577 577députés 17ᵉ législature

Question au Gouvernement n° 820 Réponse publiée Source officielle ↗

Fraude CumCum

Auteur : Marine Le Pen — Rassemblement National (Pas-de-Calais · 11ᵉ circ.)
Ministère interrogé : Premier ministre
Ministère attributaire : Premier ministre
Rubrique : finances publiques
Date de la question :
Date de la réponse : 2025-06-25

Texte de la question

Texte de la question non publié dans la source.

Réponse ministérielle

FRAUDE CUMCUM


Mme la présidente . La parole est à Mme Marine Le Pen.

Mme Marine Le Pen . Le texte du dernier budget, considéré comme adopté par le Parlement, comportait une mesure de lutte contre la fraude dite CumCum, qui permet d'échapper à l'impôt sur les plus-values des actionnaires.

Mme Sabrina Sebaihi . Vous vous y connaissez en fraude !

Mme Danielle Simonnet . Vous êtes experte en fraude : 4 millions !

Mme Marine Le Pen . Cette mesure, également proposée dans le contre-budget du RN à l’automne, permet de récupérer 2 milliards d’euros, ce qui, vous en conviendrez, n’est pas à négliger par les temps qui courent.

Mme Clémentine Autain . Il fallait voter la taxe Zucman !

Mme Marine Le Pen . Or notre collègue Jean-François Husson, rapporteur général du budget au Sénat, vient de révéler que Bercy, malgré les alertes écrites d’une partie de l'administration, avait pris, sous la pression du lobby bancaire, un décret d'application contraire à la loi votée…

Un député du groupe LFI-NFP . Ça ne vous dérange pas, d'habitude !

Mme Marine Le Pen . Cette annonce pose deux problèmes démocratiques majeurs : d'une part, le respect du vote du Parlement, en tant que représentation de la souveraineté nationale, d’autre part, le respect de la juste contribution de tous à l’impôt, telle que garantie par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789.

M. Ugo Bernalicis . C'est vous qui avez laissé passer tout ça ! Vous n'avez pas censuré !

Mme Marine Le Pen . Dans notre État de droit, ce ne sont ni les lobbys, ni les hauts fonctionnaires qui votent la loi, mais le Parlement. Dans notre État de droit, l'administration, sous la responsabilité des ministres, est chargée d'exécuter la loi, pas de l'amoindrir, de la rendre inapplicable ou de la soumettre à conditions – comme cela m'a été rapporté lors de mon déplacement en Nouvelle-Calédonie.

Dans notre État de droit, c'est le politique, tirant sa légitimité du vote des Français, qui décide. Dans notre pays, c'est l'intérêt général (Exclamations sur les bancs des groupes LFI-NFP, SOC et EcoS),…

Mme Sabrina Sebaihi . Rendez l'argent !

M. Antoine Léaument . Voleuse !

Mme Marine Le Pen . …le bien commun qui doit prévaloir, et non les intérêts particuliers.

Monsieur le premier ministre, comment allez-vous refaire de la défense de l’intérêt général la ligne directrice de vos politiques ? Plus concrètement, votre ministre de l’économie a-t-il, oui ou non, pris une décision contraire à la volonté du Parlement et, le cas échéant, quelles conséquences allez-vous en tirer, alors même que se profilent de nouvelles punitions fiscales pour les Français ? (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)

M. Antoine Léaument . Voleurs ! (Exclamations sur les bancs du groupe RN.)

M. René Pilato . Allez-vous censurer ?

Mme la présidente . La parole est à M. le premier ministre, chargé de la planification écologique et énergétique.

M. François Bayrou, premier ministre, chargé de la planification écologique et énergétique . Le procédé que vous évoquez, dit CumCum, consiste, pour des détenteurs de titres, à faire porter ces derniers par la banque, le temps du versement des dividendes, donc de ne pas payer l'impôt sur ces titres, et de reverser ensuite à leurs propriétaires le produit de ce procédé.

Mme Christine Arrighi . Il faut répondre ! Pas besoin de nous réexpliquer !

M. François Bayrou, premier ministre . En effet, nous avons, dans le projet de loi de finances, indiqué que ce procédé n'était pas acceptable.

C'est donc à juste titre qu'il y a eu un contrôle parlementaire sur ce texte. Ce procédé n'est certes pas assimilable à une fraude, parce que c'est légal…

Un député du groupe LFI-NFP . Grâce à vous !

M. François Bayrou, premier ministre . …mais il est contre l'esprit de la loi. Je ne connaissais pas le décret que M. le rapporteur général Husson a découvert dans son contrôle sur place et sur pièces. J'ai donc l'intention de regarder, avec le ministre de l'économie, sa portée réelle et la dimension légale.

Mais les principes que vous avez évoqués guident l'équipe gouvernementale : respect de l'intérêt général et de la décision du Parlement pour qu'elle soit appliquée. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe Dem.)

Contexte de séance — Questions au Gouvernement

Séance du 2025-06-25 (Première) — 11 questions posées dans cet ordre. Compte-rendu officiel ↗

  1. Situation au Moyen-Orient
    Mme Clémence Guetté · M. Laurent Saint-Martin, ministre délégué chargé du commerce extérieur et des Français de l’étranger
  2. Accès aux soins dans les territoires
    M. Peio Dufau · M. Yannick Neuder, ministre chargé de la santé et de l’accès aux soins · M. Peio Dufau
  3. Industrie de défense
    M. Thierry Liger · Mme Patricia Mirallès, ministre déléguée chargée de la mémoire et des anciens combattants · M. Thierry Liger
  4. Politique écologique
    Mme Marie Pochon · Mme Agnès Pannier-Runacher, ministre de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche
  5. Situation en Iran
    Mme Geneviève Darrieussecq · M. Laurent Saint-Martin, ministre délégué chargé du commerce extérieur et des Français de l’étranger
  6. Lutte contre la drépanocytose
    M. Olivier Serva · M. Yannick Neuder, ministre chargé de la santé et de l’accès aux soins
  7. Chasse et transition écologique
    M. Philippe Fait · Mme Agnès Pannier-Runacher, ministre de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche · M. Philippe Fait
  8. Vie chère en Martinique
    M. Frédéric Maillot · M. Manuel Valls, ministre d’État, ministre des outre-mer · M. Frédéric Maillot
  9. Situation de la viticulture
    M. Maxime Michelet · Mme Annie Genevard, ministre de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire
  10. Insécurité en Guadeloupe
    M. Yoann Gillet · M. Manuel Valls, ministre d’État, ministre des outre-mer · M. Yoann Gillet
  11. Soutien à la filière œufs
    Mme Nicole Le Peih · Mme Annie Genevard, ministre de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire
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Vous n'avez pas censuré !<br><br><strong>Mme Marine Le Pen . </strong>Dans notre État de droit, ce ne sont ni les lobbys, ni les hauts fonctionnaires qui votent la loi, mais le Parlement. Dans notre État de droit, l'administration, sous la responsabilité des ministres, est chargée d'exécuter la loi, pas de l'amoindrir, de la rendre inapplicable ou de la soumettre à conditions – comme cela m'a été rapporté lors de mon déplacement en Nouvelle-Calédonie.<br><br>Dans notre État de droit, c'est le politique, tirant sa légitimité du vote des Français, qui décide. Dans notre pays, c'est l'intérêt général <i>(Exclamations sur les bancs des groupes LFI-NFP, SOC et EcoS)</i>,…<br><br><strong>Mme Sabrina Sebaihi .</strong> Rendez l'argent !<br><br><strong>M. Antoine Léaument .</strong> Voleuse !<br><br><strong>Mme Marine Le Pen . </strong>…le bien commun qui doit prévaloir, et non les intérêts particuliers.<br><br>Monsieur le premier ministre, comment allez-vous refaire de la défense de l’intérêt général la ligne directrice de vos politiques ? Plus concrètement, votre ministre de l’économie a-t-il, oui ou non, pris une décision contraire à la volonté du Parlement et, le cas échéant, quelles conséquences allez-vous en tirer, alors même que se profilent de nouvelles punitions fiscales pour les Français ? <i>(Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)</i><br><br><strong>M. Antoine Léaument .</strong> Voleurs !<i> (Exclamations sur les bancs du groupe RN.)</i><br><br><strong>M. René Pilato .</strong> Allez-vous censurer ?<br><br><strong>Mme la présidente . </strong>La parole est à M. le premier ministre, chargé de la planification écologique et énergétique.<br><br><strong>M. François Bayrou,</strong><i> premier ministre, chargé de la planification écologique et énergétique . </i>Le procédé que vous évoquez, dit CumCum, consiste, pour des détenteurs de titres, à faire porter ces derniers par la banque, le temps du versement des dividendes, donc de ne pas payer l'impôt sur ces titres, et de reverser ensuite à leurs propriétaires le produit de ce procédé.<br><br><strong>Mme Christine Arrighi .</strong> Il faut répondre ! Pas besoin de nous réexpliquer !<br><br><strong>M. François Bayrou,</strong><i> premier ministre . </i>En effet, nous avons, dans le projet de loi de finances, indiqué que ce procédé n'était pas acceptable.<br><br>C'est donc à juste titre qu'il y a eu un contrôle parlementaire sur ce texte. Ce procédé n'est certes pas assimilable à une fraude, parce que c'est légal…<br><br><strong>Un député du groupe LFI-NFP .</strong> Grâce à vous !<br><br><strong>M. François Bayrou,</strong><i> premier ministre . </i>…mais il est contre l'esprit de la loi. Je ne connaissais pas le décret que M. le rapporteur général Husson a découvert dans son contrôle sur place et sur pièces. J'ai donc l'intention de regarder, avec le ministre de l'économie, sa portée réelle et la dimension légale.<br><br>Mais les principes que vous avez évoqués guident l'équipe gouvernementale : respect de l'intérêt général et de la décision du Parlement pour qu'elle soit appliquée. <i>(Applaudissements sur quelques bancs du groupe Dem.)</i><br> <p>"}}, "cloture": {"codeCloture": "REP_PUB", "libelleCloture": "Réponse publiée", "dateCloture": "2025-06-25", "infoJO": {"typeJO": "JO_DEBAT", "dateJO": "2025-06-25", "pageJO": "6765", "numJO": null, "urlLegifrance": null, "referenceNOR": null}}}}