577députés 17ᵉ législature

amendement seance En traitement

Amendement (sans numéro) — APRÈS L'ARTICLE 82, insérer l'article suivant:

Auteur : Jacques Oberti — Socialistes et apparentés (Haute-Garonne · 10ᵉ)
Texte visé : Projet de loi de finances pour 2027
Article : APRÈS L'ARTICLE 82, insérer l'article suivant:
Date de dépôt : 2026-10-31
Date de sort : —

Dispositif

Avant le 31 décembre 2027, le Gouvernement remet au Parlement un rapport examinant la faisabilité de la fixation des moyens permettant d’établir une contribution fiscale équitable, afin de faire participer financièrement les principaux acteurs du numérique au maintien des infrastructures qu’ils utilisent, à proportion de leur occupation de la bande passante. Ce rapport examine notamment la possibilité d’un recours au mécanisme de coopération renforcée comme moyen d’établir cette contribution.

Exposé sommaire

Cet amendement du rapporteur spécial demande au Gouvernement de produire un rapport étudiant les différentes options permettant de mettre en place une fiscalité plus équitable dans le domaine du numérique via une contribution des GAFAM à proportion de leur utilisation de la bande passante. Cette demande faite suite aux conclusions du rapport de la commission des finances sur l’évaluation du bilan et des perspectives de recettes des IFER dites « mobile » et « fixe » présenté en juin 2025.

L’édition 2026 du Rapport sur l’état de l’internet en France de l’Arcep met en exergue le fait que 48,9 % du trafic internet provient de cinq entreprises : Akamai (12,0 %), Netflix (11,6 %), Amazon (9,8 %), Google (8,9 %) et Meta (6,8 %).

Or, ces acteurs ne participent pas à l’entretien et au développement des infrastructures qu’ils utilisent intensivement, notamment celles déployées par le programme 343 de la mission Économie dans le cadre du Plan France Très haut débit pour généraliser la fibre optique sur l’ensemble du territoire. Ils font ainsi office de « passagers clandestins » par rapport à des fournisseurs d’accès nationaux et à l’État qui investissent des sommes considérables dans le développement et l’entretien des réseaux, tandis que les géants du Web en bénéficient gratuitement. Les grands acteurs du Web ne sont en outre pas incités à optimiser ou limiter leur utilisation de la bande passante qui pèse lourdement tant sur l’empreinte carbone de la France que sur la consommation électrique française. Il est par conséquent nécessaire de réformer la fiscalité qui leur est applicable, ce qui ne peut être réalisé efficacement qu’au niveau européen.