577députés 17ᵉ législature

amendement seance Discuté

Amendement (sans numéro) — ARTICLE 55

Auteur : Aurélien Taché — La France insoumise - Nouveau Front Populaire (Val-d'Oise · 10ᵉ)
Texte visé : Projet de loi de finances pour 2027
Article : ARTICLE 55
Date de dépôt : 2026-10-05
Date de sort : —

Dispositif

Compléter cet article par l’alinéa suivant :

« En l’absence de garantie de la participation des États au pilotage de la stratégie Global gateway et de bilan précis et chiffré de l’ensemble de résultats des projets financés au titre de cette stratégie, le prélèvement sur les recettes de l’État au titre de la participation de la France au budget de l’Union européenne est minoré de 10 %. »

Exposé sommaire

Cet amendement de repli a pour objet de minorer de 10 % la participation française au budget de l’Union européenne en l’absence de garantie de la participation des États au pilotage de la stratégie Global gateway et de bilan précis et chiffré de l’ensemble de résultats des projets financés au titre de cette stratégie.

Le rapporteur demande au Gouvernement d’utiliser la somme correspondante pour abonder par amendement, dans le cadre de l’examen de la seconde partie du présent projet de loi de finances, la mission « Action extérieure de l’État ».

La stratégie Global gateway vise à financer des actions menées par des acteurs économiques dans des pays partenaires, qui leur soient bénéfiques tout en prenant en compte les intérêts de l’Union européenne. Cette stratégie entend agir comme un levier financier pour, selon une logique d’amorçage, soutenir l’initiative privée notamment en matière de de-risking ou d’environnement normatif.

Or, cette stratégie présente plusieurs problèmes.

Tout d’abord, la Commission européenne dispose d’un rôle trop important dans sa gouvernance, au mépris de la lettre des Traités qui accorde aux seuls États membres un pouvoir de décision en matière de politique extérieure de l’Union. Cette ingérence est inadmissible, et des garanties de rétablissement du rôle des États dans cette gouvernance, qui semblent se profiler mais doivent absolument être confirmées, sont nécessaires.

Ensuite, la Commission de Bruxelles confond aide économique et aide au développement : l’initiative privée ne peut pas et ne pourra jamais se substituer à l’aide au développement portée par les États. On ne peut faire du profit sur le dos de celles et ceux qui souffrent, malgré toutes les bonnes volontés affichées.

Enfin, à ce jour, le bilan précis des projets soutenus par cette stratégie manque encore, le calcul du montant total communiqué par la Commission européenne étant tout simplement fantaisiste.

Pour ces raisons, un signal fort doit être envoyé pour signifier que dans ces conditions, la France continuera de privilégier sa propre stratégie d’aide au développement.