Financements dans le transport ferroviaire et les lignes intermédiaires
Auteur :
Alix Fruchon
— Droite Républicaine
(Indre · 2ᵉ circ.)
Ministère interrogé : Ministère des transports
Ministère attributaire : Ministère des transports
Rubrique : transports ferroviaires
Date de la question : 2026-03-17
Date de la réponse : 2026-03-25
(8 jours)
Texte de la question
Mme Alix Fruchon interroge M. le ministre des transports sur le recul du ferroviaire dans des départements comme l'Indre dans un contexte d'urgence climatique et d'aménagement équilibré du territoire. Si les gares dites intermédiaires, à l'image de celles d'Argenton-sur-Creuse et d'Issoudun tiennent, c'est grâce à des mobilisations citoyennes, qui se sont structurées en association dès 2018, comme le Comité de défense de la gare d'Argenton-sur-Creuse, auquel les maires et les élus adhèrent massivement. Cette gare, qui était en perdition, est devenue une gare structurante, indispensable à ce bassin de vie. Dans l'Indre, comme dans de nombreux départements du Massif central, les habitants constatent la dégradation des infrastructures, la raréfaction des dessertes et l'incertitude permanente autour des lignes dites « transversales ». La ligne POLT (Paris-Orléans-Limoges-Toulouse) illustre parfaitement cette fragilité : avec un fort sentiment de déclassement des usagers de ces lignes, conduisant de trop nombreux citoyens à recourir à la voiture, faute de confiance, sur des trajets qu'ils effectuaient autrefois en train. C'est précisément ce que dénoncent les collectifs des usagers, les maires et les élus des lignes concernées. Le Gouvernement partage ce constat : les infrastructures de transport vieillissent et il est indispensable de doter le pays d'un système ferroviaire d'avenir. Le 11 février 2026, un projet de loi-cadre était présenté avec pour boussole d'adapter les réseaux et infrastructures au réchauffement climatique en orientant à partir de 2032 les recettes des concessions autoroutières vers tous les modes de transport dont le ferroviaire. C'est une très bonne nouvelle et cela vient renforcer les investissements encore en cours sur la ligne POLT pour la régénération des voies et la mise en circulation de nouveaux matériels roulants. Mais dans le même temps, le Gouvernement évoque une priorité sur les services express régionaux métropolitains (SERM) destinés à organiser les transports multimodaux autour des grandes agglomérations. Cette priorité gouvernementale fait naître une vive inquiétude dans les territoires ruraux sur les projets et les moyens qui leurs seront alloués pour le ferroviaire. Mme la députée demande un plan pluriannuel clair de reconstruction et de développement du réseau notamment sur les lignes de proximité comme Châteauroux-Tours, ainsi que le classement des lignes transversales comme le POLT comme lignes structurantes. Elle demande de l'innovation dans le transport ferroviaire pour répondre au changement climatique et d'engager une réflexion sur les pratiques tarifaires afin que demain, prendre le train soit moins cher que d'utiliser sa voiture. Au-delà d'une simple question de mobilité, il s'agit d'égalité territoriale, d'attractivité économique et de transition écologique. Aussi, elle lui demande si l'État envisage de garantir un financement à la hauteur des besoins et de réaffirmer le rôle stratégique de ces lignes.
Réponse ministérielle
TRANSPORT FERROVIAIRE DANS L'INDRE
Mme la présidente. La parole est à Mme Alix Fruchon, pour exposer sa question, no 626, relative au transport ferroviaire dans l'Indre.
Mme Alix Fruchon. Monsieur le ministre, si des gares dites intermédiaires tiennent, à l'image de celles d'Argenton-sur-Creuse et d'Issoudun, c'est grâce à la pleine mobilisation des citoyens, dont les associations ont reçu le soutien des habitants des territoires concernés et des élus, en particulier des maires et des parlementaires.
Aujourd'hui, les habitants demandent beaucoup d'améliorations sur la ligne Paris-Orléans-Limoges-Toulouse (Polt). Ils constatent la dégradation des infrastructures, une tentative de raréfaction des dessertes, des retards à répétition et un report massif vers la voiture. Cela entraîne une perte de confiance et accentue l'incertitude qui plane sur l’avenir des lignes dites transversales.
Pourtant – c’est bien là le paradoxe –, nous sommes tous profondément attachés à cette ligne. Nous demandons deux choses très simples : un service public ferroviaire fiable, digne et accessible et une vision pour l'avenir. Oui, investir dans le ferroviaire représente un effort important à court terme, comme en témoignent les travaux engagés sur la ligne Polt pour régénérer les voies et renouveler le matériel roulant. Mais refuser cet effort, ce serait renoncer à l’avenir. Investir maintenant de manière bien plus ambitieuse, c’est alléger demain le coût économique, social et environnemental de nos transports.
À cet égard, le projet de loi-cadre présenté le 11 février trace une trajectoire que nous saluons en prévoyant d'orienter à partir de 2032 une grande partie des recettes des concessions autoroutières vers le ferroviaire, afin d’adapter les réseaux et infrastructures au réchauffement climatique.
Mais dans le même temps le gouvernement évoque une priorité accordée aux services express régionaux métropolitains (Serm) destinés à organiser les transports multimodaux autour des grandes agglomérations. Légitimement, nous craignons d'assister à l'abandon progressif des territoires ruraux et des lignes structurantes qui les desservent.
C’est pourquoi nous demandons le classement de la ligne Polt comme ligne structurante, un plan pluriannuel clair de reconstruction et de développement du réseau, notamment sur des axes de proximité, comme Châteauroux-Tours, le soutien à l’innovation dans le transport ferroviaire ainsi que l’engagement d’une réflexion approfondie sur les pratiques tarifaires. Il s'agit de réaffirmer que le train constitue une solution alternative économiquement attractive face à la voiture : il ne saurait durablement apparaître, sur certaines lignes, comme une solution réservée à quelques-uns.
Au-delà d'une simple question de mobilité, il s'agit d'égalité entre les territoires, d’accès aux services publics, d'attractivité économique, de transition écologique et d’un passeport vers l’épanouissement personnel et communal.
Mme la présidente. La parole est à M. le ministre délégué auprès du ministre de l'intérieur.
M. Jean-Didier Berger, ministre délégué auprès du ministre de l'intérieur. Vous savez à quel point le gouvernement est sensible à la mobilisation que vous avez décrite. Philippe Tabarot y répond par des améliorations tout à fait sensibles et des investissements massifs, parmi les plus importants du pays en matière d'infrastructures ferroviaires. C'est par ces investissements que le gouvernement déploie sa vision de l'avenir.
La ligne Polt fait l'objet de tels investissements, consacrés à l'acquisition de rames Oxygène pour les dessertes des trains d'équilibre du territoire et à des opérations de régénération et de modernisation de l'infrastructure. Entre 2019 et 2027, cela représente un financement global de plus de 2,4 milliards d'euros, dont 1,6 milliard affecté par SNCF Réseau et 800 millions par l'État, consacré à cet axe structurant.
Pour prendre en considération les efforts consentis par les usagers pendant cette période transitoire, le ministre des transports, avec le gouvernement, a décidé de procéder en 2026 à un gel de la tarification. Cela s'ajoute à l'indemnisation à hauteur de 200 % accordée lorsqu'un retard dépasse les trois heures.
En outre, l'État finance une étude, conduite par SNCF Réseau, visant à identifier les gisements de robustesse et de gains de temps supplémentaires et préparer la vision d'avenir dont vous souligniez l'importance pour l'après 2027.
Concernant les gares, les travaux d'accessibilité pour les personnes à mobilité réduite de la gare d’Argenton-sur-Creuse ont été financés en 2024, pour une mise en service au premier semestre 2026. En parallèle, des études ont été lancées en vue de la mise en accessibilité de la gare d'Issoudun.
Le prochain contrat entre l'État et SNCF Réseau déclinera les conclusions de la conférence Ambition France Transports pour le rehaussement du niveau des investissements de régénération et de modernisation du réseau, à hauteur de 1,5 milliard d'euros par an à partir de 2028. Il permettra aussi de définir la stratégie d'adaptation au changement climatique que vous appelez de vos vœux.
Soyez donc parfaitement assurée de l'engagement du gouvernement, de Philippe Tabarot, pour l'ensemble des territoires, notamment dans le Massif central.
Mme la présidente. La parole est à Mme Alix Fruchon.
Mme Alix Fruchon. Merci, monsieur le ministre. Serait-il aussi possible d'envisager une réflexion sur la ligne Châteauroux-Tours, pour les usagers et le fret commercial ?
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C'est précisément ce que dénoncent les collectifs des usagers, les maires et les élus des lignes concernées. Le Gouvernement partage ce constat : les infrastructures de transport vieillissent et il est indispensable de doter le pays d'un système ferroviaire d'avenir. Le 11 février 2026, un projet de loi-cadre était présenté avec pour boussole d'adapter les réseaux et infrastructures au réchauffement climatique en orientant à partir de 2032 les recettes des concessions autoroutières vers tous les modes de transport dont le ferroviaire. C'est une très bonne nouvelle et cela vient renforcer les investissements encore en cours sur la ligne POLT pour la régénération des voies et la mise en circulation de nouveaux matériels roulants. Mais dans le même temps, le Gouvernement évoque une priorité sur les services express régionaux métropolitains (SERM) destinés à organiser les transports multimodaux autour des grandes agglomérations. Cette priorité gouvernementale fait naître une vive inquiétude dans les territoires ruraux sur les projets et les moyens qui leurs seront alloués pour le ferroviaire. Mme la députée demande un plan pluriannuel clair de reconstruction et de développement du réseau notamment sur les lignes de proximité comme Châteauroux-Tours, ainsi que le classement des lignes transversales comme le POLT comme lignes structurantes. Elle demande de l'innovation dans le transport ferroviaire pour répondre au changement climatique et d'engager une réflexion sur les pratiques tarifaires afin que demain, prendre le train soit moins cher que d'utiliser sa voiture. Au-delà d'une simple question de mobilité, il s'agit d'égalité territoriale, d'attractivité économique et de transition écologique. 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Investir maintenant de manière bien plus ambitieuse, c’est alléger demain le coût économique, social et environnemental de nos transports.<br><br>À cet égard, le projet de loi-cadre présenté le 11 février trace une trajectoire que nous saluons en prévoyant d'orienter à partir de 2032 une grande partie des recettes des concessions autoroutières vers le ferroviaire, afin d’adapter les réseaux et infrastructures au réchauffement climatique.<br><br>Mais dans le même temps le gouvernement évoque une priorité accordée aux services express régionaux métropolitains (Serm) destinés à organiser les transports multimodaux autour des grandes agglomérations. 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