Amendement (sans numéro) — ARTICLE 58
Dispositif
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Exposé sommaire
Cet amendement déposé par le groupe parlementaire La France insoumise vise à renforcer les moyens de contrôle en matière de dumping social dans le secteur maritime.
En mars 2022, l’armateur P&O Ferries qui opère sur le Transmanche a licencié en une seule journée 800 de ses marins britanniques. Les marins qui les ont remplacés, ressortissants de pays à bas coût de main d’œuvre, travaillent 17 semaines d’affilées en mer, 7 jours sur 7, à raison de 12 heures quotidiennes. Cet épisode illustre les menaces qui pèsent sur les conditions de travail des marins, et le risque de dumping social.
Si nous nous réjouissons de l’adoption en 2024 d’une loi pour mieux encadrer les conditions de travail sur le Transmanche, un élément essentiel ne doit pas être perdu de vue : pour que le droit puisse être appliqué, pour que les conditions de travail soient respectées, il faut qu’il soit possible de les contrôler.
Aujourd’hui, faute d’effectifs suffisants, trop peu de contrôles sont réalisés. Des navires peuvent opérer sans respecter la législation au regard du droit du travail et ne pas être inquiétés.
Même si la lutte contre le dumping social maritime s’intensifie, la France ayant réalisé 22 contrôles de longue durée en 2025, le double qu’en 2024, d’aucun considère que le compte n’est pas encore là.
C’est pourquoi nous proposons d'augmenter de 50 ETP les effectifs de contrôleurs. Si le nombre d’armateurs à contrôler reste faible, le temps à accorder pour chaque contrôle est conséquent. 50 inspecteurs experts du droit social maritime, répartis sur les différentes façades maritimes françaises, viendraient à la fois en support des inspecteurs DDETS sous l’autorité de la DGT, et en support des inspecteurs des CSN sous l’autorité de la DGAMPA. Ces effectifs permettraient d’assurer les contrôles nécessaires.
Considérant un coût moyen de 50 000€ par emploi, le groupe parlementaire La France insoumise propose de ponctionner 2 500 000 euros en CP et en AE de l’action 50 « Transport routier » du programme 203 « Infrastructures et services de transport » vers l’action 03 « Innovation et flotte de commerce » du programme 205 « Affaires maritimes, pêche et aquaculture », qui porte depuis 2023 les crédits relatifs au contrôle des navires battant pavillon étranger faisant escale. Nous invitons le Gouvernement à lever le gage.