Répercussions de la guerre commerciale sur la viticulture
Auteur :
Daniel Labaronne
— Ensemble pour la République
(Indre-et-Loire · 2ᵉ circ.)
Ministère interrogé : Ministère de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire
Ministère attributaire : Ministère de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire
Rubrique : commerce extérieur
Date de la question : —
Date de la réponse : 2025-04-09
Texte de la question
Texte de la question non publié dans la source.
Réponse ministérielle
RÉPERCUSSIONS DE LA GUERRE COMMERCIALE SUR LA VITICULTURE
Mme la présidente . La parole est à M. Daniel Labaronne.
M. Daniel Labaronne . Demain à midi, heure de Washington, une taxe de 20 % sur les vins et spiritueux français entrera en vigueur aux États-Unis. Viticulteurs, négociants : toute une filière est prise en otage dans un affrontement commercial aussi brutal qu'injuste.
Dans ma circonscription de Touraine, cette terre que Balzac décrivait comme celle où « les sept vallées ruissellent d'eau et de vin », les producteurs des appellations Montlouis-sur-Loire, Vouvray, Touraine-Amboise, Touraine-Chenonceaux, les négociants, et même les fabricants de fûts pour le cognac et l'armagnac seront directement touchés.
À l'échelle nationale, les États-Unis représentent le premier marché à l'exportation pour la filière : 2,4 milliards d'euros pour le vin et 1,5 milliard pour les spiritueux. Jusqu'ici, nos vins étaient faiblement taxés, et nos spiritueux exemptés. Cette nouvelle taxe, évaluée à 800 millions d'euros, constitue donc un choc frontal ; c'est un coup porté à la compétitivité de toute une filière d'excellence.
Notre viticulture souffre déjà du dérèglement climatique, des évolutions de la consommation et des aléas économiques ; elle ne peut encaisser un choc douanier en plus. Il y a urgence. Urgence à sortir nos vins et spiritueux de cette spirale commerciale absurde et destructrice. Urgence à lancer un plan de soutien ciblé. Urgence à défendre avec fermeté notre souveraineté agricole et commerciale.
Madame la ministre de l'agriculture, quelle action le gouvernement compte-t-il engager pour soustraire nos vins et nos spiritueux à cette guerre commerciale ? Quelles mesures de soutien seront prises pour permettre à nos viticulteurs de faire face à cette nouvelle épreuve ? Quelles garanties la France peut-elle offrir aux acteurs de la filière pour assurer, dans la durée, la défense de notre souveraineté agricole face aux pressions d'un partenaire essentiel et imprévisible ? (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR.)
Mme la présidente . La parole est à Mme la ministre de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire.
Mme Annie Genevard, ministre de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire . Ces nouvelles taxes américaines sur la filière des vins et des spiritueux sont un choc d'une brutalité immense. Cette décision unilatérale est infondée et elle menace nos producteurs, qui sont déjà très fragilisés par un contexte économique qui, vous le savez, n'est pas favorable.
Je voudrais vous assurer de la pleine mobilisation du gouvernement, qui a pour boussole la protection de nos filières. La première protection, c'est d'abord une réponse à l'échelle de l'Union européenne, car notre continent réunit 450 millions de consommateurs : c'est un marché immense, un levier économique majeur, qui nous donne beaucoup de force.
Sachez par ailleurs que j'ai réuni hier les représentants des différentes filières concernées par ces augmentations de tarifs douaniers et que nous allons travailler ensemble pour conjurer ces risques. Je leur ai demandé de me faire des propositions et nous avons déjà examiné plusieurs pistes. La première, c'est qu'il faut faire preuve de fermeté dans le rapport de force, mais que cela n'exclut pas la diplomatie, car chacun souhaite aller vers une désescalade. La guerre commerciale, comme chacun sait, ne fait que des perdants.
La deuxième piste, et c'est un point fondamental à mes yeux, c'est que l'agriculture ne doit pas être la variable d'ajustement de la riposte douanière. Autrement dit, il faut veiller, au moment de choisir les produits américains qui seront taxés, à ne pas entrer dans une forme d'escalade. Le bourbon est un bon exemple et je me réjouis, de ce point de vue, de son exclusion du premier train de contre-mesures. Beaucoup de filières… (Le temps de parole étant écoulé, Mme la présidente coupe le micro de l’oratrice.)
Mme la présidente . Madame la ministre, votre temps de parole est largement écoulé.
M. Pierre Cordier . Vous n'êtes pas très tolérante avec les DR, madame la présidente !
Mme la présidente . J'ai laissé à Mme la ministre dix secondes de plus : c'est la tolérance classique.
La parole est à M. Daniel Labaronne.
M. Daniel Labaronne . Les vins et les spiritueux français ont besoin de tout le soutien du gouvernement.
Contexte de séance — Questions au Gouvernement
Séance du 2025-04-09 (Première) — 11 questions posées dans cet ordre. Compte-rendu officiel ↗
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Protection de l’enfance
Mme Isabelle Santiago · Mme Catherine Vautrin, ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles
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Droits de douane
Mme Marie-Christine Dalloz · M. Éric Lombard, ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique
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Réseau Envie
M. Tristan Lahais · Mme Agnès Pannier-Runacher, ministre de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche · M. Tristan Lahais
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Réponses européennes à la hausse des droits de douane des États-Unis
Mme Marina Ferrari · M. Éric Lombard, ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique
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Destin de la Polynésie française
Mme Nicole Sanquer · M. Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des affaires étrangères
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Conséquences de la hausse des droits de douane
M. Xavier Roseren · M. Éric Lombard, ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique
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Application de la Charte sociale européenne dans les outre-mer
M. Marcellin Nadeau · M. Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des affaires étrangères
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Dépense publique
M. Gérault Verny · Mme Amélie de Montchalin, ministre chargée des comptes publics · M. Gérault Verny · Mme Amélie de Montchalin, ministre
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Déserts médicaux
Mme Sophie-Laurence Roy · M. Yannick Neuder, ministre chargé de la santé et de l’accès aux soins
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Extraction de sable marin en Vendée
M. Stéphane Buchou · Mme Agnès Pannier-Runacher, ministre de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche
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Pollution aux PFAS
M. Gabriel Amard · Mme Agnès Pannier-Runacher, ministre de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche
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Cette nouvelle taxe, évaluée à 800 millions d'euros, constitue donc un choc frontal ; c'est un coup porté à la compétitivité de toute une filière d'excellence.<br><br>Notre viticulture souffre déjà du dérèglement climatique, des évolutions de la consommation et des aléas économiques ; elle ne peut encaisser un choc douanier en plus. Il y a urgence. Urgence à sortir nos vins et spiritueux de cette spirale commerciale absurde et destructrice. Urgence à lancer un plan de soutien ciblé. Urgence à défendre avec fermeté notre souveraineté agricole et commerciale.<br><br>Madame la ministre de l'agriculture, quelle action le gouvernement compte-t-il engager pour soustraire nos vins et nos spiritueux à cette guerre commerciale ? Quelles mesures de soutien seront prises pour permettre à nos viticulteurs de faire face à cette nouvelle épreuve ? 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La première protection, c'est d'abord une réponse à l'échelle de l'Union européenne, car notre continent réunit 450 millions de consommateurs : c'est un marché immense, un levier économique majeur, qui nous donne beaucoup de force.<br><br>Sachez par ailleurs que j'ai réuni hier les représentants des différentes filières concernées par ces augmentations de tarifs douaniers et que nous allons travailler ensemble pour conjurer ces risques. Je leur ai demandé de me faire des propositions et nous avons déjà examiné plusieurs pistes. La première, c'est qu'il faut faire preuve de fermeté dans le rapport de force, mais que cela n'exclut pas la diplomatie, car chacun souhaite aller vers une désescalade. La guerre commerciale, comme chacun sait, ne fait que des perdants.<br><br>La deuxième piste, et c'est un point fondamental à mes yeux, c'est que l'agriculture ne doit pas être la variable d'ajustement de la riposte douanière. Autrement dit, il faut veiller, au moment de choisir les produits américains qui seront taxés, à ne pas entrer dans une forme d'escalade. Le bourbon est un bon exemple et je me réjouis, de ce point de vue, de son exclusion du premier train de contre-mesures. Beaucoup de filières… <i>(Le temps de parole étant écoulé, Mme la présidente coupe le micro de l’oratrice.)</i><br><br><strong>Mme la présidente .</strong> Madame la ministre, votre temps de parole est largement écoulé.<br><br><strong>M. Pierre Cordier .</strong> Vous n'êtes pas très tolérante avec les DR, madame la présidente !<br><br><strong>Mme la présidente .</strong> J'ai laissé à Mme la ministre dix secondes de plus : c'est la tolérance classique.<br><br>La parole est à M. Daniel Labaronne.<br><br><strong>M. 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