Amendement n° 3137 — ARTICLE 19
Dispositif
Après l’alinéa 2, insérer l’alinéa suivant :
« La trajectoire pluriannuelle identifie les besoins de financement nécessaires à la structuration d’une offre accessible de prise en charge du psychotraumatisme des victimes de violences, notamment sexuelles et intrafamiliales. Elle prend en compte les besoins en professionnels formés, en structures spécialisées et en parcours coordonnés, ainsi que les écarts territoriaux d’accès à ces soins, en particulier dans les collectivités régies par les articles 73 et 74 de la Constitution. »
Exposé sommaire
La prise en charge des conséquences psychiques des violences constitue une composante essentielle du parcours de soins des victimes. Les violences sexuelles et intrafamiliales peuvent entraîner des troubles durables du stress post-traumatique, de l'anxiété, des troubles dépressifs ou des conduites suicidaires, qui nécessitent des professionnels formés et des parcours de soins spécialisés.
Le projet de loi reconnaît lui-même, à l'article 25 consacré aux mineurs victimes de violences, que la prise en charge du psychotraumatisme doit être davantage structurée et effective. Cette exigence ne concerne toutefois pas seulement les mineurs et suppose une capacité de programmation des moyens nécessaires dans la durée.
Les inégalités territoriales d'accès à ces soins sont particulièrement préoccupantes lorsque les ressources spécialisées sont rares ou concentrées géographiquement. Dans les territoires dits ultramarinss, l'éloignement, l'insularité et la pénurie de certains professionnels peuvent provoquer des ruptures de parcours ou rendre impossible un suivi spécialisé régulier.
Le présent amendement inscrit donc dans la trajectoire pluriannuelle l'identification des besoins de financement liés au psychotraumatisme. Il ne crée pas directement une nouvelle prestation : il vise à permettre au Parlement de suivre l'adéquation entre les besoins de santé des victimes et les moyens humains, matériels et financiers programmés pour y répondre.