Amendement (sans numéro) — ARTICLE 58
Dispositif
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Exposé sommaire
Le rapport d’information N°1564 « De la professionnalisation à l’hybridation, pour une transformation de notre défense » des députés Thomas Gassilloud et Damien Girard souligne l’importance des frégates polyvalentes de 1er rang pour défendre le groupe aéronaval français et attaquer l’adversaire qui constituent l’ossature de la Marine nationale.
Leur format théorique est fixé depuis le Livre Blanc de 2013 à 15 frégates de 1er rang. Or, Sébastien Lecornu a reconnu comme ministre des Armées en février 2025 la nécessité d’une cible de 18 frégates de 1er rang, un objectif que partagent les rapporteurs.
En effet, le format actuel conduit mobilise des bâtiments n’étant pas de véritables navires de 1er rang (classe La Fayette) en attente des réceptions des Frégates de Défense et d’Intervention. En outre, la conduite des opérations avec 15 frégates de 1er rang demande une optimisation maximaliste qui constitue une vulnérabilité en cas de conflit de haute intensité et entrave la préservation des compétences opérationnelles et la fidélisation des personnels.
Dans un contexte de conflictualisation croissante des espaces maritimes, les rapporteurs proposent donc de porter à 18 frégates de 1er rang le format théorique de la Marine nationale afin de prévenir le risque d’une rupture capacitaire susceptible de porter atteinte à la sécurisation des voies maritimes, au signalement stratégique et à la sécurisation de la dissuasion française.
Le passage à 18 frégates de premier rang répond à la nécessité de garantir une présence navale française crédible et durable sur quatre théâtres d’opérations stratégiques : l’Atlantique Nord, la Méditerranée, la mer Rouge et en Outre Mer. Dans un contexte de multiplication et de simultanéité des crises, le format actuel de 15 frégates ne permet pas d’assurer durablement ces déploiements tout en garantissant la protection de nos approches maritimes, l’escorte de nos bâtiments stratégiques et les indispensables cycles d’entretien et de préparation opérationnelle. Porter notre flotte à 18 frégates constitue donc une exigence de cohérence entre nos ambitions stratégiques et nos moyens militaires, indispensable à notre autonomie d’action, à la protection des voies maritimes et à notre capacité à assumer nos responsabilités au sein des coalitions européennes et internationales.
Les coûts d’une telle augmentation peuvent être maîtrisés tout en soutenant l’activité de la Base Industrielle et Technologique de Défense, notamment à Lorient, par une logique de production de « coques blanches » pouvant être déviées vers l’exportation en cours de production ou prélevés sur les forces opérationnelles. Ce « modèle italien » d’exportation est susceptible de renforcer la compétitivité à l’export de la BITD française et la soutenabilité de l’évolution de l’objectif capacitaires de navires de premier rang.
Cet amendement d'appel propose par conséquent de ponctionner 3 € en AE et en CP à l'action 146- 09 "Engagement et combat" du programme 146 "Équipement des forces" pour abonder une rallonge de trois Frégate de Défense et d’Intervention supplémentaires. Nous appelons le gouvernement à lever le gage.