Amendement (sans numéro) — APRÈS L'ARTICLE 8, insérer l'article suivant:
Dispositif
L’article L. 314‑24 du code des impositions sur les biens et services est ainsi modifié :
a) Au premier alinéa, les mots : « 2023 au 31 décembre 2023 » sont remplacés par les mots : « 2027 au 1er janvier 2030 » ;
b) Le tableau du deuxième alinéa est ainsi rédigé :
«
| Catégorie Fiscale | Paramètres de l’accise | Montant applicable au 1er janvier 2027 | Montant applicable au 1er janvier 2028 | Montant applicable au 1er janvier 2029 |
| Cigares et cigarillos | Taux (en %) | 42 | 44,7 | 47 |
| Tarif (en €/1 000 unités) | 57,2 | 58,5 | 61,5 | |
| Minimum de perception (en €/1000 unités) | 441 | 508 | 582 | |
| Cigarettes | Taux (en %) | 57,3 | 58,6 | 59,7 |
| Tarif (en €/1 000 unités) | 72,5 | 73,5 | 75 | |
| Minimum de perception (en €/1000 unités) | 452 | 500 | 553 | |
| Tabacs fine coupe destinés à rouler les cigarettes | Taux (en %) | 51,8 | 53,8 | 55,5 |
| Tarif (en €/1 000 unités) | 105,1 | 106,5 | 107,3 | |
| Minimum de perception (en €/1000 unités) | 441 | 496 | 551 | |
| Tabacs à chauffer commercialisés en bâtonnets | Taux (en %) | 57 | 58 | 59 |
| Tarif (en €/1 000 unités) | 45,5 | 57,5 | 69,5 | |
| Minimum de perception (en €/1000 unités) | 359 | 443 | 541,6 | |
| Autres tabacs à chauffer | Taux (en %) | 51,4 | 51,5 | 53,4 |
| Tarif (en €/1 000 unités) | 155,2 | 196,1 | 197,7 | |
| Minimum de perception (en €/1000 unités) | 1146,4 | 1319 | 1479 | |
| Autres tabacs à fumer ou à inhaler après avoir été chauffés | Taux (en %) | 54,5 | 56 | 57,4 |
| Tarif (en €/1 000 unités) | 35,6 | 36,3 | 37 | |
| Minimum de perception (en €/1000 unités) | 231 | 258 | 287 | |
| Tabacs à priser | Taux (en %) | 60,5 | 61,7 | 62,7 |
Tabacs à mâcher | Taux (en %) | 46,2 | 48,7 | 50,9 |
»
c) Les cinq derniers alinéas sont supprimés.
Exposé sommaire
Le présent amendement reprend une proposition portée par le député Yannick Neuder en octobre 2024 visant à rehausser, selon une trajectoire pluriannuelle, les taux, tarifs et minima de perception applicables aux produits du tabac.
Le tabac est la première cause de mortalité évitable en France. Chaque année, environ 75 000 décès lui sont attribuables. Son coût social a été estimé à 156 milliards d’euros pour l’année 2019, soit un montant sans commune mesure avec les recettes fiscales tirées de la vente de tabac.
L’outil fiscal est un levier reconnu en matière de prévention, en particulier pour prévenir l’entrée dans le tabagisme et réduire la consommation. Cette mesure s’inscrit directement dans les conclusions du rapport de mission gouvernementale « Construire un système de prévention primordiale » du député Cyrille Isaac-Sibille. Ce rapport appelle à changer de doctrine en matière de santé publique en agissant davantage en amont sur les déterminants de la santé et les facteurs de risque, afin de prévenir l’apparition des maladies chroniques plutôt que d’en prendre en charge les seules conséquences.
Sa proposition n°23 préconise ainsi d’instaurer une génération sans tabac en combinant plusieurs leviers, notamment la poursuite de l’augmentation des prix de ces produits pour réduire l’accessibilité économique du tabac et à inscrire la diminution du tabagisme parmi les priorités nationales de prévention.