577députés 17ᵉ législature

amendement n° 1208 commission Rejeté

Amendement n° 1208 — ARTICLE PREMIER

Auteur : Marcellin Nadeau — Gauche Démocrate et Républicaine (Martinique · 2ᵉ)
Texte visé : Projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles
Article : ARTICLE PREMIER
Date de dépôt : 2026-05-15
Date de sort : 2026-05-20
Discussion en séance : RUANR5L17S2026IDS30603 (un scrutin public peut ne pas avoir été tenu sur cet amendement)

Dispositif

Après la cinquième phrase de l’alinéa 6, insérer la phrase suivante :

« Ne peuvent être reconnus comme projets d’avenir agricole ni bénéficier de la priorité dans l’accompagnement prévue au présent II les projets comprenant la création ou l’extension d’élevages ne garantissant pas aux animaux un accès effectif et permanent au plein air adapté aux besoins physiologiques de l’espèce concernée. »

Exposé sommaire

Le présent amendement vise à exclure du dispositif des projets d'avenir agricole les projets d'élevage ne garantissant pas aux animaux un accès effectif et permanent au plein air adapté aux besoins physiologiques de l'espèce concernée.
Le texte crée un mécanisme de reconnaissance et de priorisation de projets agricoles bénéficiant d'un accompagnement renforcé de l'État et des collectivités territoriales au nom de la souveraineté alimentaire. En l'absence de garde-fous, ce dispositif pourrait toutefois favoriser le développement ou l'extension de modèles d'élevage intensif hors-sol particulièrement préjudiciables au bien-être animal, à l'environnement et à la santé publique.
Or, de nombreuses autorités scientifiques et sanitaires, parmi lesquelles l'ANSES, le Haut Conseil pour le climat, l'IPBES ou encore le Haut Conseil de la santé publique, soulignent la nécessité de faire évoluer les modèles d'élevage afin de réduire leurs impacts climatiques, sanitaires et écologiques.
L'accès au plein air constitue un critère essentiel de respect des besoins comportementaux et physiologiques des animaux d'élevage. Il participe également à des systèmes agricoles plus résilients, moins dépendants des importations d'alimentation animale et davantage intégrés aux équilibres territoriaux.
Il apparaît dès lors incohérent que des projets reposant sur des modèles d'élevage entièrement confinés puissent bénéficier d'un label public de « projet d'avenir agricole » ainsi que d'un accompagnement prioritaire financé par la puissance publique.  Le présent amendement reprend une demande associative de protection des espèces animales et d'agriculteurs des dits Outre-mer insulaires et propose donc de réserver ce dispositif aux projets compatibles avec des exigences minimales de bien-être animal, de transition écologique de l'agriculture et d'agriculture à taille humaine.