577 577députés 17ᵉ législature

amendement seance Rejeté

Amendement (sans numéro) — ARTICLE 49

Auteur : Sandrine Rousseau — Écologiste et Social (Paris · 9ᵉ)
Texte visé : Projet de loi de finances pour 2026
Article : ARTICLE 49
Date de dépôt : 2025-10-25
Date de sort : 2025-11-03

Dispositif

Dispositif non disponible dans la source.

Exposé sommaire

Cet amendement crée un nouveau programme « Éducation et sensibilisation à une alimentation locale et moins carnée dans les outre-mer ».

Les territoires dits d’Outre-mer possèdent des caractéristiques géographiques particulièrement propices à l’agriculture et à la pêche. Pourtant malgré ce potentiel indéniable, les outre-mer sont non seulement loin de l’autonomie alimentaire mais semblent s’en éloigner. Le taux moyen de dépendance aux importations alimentaires de ces territoires augmente régulièrement, passant de 54 % en 1995 à 71 % en 2011.

La Mission d’information sur l’autonomie alimentaire des outre-mer conduite par la délégation outre-mer de l’Assemblée nationale début 2023 souligne que les facteurs expliquant cette situation sont nombreux. Elle met en lumière l’importance des changements d’habitudes alimentaires et la mondialisation des modes de consommation qui jouent un rôle non négligeable dans l’aggravation de la perte d’autonomie alimentaire en détournant les populations des plats traditionnels composés d’aliments produits localement. Un rapport de l'Ademe souligne par exemple la faiblesse de la consommation de fruits locaux à la Martinique, à Mayotte ou en Nouvelle-Calédonie, tous territoires aux sols très fertiles et au climat favorable.

Pour tendre à une meilleure autonomie alimentaire des territoires ultramarins et conformément aux recommandations de la mission précédemment citée il est donc proposé d’encourager des actions de promotion, d’éducation et de sensibilisation aux plats locaux et moins carnés. Il s’agit par ce soutien de rapprocher les régimes alimentaires ultramarins des productions locales et de tenter de s’affranchir d’une consommation mondialisée ultra transformée et très riche en calories.

Ce programme pourrait renforcer plusieurs initiatives en faveur d’une alimentation durable dans la restauration collective et soutenir les associations déjà engagées dans la promotion de l’alimentation locale. Parmi elles, le collectif Oasis Réunion, qui défend une agriculture relocalisée, durable et respectueuse des traditions et des terroirs ; le collectif Goutanou, qui valorise la cuisine créole traditionnelle face à l’implantation croissante des chaînes de restauration rapide ; l’association Djam, qui sensibilise les écoliers de Guadeloupe aux fruits et légumes locaux ; ou encore Riz Réunion, qui accompagne le développement de la production et la consommation de riz « péï » sur l’île.

La sensibilisation à une alimentation carnée et plus végétale est incontournable puisqu’une part importante de la viande consommée dans les territoires ultramarins est importée. Dans le cadre d’une démarche de relocalisation de la production alimentaire avec des objectifs de souveraineté et sécurité alimenté, la limitation du foncier agricole disponible implique de diminuer la consommation de viande. La production de viande nécessite beaucoup plus de surface agricole que ce soit pour élever les animaux et pour produire les grandes quantités de céréales nécessaires à leur alimentation. Par ailleurs, sa production a un fort impact sur le climat – 12 % de nos émissions de carbone sont liées à la viande – et sur l’accaparement de la ressource en eau. Il ne s’agit pas d’interdire la consommation de viande, mais de sensibiliser la population à ces questions. C’est un impératif pour l’économie locale et les agriculteurs locaux, pour la santé des personnes et pour le climat.

Afin de gager cette augmentation du budget du nouveau programme « Education et sensibilisation à une alimentation locale et moins carnée dans les outre-mer » dans le respect des règles prévues par la loi organique relative aux lois de finances (LOLF), il est proposé :

· une diminution de 5 000 000 euros des AE et CP de l’action 4 « Financement de l'économie » du programme 138 « Emploi outre-mer » de la Mission « Outre-mer » ;

· une augmentation de 5 000 000 euros des AE et CP de l’action 1 d’un nouveau programme intitulé « Education et sensibilisation à une alimentation locale et moins carnée dans les outre-mer »

Néanmoins, l’intention de cet amendement n’est cependant pas de réduire les moyens affectés à ce programme, les auteurs de cet amendement appelant le Gouvernement à lever le gage.