Amendement (sans numéro) — ARTICLE 58
Dispositif
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Exposé sommaire
Cet amendement vise à porter à 100 millions d'euros l'effort supplémentaire de la France en faveur de l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche Orient (UNRWA).
Gaza est un champ de ruines. Selon les autorités locales, au moins 70 000 personnes ont été tuées depuis octobre 2023, et 80 % de la population a été déplacée. Huit mois après le cessez-le-feu, la plupart des 2,3 millions d'habitants vivent toujours sous des tentes ou dans des abris de fortune. Les écoles, les hôpitaux, les réseaux d'eau ont été anéantis. Il faut désormais tout reconstruire.
Dans ce chaos, l'UNRWA reste la colonne vertébrale de la survie. Près de 1,7 million de personnes à Gaza dépendent encore de ses services, sur 5,9 millions de réfugiés palestiniens accompagnés dans la région. L'Office en a payé le prix : environ 390 de ses agents ont été tués depuis 2023. Il est visé par des lois israéliennes qui entravent son action, et ses missions sont mises en cause jusque dans son existence même.
Or l'UNRWA est aujourd'hui étranglé financièrement. Lors de sa conférence des donateurs du 30 juin 2026, il a fait état d'un déficit inédit de 100 millions de dollars. Le Secrétaire général des Nations unies a prévenu que l'agence ne pouvait plus continuer ainsi sans un soutien urgent des États membres.
La France a reconnu l'État de Palestine. Elle doit maintenant en tirer les conséquences. Reconnaître un peuple, c'est aussi lui donner les moyens de vivre, d'éduquer ses enfants et de se soigner. Pourtant, sa contribution reste très en deçà de l'enjeu : 20 millions d'euros en 2025, selon le Gouvernement. Dans ce budget, l'ensemble des contributions volontaires humanitaires de la France aux Nations unies, UNRWA compris, n'atteint que 55,1 millions d'euros.
Cet amendement abonde de 100 millions d'euros le programme 384 « Fonds de solidarité pour le développement », qui porte désormais les contributions volontaires de la France aux Nations unies. Ces crédits sont destinés à l'UNRWA, pour financer à la fois l'aide d'urgence et la reconstruction des services essentiels : écoles, centres de santé, accès à l'eau. Ce programme présente un avantage décisif : ses crédits ne peuvent faire l'objet ni de mise en réserve ni d'annulation en cours d'année. Ce que le Parlement vote arrivera.
Pour respecter l'article 40 de la Constitution, cet amendement minore à due concurrence l'action 02 « Aide économique et financière bilatérale » du programme 110. Les auteurs ne souhaitent pas réduire ces crédits et appellent le Gouvernement à lever le gage.