Surveillante poignardée par un élève
Auteur :
Naïma Moutchou
— Non inscrit
(Val-d'Oise · 4ᵉ circ.)
Ministère interrogé : Premier ministre
Ministère attributaire : Premier ministre
Rubrique : sécurité des biens et des personnes
Date de la question : —
Date de la réponse : 2025-06-11
Texte de la question
Texte de la question non publié dans la source.
Réponse ministérielle
SURVEILLANTE POIGNARDÉE PAR UN ÉLÈVE
Mme la présidente . S'il vous plaît ! La parole est à Mme Naïma Moutchou.
Mme Naïma Moutchou . Monsieur le premier ministre, la société est sidérée de ce qui est en train de se passer. Les Français sont sous le choc et en colère quand quasiment chaque jour l'actualité leur jette à la figure un nouveau drame, une nouvelle violence. Chaque jour ou presque, des adolescents tuent à l’arme blanche, des enfants et leurs surveillants sont poignardés jusqu'à l'intérieur même des établissements scolaires. Ce matin, c'est Mélanie, assistante d’éducation, qui a perdu la vie ; hier, c’étaient Elias, Laurène, Thomas, Sékou, Inès, Enzo, Matisse et tant d’autres encore, tous tués à l'arme blanche par des mineurs.
Cette liste, ce ne sont pas des faits divers, mais les signes d’un effondrement. Nous voyons l’autorité reculer partout et la violence gagner partout. Nous voyons une partie de la jeunesse qui sombre, qui bascule dans la brutalité la plus décomplexée. Nous voyons des adolescents qui sortent armés pour commettre le pire. C’est tout sauf une crise passagère, c’est un fléau, c'est l'ennemi public numéro un : voilà la conclusion de la mission que vous m'avez confiée à ce sujet, ainsi qu'au préfet François Ravier. Je vous ai remis le 28 mai notre rapport, qui n'est pas un simple document, qui doit être un électrochoc, une prise de conscience et, surtout, l'occasion d'agir.
Il est temps – c'est ce que nous préconisons – d'interdire strictement la vente et la détention de tout type d'arme blanche par les mineurs. Il est temps d'imposer le défèrement systématique des auteurs, de prévoir des sanctions pénales beaucoup plus rapides (Applaudissements sur quelques bancs des groupes HOR et EPR) et d'instaurer des peines minimales, de sécuriser nos établissements scolaires, d’améliorer la chaîne de signalement. Il est temps d’investir dans la prévention, dans la santé mentale des jeunes et dans la médecine scolaire (Exclamations sur quelques bancs des groupes LFI-NFP et SOC), de s’attaquer aux conséquences délétères des réseaux sociaux en interdisant le téléphone portable à l’école. (Applaudissements sur les bancs du groupe HOR. – Mme Émilie Bonnivard applaudit également.) Les mesures sont prêtes, elles sont applicables. Nous ne pouvons plus nous contenter d'attendre ni nous contenter d’hommages et de minutes de silence, encore et encore. Ma question est simple, monsieur le premier ministre, mais elle est solennelle : quand déciderons-nous que cela suffit ? (Applaudissements sur les bancs des groupes HOR et LIOT ainsi que sur quelques bancs des groupes EPR et DR.)
Mme la présidente . La parole est à M. le premier ministre, chargé de la planification écologique et énergétique.
M. François Bayrou, premier ministre, chargé de la planification écologique et énergétique . D'abord, je veux vous remercier du travail que vous avez fait, avec le préfet Ravier, à la tête de cette commission qui, en à peine plus d'un mois, a réussi à construire un plan de réponse à cette vague qui paraît irrésistible, tant les armes que l'on dit blanches sont faciles d'accès – ne serait-ce que dans les cuisines familiales –, tant les adolescents qui se livrent à cette violence semblent pris d'une contagion de l'armement personnel dans les cartables des écoles.
Cela est insupportable et vous avez raison de défendre l'idée, que vous avez contribué à nourrir et que nous construisons, d'une réponse qui soit sans faiblesse, c'est-à-dire en interdisant le port de ces armes, en exigeant que lorsque ce port est constaté, il soit puni, et en bâtissant parallèlement une politique pour lutter contre la fragilité de ces adolescents et contre les accidents de santé mentale, qui sont si fréquents. Vous avez aussi raison de dire que nous ne résoudrons pas toutes les questions sans réfléchir à la manière dont notre société se vit, comment elle partage des valeurs, des principes, comment on essaie de les transmettre aux plus jeunes, notamment aux élèves des collèges. « Quand allons-nous ? » demandiez-vous : la réponse est « maintenant ». Comme je l'ai indiqué, je vais vous demander d'accepter une mission que vous confiera le gouvernement, pour que vos préconisations soient matériellement et directement concrétisées. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EPR et HOR. – Exclamations sur quelques bancs du groupe RN.)
M. Thierry Tesson . Encore une mission pour enterrer le sujet ?
Contexte de séance — Questions au Gouvernement
Séance du 2025-06-11 (Première) — 11 questions posées dans cet ordre. Compte-rendu officiel ↗
-
Délinquance des mineurs
M. Alexandre Allegret-Pilot · M. François-Noël Buffet, ministre auprès du ministre d’État, ministre de l’intérieur
-
MaPrimeRénov’
M. Frédéric Falcon · M. Patrick Mignola, ministre délégué chargé des relations avec le Parlement · M. Frédéric Falcon
-
Bilan écologique du gouvernement
M. Pierre Cazeneuve · M. Patrick Mignola, ministre délégué chargé des relations avec le Parlement
-
Situation à Gaza
Mme Mathilde Panot · M. François Bayrou, premier ministre, chargé de la planification écologique et énergétique · Mme Mathilde Panot · M. François Bayrou, premier ministre
-
Financement des CIDFF
Mme Sophie Pantel · Mme Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations · Mme Sophie Pantel
-
Suppression des ZFE
Mme Anne-Laure Blin · M. Patrick Mignola, ministre délégué chargé des relations avec le Parlement · Mme Anne-Laure Blin
-
Conférence des Nations unies sur l’océan
M. Jean-Louis Roumégas · Mme Sophie Primas, ministre déléguée auprès du premier ministre, porte-parole du gouvernement · M. Jean-Louis Roumégas
-
Accès des mineurs aux sites pornographiques
Mme Louise Morel · Mme Clara Chappaz, ministre déléguée chargée de l’intelligence artificielle et du numérique
-
Rassemblement des extrêmes droites européennes dans le Loiret
Mme Constance de Pélichy · Mme Sophie Primas, ministre déléguée auprès du premier ministre, porte-parole du gouvernement
-
Difficultés du prêt-à-porter français
Mme Anne-Cécile Violland · Mme Véronique Louwagie, ministre déléguée chargée du commerce, de l’artisanat, des petites et moyennes entreprises et de l’économie sociale et solidaire
-
Interception de la flottille Madleen
Mme Soumya Bourouaha · M. Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des affaires étrangères
Données brutes (debug)
{"question": {"@xmlns": "http://schemas.assemblee-nationale.fr/referentiel", "@xmlns:xsi": "http://www.w3.org/2001/XMLSchema-instance", "@xsi:type": "QuestionGouvernement_Type", "uid": "QANR5L17QG763", "identifiant": {"numero": "763", "regime": "5eme Republique", "legislature": "17"}, "type": "QG", "indexationAN": {"rubrique": "sécurité des biens et des personnes", "teteAnalyse": null, "analyses": {"analyse": "Surveillante poignardée par un élève"}}, "auteur": {"identite": {"acteurRef": "PA720908", "mandatRef": "PM843701"}, "groupe": {"organeRef": "PO845470", "abrege": "HOR", "developpe": "Horizons & Indépendants"}}, "minInt": {"organeRef": "PO855062", "abrege": "Premier ministre", "developpe": "Premier ministre"}, "minAttribs": {"minAttrib": {"infoJO": {"typeJO": "JO_DEBAT", "dateJO": "2025-06-11", "pageJO": null, "numJO": null, "urlLegifrance": null, "referenceNOR": null}, "denomination": {"organeRef": "PO855062", "abrege": "Premier ministre", "developpe": "Premier ministre"}}}, "textesQuestion": null, "textesReponse": {"texteReponse": {"infoJO": {"typeJO": "JO_DEBAT", "dateJO": "2025-06-11", "pageJO": "6003", "numJO": null, "urlLegifrance": null, "referenceNOR": null}, "texte": "</p><p align=\"CENTER\"> SURVEILLANTE POIGNARDÉE PAR UN ÉLÈVE <a name=PG4></a> </p><br><strong>Mme la présidente . </strong>S'il vous plaît ! La parole est à Mme Naïma Moutchou.<br><br><strong>Mme Naïma Moutchou . </strong>Monsieur le premier ministre, la société est sidérée de ce qui est en train de se passer. Les Français sont sous le choc et en colère quand quasiment chaque jour l'actualité leur jette à la figure un nouveau drame, une nouvelle violence. Chaque jour ou presque, des adolescents tuent à l’arme blanche, des enfants et leurs surveillants sont poignardés jusqu'à l'intérieur même des établissements scolaires. Ce matin, c'est Mélanie, assistante d’éducation, qui a perdu la vie ; hier, c’étaient Elias, Laurène, Thomas, Sékou, Inès, Enzo, Matisse et tant d’autres encore, tous tués à l'arme blanche par des mineurs.<br><br>Cette liste, ce ne sont pas des faits divers, mais les signes d’un effondrement. Nous voyons l’autorité reculer partout et la violence gagner partout. Nous voyons une partie de la jeunesse qui sombre, qui bascule dans la brutalité la plus décomplexée. Nous voyons des adolescents qui sortent armés pour commettre le pire. C’est tout sauf une crise passagère, c’est un fléau, c'est l'ennemi public numéro un : voilà la conclusion de la mission que vous m'avez confiée à ce sujet, ainsi qu'au préfet François Ravier. Je vous ai remis le 28 mai notre rapport, qui n'est pas un simple document, qui doit être un électrochoc, une prise de conscience et, surtout, l'occasion d'agir. <br><br>Il est temps – c'est ce que nous préconisons – d'interdire strictement la vente et la détention de tout type d'arme blanche par les mineurs. Il est temps d'imposer le défèrement systématique des auteurs, de prévoir des sanctions pénales beaucoup plus rapides <i>(Applaudissements sur quelques bancs des groupes HOR et EPR) </i>et d'instaurer des peines minimales, de sécuriser nos établissements scolaires, d’améliorer la chaîne de signalement. Il est temps d’investir dans la prévention, dans la santé mentale des jeunes et dans la médecine scolaire (Exclamations sur quelques bancs des groupes LFI-NFP et SOC), de s’attaquer aux conséquences délétères des réseaux sociaux en interdisant le téléphone portable à l’école. (Applaudissements sur les bancs du groupe HOR. – Mme Émilie Bonnivard applaudit également.) Les mesures sont prêtes, elles sont applicables. Nous ne pouvons plus nous contenter d'attendre ni nous contenter d’hommages et de minutes de silence, encore et encore. Ma question est simple, monsieur le premier ministre, mais elle est solennelle : quand déciderons-nous que cela suffit ? (Applaudissements sur les bancs des groupes HOR et LIOT ainsi que sur quelques bancs des groupes EPR et DR.)<br><br><strong>Mme la présidente . </strong>La parole est à M. le premier ministre, chargé de la planification écologique et énergétique.<br><br><strong>M. François Bayrou,</strong><i> premier ministre, chargé de la planification écologique et énergétique . </i>D'abord, je veux vous remercier du travail que vous avez fait, avec le préfet Ravier, à la tête de cette commission qui, en à peine plus d'un mois, a réussi à construire un plan de réponse à cette vague qui paraît irrésistible, tant les armes que l'on dit blanches sont faciles d'accès – ne serait-ce que dans les cuisines familiales –, tant les adolescents qui se livrent à cette violence semblent pris d'une contagion de l'armement personnel dans les cartables des écoles. <br><br>Cela est insupportable et vous avez raison de défendre l'idée, que vous avez contribué à nourrir et que nous construisons, d'une réponse qui soit sans faiblesse, c'est-à-dire en interdisant le port de ces armes, en exigeant que lorsque ce port est constaté, il soit puni, et en bâtissant parallèlement une politique pour lutter contre la fragilité de ces adolescents et contre les accidents de santé mentale, qui sont si fréquents. Vous avez aussi raison de dire que nous ne résoudrons pas toutes les questions sans réfléchir à la manière dont notre société se vit, comment elle partage des valeurs, des principes, comment on essaie de les transmettre aux plus jeunes, notamment aux élèves des collèges. « Quand allons-nous ? » demandiez-vous : la réponse est « maintenant ». Comme je l'ai indiqué, je vais vous demander d'accepter une mission que vous confiera le gouvernement, pour que vos préconisations soient matériellement et directement concrétisées. <i>(Applaudissements sur quelques bancs des groupes EPR et HOR. – Exclamations sur quelques bancs du groupe RN.)</i><br><br><strong>M. Thierry Tesson .</strong> Encore une mission pour enterrer le sujet ?<br> <p>"}}, "cloture": {"codeCloture": "REP_PUB", "libelleCloture": "Réponse publiée", "dateCloture": "2025-06-11", "infoJO": {"typeJO": "JO_DEBAT", "dateJO": "2025-06-11", "pageJO": "6003", "numJO": null, "urlLegifrance": null, "referenceNOR": null}}}}