577députés 17ᵉ législature

amendement seance En traitement

Amendement (sans numéro) — APRÈS L'ARTICLE 42, insérer l'article suivant:

Auteur : Matthias Renault — Rassemblement National (Somme · 3ᵉ)
Texte visé : Projet de loi de finances pour 2027
Article : APRÈS L'ARTICLE 42, insérer l'article suivant:
Date de dépôt : 2026-10-04
Date de sort : —

Dispositif

I. – Le code des impositions sur les biens et services est ainsi modifié :

1° Les articles L. 453‑35 à L. 453‑44 sont abrogés ;

2° Les articles L. 455‑28 à L. 455‑36 sont abrogés ;

3° Les articles L. 455‑44 à L. 455‑56 sont abrogés.

II. – La perte de recettes résultant du 1° du I pour l’Autorité des relations sociales des plateformes d’emploi est compensée, à due concurrence, par la création d’une taxe additionnelle à la taxe sur les transactions financières prévue à l’article 235 ter ZD du code général des impôts.

III. – La perte de recettes résultant du 2° du I pour l’Agence nationale du sport est compensée, à due concurrence, par la majoration du prélèvement sur les paris sportifs prévu à l’article 1609 tricies du code général des impôts, dont le produit supplémentaire est affecté à l’Agence nationale du sport.

IV. – La perte de recettes résultant du 3° du I pour l’Agence nationale des fréquences est compensée, à due concurrence, par la majoration de la taxe sur les services numériques prévue à l’article 299 du code général des impôts, dont le produit supplémentaire est affecté à l’Agence nationale des fréquences.

Exposé sommaire

La France compte 258 prélèvements obligatoires de nature fiscale juridiquement distincts. Dix suffisent à produire 77,0 % des recettes, vingt en produisent 86,9 %. À l’inverse, 148 dispositifs – soit 57 % de l’ensemble – pèsent 0,67 % du produit fiscal ; quand vingt-deux ne rapportent rien.

Cette prolifération n’est pas un accident mais un procédé organisé de détournement. Créer une taxe affectée permet de financer une politique publique sans ouvrir de crédits, donc sans se soumettre à la norme de dépense. Sur 258 prélèvements, 190 sont affectés à un tiers. Moins d’un quart des taxes à faible rendement reviennent au budget général.

Le contribuable paie deux fois : l’impôt, puis sa complexité. Trente-huit collecteurs spécialisés, des calendriers déclaratifs éclatés sur toute l’année, 63 % de la charge supportée par les entreprises. Côté administration, la gestion des « impôts divers » mobilise 1 165 agents à temps plein à la seule direction générale des finances publiques – une proportion qui augmente. Certaines lignes ont un rendement annuel inférieur au salaire de l’agent chargé d’en suivre l’exécution.

Afin de rétablir l’intelligibilité de la loi fiscale, condition du consentement à l’impôt posée à l’article 14 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789, le présent amendement vise à supprimer les 3 prélèvements suivants :

– taxe sur la mise en relation par voie électronique en vue de fournir certaines prestations de transport (articles L. 453‑35 à L. 453‑44 du code des impositions sur les biens et services ; 1,5 M€ attendus en 2026) : suppression sèche ;

– taxe sur la cession de droits d’exploitation audiovisuelle des manifestations sportives (articles L. 455‑28 à L. 455‑36 du code des impositions sur les biens et services ; 44,3 M€ attendus en 2026) : suppression et rattachement aux prélèvements sur les paris sportifs, dont la majoration, à due concurrence, compense la perte de recettes pour l’Agence nationale du sport ;

– taxe sur l’utilisation des bandes « 700 MHz » et « 800 MHz » du spectre radioélectrique (articles L. 455‑44 à L. 455‑56 du code des impositions sur les biens et services ; 0,4 M€ attendus en 2026) : suppression et rattachement à la taxe sur les services numériques, dont la majoration, à due concurrence, compense la perte de recettes pour l’Agence nationale des fréquences ;

Pour les prélèvements rattachés, le gage n’est pas conventionnel : la majoration de l’imposition d’accueil est réelle et son produit supplémentaire revient à l’organisme qui perd la ressource, de sorte qu’une ligne de prélèvement disparaît sans que les recettes publiques diminuent. Il n’est pas demandé au Gouvernement de lever ce gage. Pour les prélèvements supprimés sans rattachement, la perte de recettes est compensée par la création d’une taxe additionnelle à la taxe sur les transactions financières.