577députés 17ᵉ législature

amendement seance Rejeté

Amendement (sans numéro) — ARTICLE 5

Auteur : Shéhérazade Bentorki — La France insoumise - Nouveau Front Populaire (Nord · 8ᵉ)
Texte visé : La relance et la décentralisation du logement
Article : ARTICLE 5
Date de dépôt : 2026-09-17
Date de sort : 2026-09-21

Dispositif

Supprimer cet article.

Exposé sommaire

« Par cet amendement, le groupe LFI souhaite supprimer l’article 5 car il organise un dessaisissement des communes au profit de l’établissement public Paris La Défense.

Ainsi, est concernée par exemple une ville populaire comme celle de Nanterre dont une part croissante du territoire est déjà soustraite au droit commun de l’urbanisme par le jeu des opérations d’intérêt national, au sein desquelles l’État, et non le maire, délivre les autorisations.

L’article 5 franchit une étape supplémentaire en transférant la gestion de l’espace public lui-même. Sous couvert de cohérence fonctionnelle, c’est la logique d’un quartier d’affaires qui s’étend sur le foncier de quartiers ouvriers, avec les conséquences bien connues que sont l’éviction des habitants, la flambée des prix et la rupture urbaine.

L’article organise par ailleurs un transfert de charges vers les collectivités. L’exonération de la part communale ou intercommunale de la taxe d’aménagement est portée de dix à quinze ans, la durée des projets urbains partenariaux de quinze à vingt ans. Ce sont autant de recettes en moins pour des communes qui devront pourtant financer les services publics et les équipements rendus nécessaires par ces réorganisations.

Enfin, le certificat de projet expérimental parachève l’édifice cristallise pour cinq ans l’état du droit applicable à un projet. Les normes environnementales, patrimoniales ou d’urbanisme adoptées pendant cette période ne s’appliqueront pas. C’est un droit à géométrie variable, taillé sur mesure pour les investisseurs, et réservé aux opérations de plus de 20 000 m2, c’est-à-dire aux seuls grands promoteurs.

Plutôt que des incitations supplémentaires à l’investissement privé aux détriments des quartiers populaires, c’est d’une politique publique de transformation des bureaux vacants en logements abordables, pilotée démocratiquement et au bénéfice des habitants des communes concernées qui est nécessaire. »