Amendement (sans numéro) — ARTICLE 58
Dispositif
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Exposé sommaire
Le mouton de race "Martinik" constitue une ressource génétique et un patrimoine agricole précieux pour la Martinique. Adaptée aux conditions tropicales, comme le brahman martiniquais qui fut la vedette du dernier salon de l'agriculture, cette race ovine originale présente des aptitudes à la reproduction, à l’élevage au pâturage et à la production dans des conditions d’alimentation parfois difficiles.
Elle représente un levier de développement pour un élevage local moins dépendant des systèmes de production importés et mieux adapté aux contraintes climatiques et économiques du territoire.
Pourtant, la pérennité de cette ressource repose sur le maintien d’un nombre suffisant d’éleveurs engagés dans la sélection, la conservation des lignées et l’amélioration génétique du cheptel.
Les données publiées pour 2022 faisaient état de 353 brebis contrôlées et de huit éleveurs contrôlés. Ces chiffres, qui doivent être actualisés, témoignent de l’intérêt d’un suivi renforcé de la population reproductrice et des moyens consacrés à la sélection.
Le présent amendement propose de consacrer 2 millions d’euros à un programme de conservation, de développement et de valorisation de la race "Martinik".
Ces crédits permettraient notamment :
– de renforcer le suivi généalogique, les contrôles de performances et la conservation de la diversité génétique ;
– d’accompagner les éleveurs dans l’amélioration des pratiques de reproduction et de sélection ;
– de soutenir la diffusion de reproducteurs de qualité et la constitution de troupeaux de conservation ;
– de développer la formation, le conseil technique et les références économiques propres à cette race ;
– de promouvoir la valorisation des produits issus du mouton Martinik, dans le respect des règles sanitaires, de traçabilité et de concurrence.
Le programme serait conduit en partenariat avec l’organisme de sélection de la race, les organisations professionnelles, la chambre d’agriculture et les organismes scientifiques compétents.
Il contribuerait à préserver un patrimoine génétique adapté aux conditions tropicales, à soutenir les éleveurs martiniquais et à renforcer l’autonomie alimentaire du territoire.
La protection de la race "Martinik" ne relève pas seulement de la conservation d’un patrimoine. Elle constitue un investissement dans l’avenir de l’élevage outre-mer et dans la capacité des territoires à développer des systèmes de production adaptés à leurs propres conditions écologiques.
En conséquence, cet amendement minore à due concurrence les crédits de l'action 02 du programme 215, et abonde ceux de l'action 24 du programme 149.