de la ministre !<br><br><strong>Mme Stéphanie Rist,</strong><i> ministre. </i>L’État et le gouvernement ont assumé leurs responsabilités. Dès le mois de mai, nous avons anticipé les premières chaleurs et déclenché le niveau 1 du plan Orsan – jusqu’au niveau 3 ultérieurement. Ces mesures ont permis aux professionnels du privé et du public de travailler ensemble et de fluidifier les lits d’aval ; bref, d’anticiper. <i>(« Bla, bla, bla ! » sur les bancs du groupe LFI-NFP.) </i>Vous pouvez dire « Bla, bla, bla », mais, moi, je vous ai écoutés ! (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EPR et Dem.)<br><br>Le gouvernement a également été au rendez-vous en interministériel.<i> (M. Antoine Léaument s’exclame.) </i>Vous l’avez dit : il y a malheureusement des décès provoqués par ces chaleurs extrêmes, majoritairement à domicile. Le gouvernement a su mobiliser. Nous avons échangé avec les maires et les associations, afin de faire le point sur ces décès.<br><br><strong>Mme Mathilde Panot.</strong> On ne vous demande pas d’échanger, mais de répondre à la question !<br><br><strong>Mme Sophia Chikirou.</strong> Combien de morts ?<br><br><strong>Mme Stéphanie Rist,</strong><i> ministre. </i>Cette situation relève aussi, je crois, de la responsabilité collective de notre société. <i>(Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)</i><br><br><strong>Mme Andrée Taurinya.</strong> Vous avez saccagé l’hôpital public ! C’est à cause de vous !<i> (« Oh ! » sur les bancs du groupe EPR.)</i><br><br><strong>Mme Mathilde Panot.</strong> Eh oui : dix ans de macronisme !<br><br><strong>Mme Stéphanie Rist,</strong><i> ministre. </i>Nous avons encore été au rendez-vous en matière financière, puisqu’une enveloppe d’urgence a été débloquée afin d’installer des climatiseurs pour que les soignants soient protégés si de nouvelles vagues de chaleur devaient arriver.<br><br>Vous instrumentalisez les soignants, alors que nous travaillons avec eux. Nous avons prévu 40 milliards d’euros de plus par an pour l’hôpital public et 11 milliards pour la revalorisation des salaires des soignants : monsieur Maudet, où est votre responsabilité ? <i>(Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR et sur plusieurs bancs du groupe Dem. – Vives exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)</i><br><br><strong>Mme la présidente. </strong>La parole est à M. Damien Maudet.<br><br><strong>M. Damien Maudet. </strong>En effet, les soignants sont mobilisés, eux qui sont rappelés durant leurs jours de repos alors que la situation est déjà tendue. Le gouvernement, en revanche, est toujours absent ; il cherchera, toujours, à faire des économies sur l’hôpital. 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