577députés 17ᵉ législature

Question au Gouvernement n° 1787 Réponse publiée Source officielle ↗

Visas délivrés aux ressortissants algériens

Auteur : Olivier Fayssat — Union des droites pour la République (Bouches-du-Rhône · 6ᵉ circ.)
Ministère interrogé : Ministère de l’Europe et des affaires étrangères
Ministère attributaire : Ministère de l’Europe et des affaires étrangères
Rubrique : politique extérieure
Date de la question :
Date de la réponse : 2026-07-22

Texte de la question

Texte de la question non publié dans la source.

Réponse ministérielle

VISAS DÉLIVRÉS AUX RESSORTISSANTS ALGÉRIENS


Mme la présidente. La parole est à M. Olivier Fayssat.

M. Olivier Fayssat. Monsieur le ministre des affaires étrangères, la loi sur la criminalisation de la colonisation française a été publiée au Journal officiel algérien au mois de mai. Cette loi qualifie cette période de crime d'État, énumère trente et une infractions considérées comme des crimes de colonisation imprescriptibles et punit de cinq à dix ans d'emprisonnement la promotion ou même une simple justification de la colonisation dans les sphères médiatiques, académiques, culturelles ou politiques.

Votre réponse à cette loi provocatrice, humiliante et liberticide, qui criminalise l'histoire de France, les harkis et les pieds-noirs ? (Mme Sabrina Sebaihi s'exclame.) Elle est venue la semaine dernière par la voix de l'ambassadeur de France en Algérie, M. Stéphane Romatet, qui a dévoilé la feuille de route fixée par le président Macron : le volume de visas délivrés aux ressortissants algériens doit repartir à la hausse pour retrouver son niveau antérieur, soit plus de 250 000 visas par an. Cela fait longtemps que vous avez mis la France à genoux devant l'Algérie ; nous voilà à plat ventre.

Parallèlement, estimant de toute évidence que même la politique de l'Europe n'est plus assez immigrationniste à son goût, le président Macron refuse d'appliquer la directive retour adoptée par le Parlement européen.

M. Antoine Léaument. Vos propos sont honteux !

M. Olivier Fayssat. Nous savons que votre gouvernement n'appliquera pas la résolution visant à dénoncer les accords franco-algériens du 27 décembre 1968, proposée par le Rassemblement national et adoptée dans cet hémicycle le 30 octobre – pour cela, nous patienterons jusqu'en 2027. Mais en attendant, je vous le demande : pourquoi cet objectif de 250 000 visas ? Pourquoi cette humiliation diplomatique dans laquelle vous pataugez ? Pourquoi n'entendez-vous pas les Français ? Pourquoi maintenez-vous ce cap de soumission qui nous précipite tout droit vers les récifs ? (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)

Mme la présidente. La parole est à M. le ministre de l’Europe et des affaires étrangères.

M. Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des affaires étrangères. Il y a une différence majeure entre vous – ainsi que vos camarades du Rassemblement national – et nous : vous êtes obsédés par l'Algérie ; nous sommes obsédés par la France ! Vous êtes obsédés par les Algériens, nous par les Français et leurs intérêts. (Exclamations sur quelques bancs du groupe RN. – M. Julien Odoul fait mine de nager la brasse.) C'est pourquoi ce réengagement des relations avec l'Algérie, graduel, réversible et dépendant des résultats que nous obtiendrons, suit une seule boussole : l'intérêt de la France et des Français.

En 2025, le nombre de visas délivrés à des ressortissants algériens a baissé de 20 %, principalement en raison des décisions brutales prises par le gouvernement algérien à l'encontre de notre réseau diplomatique. Au-delà de cela, nous n'avons jamais eu d'objectif chiffré : notre politique ne répond à aucune logique de volume ou de quota mais à l'appréciation de nos intérêts et de l'évolution de la relation entre nos deux pays.

Je regrette d'avoir à nouveau à dire que vous auriez pu avoir un mot, puisque vous soulevez la question de l'Algérie, pour notre compatriote Christophe Gleizes. (Vives exclamations sur plusieurs bancs du groupe RN.)

M. Kévin Pfeffer. Incapables !

M. Jean-Noël Barrot, ministre. Se soucier du sort de nos compatriotes lorsqu'ils sont détenus à l'étranger, ce n'est jamais être à côté de la plaque. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR.)

Mme la présidente. La parole est à M. Olivier Fayssat.

M. Olivier Fayssat. Si vous adoptiez vis-à-vis de l'Algérie un ton aussi ferme que celui de vos réponses aux députés, on n'en serait pas là ! (Vifs applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)

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