577députés 17ᵉ législature

amendement seance Rejeté

Amendement (sans numéro) — ARTICLE 58

Auteur : Gabrielle Cathala — La France insoumise - Nouveau Front Populaire (Val-d'Oise · 6ᵉ)
Texte visé : Projet de loi de finances pour 2027
Article : ARTICLE 58
Date de dépôt : 2026-10-23
Date de sort : 2026-11-02

Dispositif

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Exposé sommaire

Par cet amendement, les député.es de la France insoumise souhaitent financer les salles d'audition, notamment les salles Mélanie, ainsi que le dispositif de dépôt de plainte à l'hôpital.

La loi dite intégrale, adoptée à l'Assemblée nationale en octobre 2026, est censée consacrer un certain nombre de nouveaux droits pour les victimes de violences sexistes, sexuelles et intrafamiliales. En particulier, son article 12 ouvre le dépôt de plainte dans tous les établissements de santé, garantit l'information du droit à l'avocat au moment de la plainte, exige que le récépissé de dépôt de plainte soit remis contre signature, et systématise l'enregistrement audiovisuel de l'audition de toute victime, sauf opposition expresse.

Notre groupe a soutenu ces dispositions, tout en alertant : au moins deux de ces obligations exigent des moyens matériels, soit des salles d'audition équipées pour l'enregistrement, et l'organisation matérielle de la possibilité de déposer plainte dans les hôpitaux.

D'une part, les salles d'audition adaptées existent. C'est le cas notamment des salles Mélanie dans les gendarmeries, commissariats et hôpitaux, qui visent à recueillir le témoignage de jeunes victimes de maltraitance et violences. Ces salles sont essentielles : elles constituent des espaces adaptés et sécurisants, reposant sur un protocole spécifique respectant le développement de l’enfant et adapté à son âge. Cependant leur maillage territorial est insuffisant. On dénombrait au 1er juin 2024 63 salles Mélanie opérationnelles dans les commissariats de police, et environ 200 dans les gendarmeries.

En outre, l'extension de l'enregistrement des auditions, déjà obligatoire pour les mineur·es (art. 706-52 du code de procédure pénale), à toutes les victimes nécessite un plan massif d'équipement des salles sur tout le territoire.

Le dispositif de dépôt de plainte à l'hôpital est également appelé à se généraliser, alors que 145 conventions couvrant 215 établissements existaient déjà en 2022.

Sans moyens, les nouvelles obligations créées par la loi dite intégrale resteront inégalement appliquées. Or, 73 % des plaintes pour violences sexuelles sur mineur·es sont classées sans suite ; 3 % des faits aboutissent à une condamnation. Une part de cette déperdition se joue au premier accueil et à la première audition.

Les associations féministes et enfantistes appellent à financer ces dispositions, à hauteur de 5,5 millions d'euros par an.

Pour les salles d'audition, les besoins sont estimés à 137 créations en commissariat et en gendarmerie, pour atteindre 400 salles. A 20 000 € par salle, le coût unitaire implicite de l'amendement, amorties sur trois ans, serait de 0,9 M€ par an. Deuxièmement, la généralisation du dispositif de dépôt de plainte à l'hôpital permettrait de couvrir 615 établissements de santé disposant d'une structure des urgences (DREES, données 2023), à 7 500 € par an et par établissement (formation du personnel d'accueil, protocole de recueil avec les officiers de police judiciaire, aménagement garantissant la confidentialité), soit 4,6 M€ par an.

Pour respecter les règles de recevabilité financière, cet amendement transfère 5,5 M€ en AE et en CP depuis le programme Police nationale (action 6, hors titre 2) à un nouveau programme intitulé "Financer les salles d'audition et le dépôt de plainte à l'hôpital pour les victimes de violences sexistes, sexuelles et intrafamiliales", abondé du même montant en AE et en CP. Nous demandons au Gouvernement de lever le gage.