Relations entre la France et l’Algérie
Auteur :
Stéphane Peu
— Gauche Démocrate et Républicaine
(Seine-Saint-Denis · 2ᵉ circ.)
Ministère interrogé : Ministère de l’Europe et des affaires étrangères
Ministère attributaire : Ministère de l’Europe et des affaires étrangères
Rubrique : politique extérieure
Date de la question : —
Date de la réponse : 2025-03-12
Texte de la question
Texte de la question non publié dans la source.
Réponse ministérielle
RELATIONS ENTRE LA FRANCE ET L'ALGÉRIE
Mme la présidente . La parole est à M. Stéphane Peu.
M. Stéphane Peu . Depuis l’été 2024, les relations diplomatiques entre la France et l’Algérie ne cessent de se détériorer et les sujets de discorde s'accumulent : la détention arbitraire de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal ; le soutien de la France au plan d’autonomie marocain pour le Sahara occidental en dépit des décisions de l’ONU ; les refus répétés de l’Algérie d’accueillir ses ressortissants frappés d’une obligation de quitter le territoire français ; la passivité du gouvernement français face au racisme et au révisionnisme qui envahissent le débat public et médiatique. (M. Julien Odoul s'exclame.) Jamais, depuis l’indépendance de l’Algérie, la crise n’a été aussi grave entre Paris et Alger.
Malgré le dialogue exigeant et respectueux prôné par le président Macron, votre gouvernement s’exprime surtout par la voix de ceux qui préfèrent se délester de ce qui leur reste de gaullisme pour mieux courir après l’extrême droite. (Applaudissements sur les bancs du groupes GDR et sur plusieurs bancs du groupe EcoS. – Mme Fatiha Keloua Hachi applaudit aussi. – M. Laurent Jacobelli s'exclame.) Cette surenchère fracture la société française ; elle stigmatise et blesse plusieurs millions de nos concitoyens, liés d’une manière ou d’une autre à l’Algérie. Au nom de l’histoire commune à nos deux peuples, pour la paix et la réconciliation des mémoires,…
M. Julien Odoul . Oh là là !
M. Stéphane Peu . …il est temps de prendre conscience que la politique d’affrontement est sans issue et aggrave une situation déjà très inquiétante. Cette stratégie est d’autant plus dangereuse qu’au même moment, l’Amérique de Trump signe un accord militaire et stratégique avec Alger.
Monsieur le ministre de l'Europe et des affaires étrangères, les relations historiques qui lient nos deux pays par-delà les rives de la Méditerranée méritent, à tout le moins, que la France parle d’une seule voix. La diplomatie doit prévaloir. Comment comptez-vous agir ?
Pour faire allusion à l'incident de tout à l'heure, j'espère - mais je n'en doute pas - que, contrairement à votre collègue, vous me regarderez en répondant. (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR et sur plusieurs bancs du groupes EcoS. - Mme Fatiha Keloua Hachi, M. François Hollande et M. Gérard Leseul applaudissent aussi.)
Mme la présidente . La parole est à M. le ministre de l’Europe et des affaires étrangères.
M. Julien Odoul . Et du laxisme !
M. Jean-Noël Barrot, ministre de l'Europe et des affaires étrangères . La France aspire, évidemment, à entretenir de bonnes relations avec l'Algérie, pays voisin avec lequel nos relations sont denses et complexes. Pour cela, ces relations doivent s'apaiser ; mais l'apaisement ne se décrète pas unilatéralement. Ce n'est pas la France qui se trouve à l'origine de ce que vous qualifiez de surenchère.
M. Jean-Paul Lecoq . Un peu, quand même !
M. Jean-Noël Barrot, ministre . Ce n'est pas la France qui se trouve à l'origine de la détention arbitraire d'un écrivain franco-algérien, ni qui refuse de réadmettre sur le territoire algérien des ressortissants français en situation irrégulière. Ces tensions, dont nous ne sommes pas à l'origine, nous souhaitons les résoudre, mais avec exigence et sans faiblesse. C'est la raison pour laquelle, comme nous l'a demandé le premier ministre, nous transmettrons aux autorités algériennes une liste de ressortissants algériens ayant vocation à quitter le territoire français. Nous souhaitons que les autorités algériennes se saisissent de cette liste et qu'elles engagent ainsi une nouvelle phase dans nos relations, qui permette de traiter nos différends et d'amorcer d'éventuelles coopérations stratégiques.
Dans le cas contraire, le premier ministre l'a dit, nous sommes prêts à défendre nos intérêts, comme nous l'avons déjà fait récemment en prenant des mesures restrictives – mais réversibles – à l'égard de dignitaires algériens. Nous souhaitons agir de façon pragmatique, sans aucune idéologie, avec pour seule obsession d'obtenir des résultats, en particulier pour les Français.
Enfin, permettez-moi, comme l'avait fait le premier ministre à l'issue du comité interministériel de contrôle de l'immigration il y a quinze jours, d'avoir un mot pour les milliers de personnes qui, en France, sont liées d'une manière ou d'une autre à l'Algérie et qui n'ont rien à voir avec les difficultés que nous rencontrons auprès des autorités algériennes : elles ont le droit à la tranquillité et je m'entretiendrai prochainement avec des représentants de cette diaspora. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe Dem.)
Contexte de séance — Questions au Gouvernement
Séance du 2025-03-12 (Première) — 11 questions posées dans cet ordre. Compte-rendu officiel ↗
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Volonté de paix
M. Nicolas Sansu · M. Thani Mohamed Soilihi, ministre délégué chargé de la francophonie et des partenariats internationaux
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Simplification administrative
M. Charles Alloncle · M. Laurent Marcangeli, ministre de l’action publique, de la fonction publique et de la simplification · M. Charles Alloncle
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Reprise de l’usine Sanofi d’Amilly
M. Thomas Ménagé · M. Éric Lombard, ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique · M. Thomas Ménagé
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Agressions de soignants
Mme Stéphanie Rist · M. Yannick Neuder, ministre chargé de la santé et de l’accès aux soins
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Situation en République démocratique du Congo
Mme Clémence Guetté · M. Thani Mohamed Soilihi, ministre délégué chargé de la francophonie et des partenariats internationaux
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Moyens alloués à la justice
Mme Estelle Mercier · M. Gérald Darmanin, ministre d’État, garde des sceaux, ministre de la justice
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Attitude du groupe LFI à l’Assemblée nationale
M. Vincent Jeanbrun · M. Patrick Mignola, ministre délégué chargé des relations avec le Parlement · Mme la présidente
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Demandeurs d’asile syriens
M. Pouria Amirshahi · M. François-Noël Buffet, ministre auprès du ministre d’État, ministre de l’intérieur · M. Pouria Amirshahi
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Quart d’heure lecture
Mme Géraldine Bannier · Mme Rachida Dati, ministre de la culture · Mme Géraldine Bannier
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Filière photovoltaïque
M. Paul Molac · M. Éric Lombard, ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique · M. Paul Molac
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Santé auditive
M. François Gernigon · M. Yannick Neuder, ministre chargé de la santé et de l’accès aux soins
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Gérard Leseul applaudissent aussi.)</i><br><br><strong>Mme la présidente . </strong>La parole est à M. le ministre de l’Europe et des affaires étrangères.<br><br><strong>M. Julien Odoul .</strong> Et du laxisme !<br><br><strong>M. Jean-Noël Barrot,</strong><i> ministre de l'Europe et des affaires étrangères . </i>La France aspire, évidemment, à entretenir de bonnes relations avec l'Algérie, pays voisin avec lequel nos relations sont denses et complexes. Pour cela, ces relations doivent s'apaiser ; mais l'apaisement ne se décrète pas unilatéralement. Ce n'est pas la France qui se trouve à l'origine de ce que vous qualifiez de surenchère.<br><br><strong>M. Jean-Paul Lecoq .</strong> Un peu, quand même !<br><br><strong>M. Jean-Noël Barrot,</strong><i> ministre . </i>Ce n'est pas la France qui se trouve à l'origine de la détention arbitraire d'un écrivain franco-algérien, ni qui refuse de réadmettre sur le territoire algérien des ressortissants français en situation irrégulière. Ces tensions, dont nous ne sommes pas à l'origine, nous souhaitons les résoudre, mais avec exigence et sans faiblesse. C'est la raison pour laquelle, comme nous l'a demandé le premier ministre, nous transmettrons aux autorités algériennes une liste de ressortissants algériens ayant vocation à quitter le territoire français. Nous souhaitons que les autorités algériennes se saisissent de cette liste et qu'elles engagent ainsi une nouvelle phase dans nos relations, qui permette de traiter nos différends et d'amorcer d'éventuelles coopérations stratégiques.<br><br>Dans le cas contraire, le premier ministre l'a dit, nous sommes prêts à défendre nos intérêts, comme nous l'avons déjà fait récemment en prenant des mesures restrictives – mais réversibles – à l'égard de dignitaires algériens. Nous souhaitons agir de façon pragmatique, sans aucune idéologie, avec pour seule obsession d'obtenir des résultats, en particulier pour les Français.<br><br>Enfin, permettez-moi, comme l'avait fait le premier ministre à l'issue du comité interministériel de contrôle de l'immigration il y a quinze jours, d'avoir un mot pour les milliers de personnes qui, en France, sont liées d'une manière ou d'une autre à l'Algérie et qui n'ont rien à voir avec les difficultés que nous rencontrons auprès des autorités algériennes : elles ont le droit à la tranquillité et je m'entretiendrai prochainement avec des représentants de cette diaspora. <i>(Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe Dem.)</i><br> <p>"}}, "cloture": {"codeCloture": "REP_PUB", "libelleCloture": "Réponse publiée", "dateCloture": "2025-03-12", "infoJO": {"typeJO": "JO_DEBAT", "dateJO": "2025-03-12", "pageJO": "2047", "numJO": null, "urlLegifrance": null, "referenceNOR": null}}}}