577députés 17ᵉ législature

amendement seance Rejeté

Amendement (sans numéro) — ARTICLE PREMIER

Auteur : François Piquemal — La France insoumise - Nouveau Front Populaire (Haute-Garonne · 4ᵉ)
Texte visé : La relance et la décentralisation du logement
Article : ARTICLE PREMIER
Date de dépôt : 2026-09-11
Date de sort : 2026-09-17

Dispositif

Compléter l’alinéa 7 par les deux phrases suivantes : 

« Aucune opération de démolition de logements locatifs sociaux ne peut être financée par l’Agence nationale pour la rénovation urbaine avant l’aboutissement des consultations des habitants à la fin de la phase d’élaboration du projet prévues au présent alinéa. Par dérogation, peuvent être financées les opérations de démolition rendues nécessaires par un arrêté préfectoral de péril grave et imminent ou par une déclaration d’insalubrité irrémédiable. »

Exposé sommaire

Par cet amendement, le groupe LFI souhaite mettre en œuvre un moratoire sur les démolitions jusqu’à aboutissement des consultations citoyennes.

La démolition d’un logement social est une décision irréversible qui engage l’avenir d’un quartier pour plusieurs décennies. Elle ne saurait être mise en œuvre avant que les habitants concernés n’aient été pleinement associés à son élaboration.

Or, la pratique de l’ANRU consiste trop souvent à acter les démolitions en amont, indépendamment de l’état d’avancement réel de la concertation.

À ce sujet, l’USH constatait bien elle même en 2024 une « mobilisation croissante d’habitants ou de collectifs opposés aux démolitions » et l’attribuer en partie à un « manque d’information et d’association des habitants aux démarches de projets ». Elle reconnaissait également que « la concertation dans le cadre de projets prévoyant des démolitions massives avec peu de reconstitutions sur site est particulièrement difficile puisque les habitants en place peuvent difficilement se projeter sur leur avenir dans le quartier ». Autrement dit, l’annonce anticipée d’une démolition vide de son sens la concertation qui est censée la précéder : les habitants ne sont pas consultés sur l’opportunité du projet mais sommés de s’adapter à une décision déjà prise.

Cette logique du fait accompli a suscité des mobilisations dans de nombreux quartiers et observées sur l’ensemble du territoire, traduisant moins une opposition de principe à la rénovation urbaine qu’un refus d’une méthode qui prive les habitants de toute prise réelle sur les choix engageant leur logement.

Nous proposons donc de suspendre toute opération de démolition financée par l’ANRU tant que la consultation citoyenne évoquée à l’alinéa 7 n’est pas parvenue à son terme.